Une Barque sur l’Océan, mélodie impossible


Synopsis : « Eka est un jeune Balinais de 25 ans vivant dans un petit village perdu au nord de Bali. Par amour pour Margaux, belle étudiante en piano expatriée sur l’île avec sa famille française dans une luxueuse villa, Eka décide d’apprendre à composer de la musique. Le jeune homme va se laisser envoûter par ce monde artistique qu’il cherche à conquérir, lui faisant espérer une nouvelle vie loin de la pauvreté et de la dureté de son milieu. Mais sa chute sera à la mesure de son ascension vers le succès : vertigineuse et tragique. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Deuxième film d’Arnold de Parscau, et choix du financement participatif pour le réaliser. Il a ainsi les coudées franches dans les choix scénaristiques, le casting et surtout l’histoire qu’il souhaite porter à l’écran. Un drame sur fond de mélodies au piano notamment celle de Ravel qui donne son titre au film, symbole de l’amour entre nos deux héros, Eka et Margaux et leur premier baiser.

Situé dans un décor paradisiaque, celui de l’île de Bali, le jeune réalisateur français a voulu reprendre la rencontre des cultures différentes via sa ré-interprétation de Martin Eden, le roman de Jack London. L’intrigue reste identique avec notamment cette rencontre entre un jeune homme de bonne famille et le jeune Balinais de condition modeste lors d’une rixe où le second vient l’aider. Deux classes sociales qui se rencontrent et aussi des différences culturelles qui vont s’opposer pour mieux, selon le scénario d’Arnold de Parscau, exacerber la passion amoureuse qui naît entre les deux jeunes adultes.

Eka est un pêcheur fasciné par l’univers de la musique, univers dans lequel est bercé la douce Margaux. Entre ces deux-là, une attraction irrésistible se noue. Un fil invisible et puissant les relie à chaque leçon dispensée par la jeune femme. La musique devient un troisième personnage, nécessaire et indispensable. Elle est celle qui unie et aussi celle qui va séparer.

Eka n’aura de cesse de prouver à Margaux et surtout à sa famille qu’il peut devenir un compositeur. Et ainsi rencontrer le succès, être enfin reconnu et sortir de sa condition. Cependant, avec le succès vient le doute et l’oubli de ses origines… dès lors le drame se noue : en se perdant dans la gloire, Eka ne risque-t-il pas de tout perdre ? Le film joue sur le drame sous-jacent qui couve, telle une lame de fond, prête à s’abattre et à emporter le jeune couple.

L’eau est aussi un élément important. Le titre du film emprunte, bien entendu, à Ravel pour le côté musical et la découverte d’un nouvel univers riche en émotion. Mais cette Barque sur l’océan rappelle aussi celle sur laquelle Eka apparaît. Un jeune pêcheur qui travaille pour subvenir aux besoins de la famille de sa sœur qui l’héberge. Une barque qui l’entraîne au milieu d’une étendue maritime où il est seul, où il peut faire le point et où il peut se perdre…

Avec une équipe technique pourtant réduite, Arnold de Parscau ne se prive pas de soigner la photographie qu’il met lui même en place. Il s’appuie sur les décors de Bali, pour offrir aux amoureux un écrin paradisiaque même si la quête de reconnaissance commence à séparer le jeune couple. La trajectoire romantique est inversement proportionnelle au progrès puis au succès que rencontre Eka. Une barque sur l’océan est une romance dramatique magnifiée par des images somptueuses et les compositions musicales de Cyrille Marchesseau qui confèrent à l’histoire un charme intemporel, réinventant la tragédie de l’amour impossible.

Alors, même si le réalisateur italien Pietro Marcello a porté en 2019 sa propre adaptation de Martin Eden, la singularité d’Arnold de Parscau se remarque par un renouvellement de l’histoire dans un nouveau décor, à une époque contemporaine et par le choix de deux inconnus pour porter le film. Hari Santika est un balinais vierge de tout cinéma. Acteur non professionnel, son naturel est un atout essentiel pour l’interprétation d’Eka. Quant à Dorcas Coppin, elle trouve en Margaux un rôle de premier plan. En jeune femme forte, prête à s’opposer à ses parents. Elle comprend aussi rapidement que les paillettes et la volonté d’Eka de vouloir s’élever pourront bien mener leur couple à sa perte malgré toute la passion qui les anime.


Au cinéma en France dès le 26 août 2020.

« Une barque sur l’océan est une romance dramatique magnifiée par les images somptueuses et surtout la musique de Cyrille Marchesseau qui confèrent à l’histoire un charme intemporel, réinventant la tragédie de l’amour impossible. »

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