Traque à Boston réalisé par Peter Berg [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Alors que la ville de Boston est sous le choc de multiples explosions, le sergent de police Tommy Saunders rejoint les enquêteurs sur le terrain dans une course contre la montre pour traquer et arrêter les auteurs avant qu’ils ne frappent à nouveau. Croisant les parcours de l’agent spécial Richard Deslauriers, du commissaire Ed Davis, du sergent Jeffrey Pugliese et de l’infirmière Carol Saunders, ce récit sans concession évoque la chasse à l’homme la plus complexe jamais mise en œuvre par la police américaine – et rend un vibrant hommage aux héros du quotidien. “


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Plus il avance dans l’âge, plus sa filmographie s’affine et des thématiques premières en surgissent. Peter Berg s’affirme de plus en plus comme un cinéaste qui prône le super-héroïsme ordinaire. Cet héroïsme qui nous entoure au quotidien au travers de n’importe quel homme volontaire et capable d’aider autrui, qu’il soit que simple citoyen ou officier de l’ordre. Cependant, le cinéaste ne généralise pas pour autant, mettant en avant chaque pièce de l’échiquier, démontrant avec force et conviction que l’être humain peut être généreux, mais aussi corrompu ou plein de mauvaises intentions. Troisième collaboration avec Mark Walhberg au cinéma, Traque à Boston est dans la pure continuité de ce qu’il cherchait à produire avec Du Sang et Des Larmes et Deepwater Horizon. Mettre en scène un film d’action, un film où le spectacle sera garanti, mais pas au détriment des personnages et du caractère social et humain du scénario. Traque à Boston, troisième opus d’une trilogie où chaque film est basé sur un fait réel, où chaque film relate d’un évènement dramatique dans lequel des personnages tout à fait ordinaires se retrouvent dans des situations extraordinaires. Utiliser l’extraordinaire pour faire surgir la part d’héroïsme qui sommeille en chaque humain. Un extraordinaire qui va être utilisé comme élément déclencheur dans l’histoire et dans la caractérisation des personnages. Cinéaste confirmé, mais également producteur et scénariste sur des séries télévisées comme Ballers ou encore Friday Night Lights. Des expériences (notamment cette dernière) qui lui ont permis de s’améliorer, d’apprendre et d’apporter au cinéma une façon de faire tout à fait originale et maîtrisée. Celle de raconter une histoire aux points de vue multiples, sans pour autant faire passer un personnage avant l’autre. Agent spécial, sergent, commissaire, jeune policier, jeunes amoureux, infirmière, étudiant… des personnages aux caractéristiques disparates, mais qui vont se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Mark Wahlberg dans l’un de ses rôles les plus marquants

Faire un film choral permet de densifier le récit, mais également de montrer que cet évènement dramatique a atteint toute la population de la même façon. Un moyen pour aboutir en filigrane vers une morale qui prône le rassemblement et l’unification des Américains par le biais du drame. Une morale patriotique dans un sens, mais réaliste, car sans exagération particulière au travers de la mise en scène ou des dialogues. Au-delà de son scénario, remarquablement écrit, car emprunt d’humanité et de sincérité envers les personnages qui sont tous et toutes heureux et/ou tourmentés par leurs vies respectives, Traque à Boston est une merveille de mise en scène. Peter Berg donne du corps, de l’intérêt et magnifie ses personnages sans pour autant tomber dans l’excès ou un patriotisme débordant. Le réalisateur avance sur un étroit filin dont il pourrait tomber à tout moment, mais ne le fait jamais. Un drame humain fort et sincère développé au travers du prisme du thriller et d’une course poursuite effrénée. Film en deux actes dont le passage d’un acte à l’autre se fait par le biais du double attentat, Traque à Boston ne laisse aucun répit aux spectateurs. La mise en scène incisive et ultra-dynamique donne un mouvement sans cesse dans le cadre et permet à l’histoire et aux personnages de gagner en densité. Utiliser la même façon de réaliser (caméra épaule majoritairement) permet d’uniformiser l’œuvre et de garantir l’immersion des spectateurs auprès des personnages. Personnages tout à fait similaires aux spectateurs, car rendu humains grâce à de petits détails de mise en scène qui pourraient paraître anecdotique, mais ne le sont en rien (effectuer les tâches du quotidien, un personnage affaibli par des douleurs au genou, un autre par son âge…). L’immersion est immédiate et de surcroît amplifiée par la bande-originale signée Trent Reznor & Atticus Ross, qui cherche à décupler ou amenuir la tension suivant les séquences. Des musiques d’ambiance qui, liées à la mise en scène dynamique et à la réalisation immersive de Peter Berg, donnent une œuvre brillante aussi bouleversante que spectaculaire.

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