The Wave (Critique | 2016) réalisé par Roar Uthaug

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Synopsis : “Après plusieurs années à surveiller la montagne qui surplombe le fjord où il habite, Kristian, scientifique, s’apprête à quitter la région avec sa famille. Quand un pan de montagne se détache et provoque un Tsunami, il doit retrouver les membres de sa famille et échapper à la vague dévastatrice. Le compte à rebours est lancé…”

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Lorsque l’on pense cinéma catastrophe, l’on pense évidemment à un nom et pas un autre. Celui de Roland Emmerich. Cinéaste américain catalogué comme étant le plus grand destructeur de la planète Terre, largement devant Michael Bay, c’est pour dire. Le cinéma de ce dernier divise les spectateurs. Chose éminemment logique puisque l’on est dans du cinéma de divertissement, un cinéma qui va chercher à offrir un spectacle généreux aux spectateurs, tout en laissant quelque peu en retrait – voire complètement suivant les œuvres – le scénario. Plus les techniques évoluent, plus il a la possibilité d’offrir un spectacle généreux et démesuré, plus Roland Emmerich met en scène des films déshumanisés et aux tons beaucoup plus sérieux. La dérision d’un Independance Day est propre à ce dernier, et ne se retrouve pas dans un 2012 par exemple. Malheureusement, il semble que sa dernière œuvre ne soit qu’une évolution logique et destructrice de ce qui faisait la force de son cinéma d’antan. Cependant, le cinéma catastrophe n’est pas mort et enterré pour autant. D’autres semblent vouloir ajouter leur pierre à l’édifice. Non dénués de talent, les réalisateurs venant de l’étranger peuvent également rivaliser avec les Américains dans ce genre si particulier qui est celui du cinéma catastrophe. Et si la Norvège nous offrait en 2016 le film catastrophe de l’année, dépassant Roland Emmerich, ainsi que les Américains en règle générale, et leurs budgets astronomiques ?

Qui se souvient du film The Finest Hours paru le 24 février 2016 dans l’indifférence la plus totale ? Personne. La raison ? C’était une catastrophe. L’on peut avoir un casting cinq étoiles, porté par des acteurs de talent comme Chris Pine, Ben Foster, Casey Affleck ou encore Éric Bana, mais rester un triste film dont le simple travail – inexistant – sur la photographie, nous prouve qu’il n’y en avait rien à en tirer. Paru il y a un an maintenant dans son pays d’origine, The Wave fut le plus gros succès du cinéma norvégien dépassant les blockbusters américains et autres films, tous genres confondus. Un immense succès dans son pays, mais une sortie très limitée au travers le monde. C’est donc un an après qu’il débarque dans les salles françaises, prêt à nous faire bondir. Avec un tel titre, l’on pense voir un film catastrophe tel qu’on en a maintenant l’habitude. Un film aux effets spéciaux spectaculaire et dont l’essence du scénario repose sur cette fameuse vague. Détrompez-vous, si The Wave est un film intéressant et un bon film en l’occurrence, c’est parce qu’il outrepasse le cinéma catastrophe moderne et revient à un cinéma catastrophe beaucoup plus terre-à-terre. Un cinéma où l’humain est au premier rang, et où la catastrophe tant attendue n’est qu’un “simple” élément provocateur.

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Son affiche ou encore son titre peuvent paraître mensongers, mais ne sont là que pour vendre. Pour vendre un véritable drame humain à un public qui cherche du frisson et du grand spectacle. The Wave n’est pas un film, qui scénaristiquement, révolutionnera le genre. À cause de personnages principaux stéréotypés et d’une trame convenue et sans grandes surprises, le film laisse paraître quelques longueurs. Adepte et habitué du genre, le spectateur ne se laissera pas berner par les similis rebondissements, ainsi que par caractérisation des protagonistes. Douze années après la sortie du film Le Jour d’Après réalisé par un certain Roland EmmerichRoar Uthaug en reprend l’essence scénaristique et centralise le récit de son film sur un événement qui a lieu dans un endroit en particulier, sans avoir de retombés planétaires. Événement qui nous rappellera le film The Impossible, puisqu’il s’agit en l’occurrence d’un Tsunami. Aucune surprise, quelques longueurs, des stéréotypes et une contextualisation paraissant trop longue, mais qui a sa nécessité. The Wave est un drame humain au scénario axé sur les membres d’une famille. La contextualisation va permettre la découverte et l’attachement du spectateur envers cette famille, avant que n’arrive cette catastrophe à laquelle ils vont devoir faire face et survivre. Un scénario en deux parties, avec un avant et un après “The Wave”. Si la première partie laisse de marbre, la seconde tétanise.

Cherchant avant tout à montrer le chaos laissé par la vague après son passage, Roar Uthaug va par sa mise en scène, réussir à donner une toute nouvelle atmosphère à son film. Du bonheur, l’on passe à la peur et l’oppression. Sentiment paradoxal puisque les personnages font face à un vaste champ de ruines totalement déshumanisé. Le beau et bon travail réalisé par le metteur en scène permet cela, et décuple la force de cette vague. Certains plans sont suffisamment parlant pour comprendre en quoi, cette catastrophe naturelle est destructrice. Le travail réalisé par le directeur de la photographie y est également pour beaucoup, dans ce changement radical de ton et d’ambiance. Malgré tout, malgré le point de vue adopté et conservé par le film qui est celui de l’homme qui va subir de plein fouet cette vague, The Wave ne sort pas des sentiers fondés par des films comme Twister, Daylight, Volcano ou encore Le Jour d’Après une nouvelle fois.


En Conclusion :

The Wave est un bon film, une bonne surprise. Immense succès dans son pays lors de sa sortie en 2015, il mérite ce succès même s’il n’a rien de surprenant ou de révolutionnaire. Long à démarrer, stéréotypé et doté d’une réalisation assez plate même si de qualité, The Wave réussit à frapper fort grâce à son humanité. Roar Uthaug nous sert un film catastrophe à hauteur d’homme et où l’humain possède le premier rôle. La vague n’est qu’un prétexte pour rendre ses personnages plus fort et touchants, afin d’amplifier sa thématique première qu’est celle de la famille. La jolie mise en scène et sa photographie permettent au film de ne pas céder à l’ultra spectaculaire, conservant jusqu’au dernier plan, cet aspect humain et terre-à-terre qui fait de ce long-métrage un drame avant tout. Un drame humain, beau et spectaculaire, même si au scénario et à la réalisation classique et sans surprises.

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