Tout le Monde Debout réalisé par Franck Dubosc [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Jocelyn, homme d’affaire en pleine réussite, est un dragueur et un menteur invétéré. Lassé d’être lui-même, il se retrouve malgré lui à séduire une jeune et jolie femme en se faisant passer pour un handicapé. Jusqu’au jour où elle lui présente sa sœur elle-même handicapée…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Franck Dubosc passe derrière la caméra pour son premier film Tout le Monde Debout. Dans l’imagerie populaire, l’acteur est volontiers potache. Jamais vraiment vulgaire, mais totalement beauf, il assume cette image auprès du public. Forcément, on ne peut que se souvenir de son personnage culte de Patrick Chirac dans Camping. Ou de sa présence dans pléthore de comédies populaires françaises plus ou moins réussies et enfin ses personnages décalés dans les Petites annonces d’Élie. Qu’on aime l’homme ou non, ce premier film est un objet de curiosité. Sur un scénario quand même “casse-gueule” : un séducteur invétéré qui se fait passer pour un handicapé afin de séduire tout ce qui bouge et qui tombe sous le charme d’une jolie violoniste en fauteuil roulant, on est en droit de s’attendre au pire.

Le pire est ce démarrage à l’atterrissage de l’avion où Jocelyn (qu’interprète également Franck Dubosc) reproduit son schéma d’éternel séducteur lourd et vulgaire. Rôle qu’il maîtrise à la perfection emmenant l’introduction du film dans des sommets de mauvais goût dont il est capable. Le tout accentué par cette scène de la rencontre avec la gentille voisine de sa mère décédée où les plans de la caméra sont situés à hauteur de poitrine… ou plutôt de fauteuil roulant. Le quiproquo débute là : Jocelyn s’est installé dans la chaise médicale de sa mère quand Julie (la voisine interprétée avec l’énergie de Caroline Anglade)  le découvre. Cette dernière ne peut imaginer qu’il n’est pas invalide et décide aussitôt de le présenter à sa famille… notamment sa sœur en fauteuil roulant comme lui. Et ce qui devait être une pantalonnade de plus, une comédie navrante à la française, se transforme en une histoire sur le regard de l’autre, l’acceptation de la différence et les mensonges que l’on est capable d’accomplir et d’accepter par amour.

Le mérite en revient au scénario et à cette façon si particulière qu’a Franck Dubosc à ne jamais pousser le curseur trop loin. Cette façon dont les pires choses peuvent être dites par les personnages, mais avec un naturel déconcertant. Avec l’acteur-réalisateur, on ne se moque pas du handicap, on en rit sans aucun complexe notamment avec les personnes en situation de handicap. Où est la normalité ? Qui est le plus handicapé ? Qui vit le plus et plus fort ? Ce sont ces questions que pose malignement le film : de la secrétaire amoureuse qui ne sait comment le dire à son patron au meilleur ami qui se renseigne sur le handicap pour aider, bien qu’opposé à l’attitude de Jocelyn. En passant par la violoniste handicapée qui lui apprend que l’on peut vivre quand même, aimer quand même et être touché quand même. Tout est dans la tête et le plus fort des deux n’est pas celui que l’on croit. Tout le monde debout est à la fois une comédie intelligente, mais aussi un film bienveillant. Pourquoi ? Parce qu’il prend soin d’intégrer tout le monde afin que chacun puisse rire des péripéties de l’autre. Et même si ce premier film a certains défauts : une image par trop souvent lisse, des personnages qui n’ont pas de réels problèmes dans la vie et ne sont pas pleinement creusés, le handicap vient couper court à toutes les critiques que l’on pourrait faire. Bien entendu, l’image est belle et léchée, mais elle aurait pu aussi être par moment mieux cadrée, mais l’amour qui déborde de l’histoire est tel que l’on peut éviter de reprocher à Franck Dubosc, ces quelques petites scories de débutant.

Et puis ce qu’il y a d’agréable avec ce premier film, c’est la façon assez habile dont le scénario (écrit seul comme les dialogues) nous amène sur quelques fausses pistes. Bien entendu, il faudra à un moment ou un autre révéler l’entourloupe, mais elle se fera de façon inattendue. À tel point que le plus naïf des deux n’est pas celui que l’on croit. Et pour mener à bien cette première comédie, l’acteur s’est appuyé sur un casting d’amis qui s’amusent en interprétant leurs personnages. Ils provoquent chez le téléspectateur, une véritable sensation de bien-être. Pour l’épauler, il faut souligner l’hilarante Elsa Zylberstein qui pourrait bien récupérer une nomination du meilleur second rôle aux prochains Césars pour cette secrétaire délurée et décalée. Gérard Darmon impeccable en meilleur ami docteur ou encore l’apparition fantasque de Claude Brasseur. Mais si le film est une petite réussite, c’est aussi parce que le duo que Dubosc forme avec Alexandra Lamy fonctionne à merveille. Cette dernière en fauteuil roulant, interprète une femme prête à tout pour mordre la vie à pleines dents malgré son handicap. Une femme qui veut vivre, aimer et partager… et dont le handicap n’est finalement plus une barrière.

En résumé, si le début de Tout le Monde Debout laisse craindre le pire, Franck Dubosc sait se faire tendre, drôle et délicat. Il réussit le pari d’un film humble. Une véritable surprise pour les spectateurs. Un premier film où Alexandra Lamy rayonne comme jamais et où Elsa Zylberstein est hilarante. Une comédie qui fait du bien au cœur et vous laissera les yeux brillants et pleins d’étoiles à la fin. Joli !

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