The Rover [Critique]

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“Dix ans après l’effondrement de l’économie occidentale, les mines australiennes sont encore en activité, et cette industrie attire les hommes les plus désespérés et les plus dangereux. Là-bas, dans une société moribonde où survivre est un combat de chaque jour, plus aucune loi n’existe. Eric a tout laissé derrière lui. Ce n’est plus qu’un vagabond, un homme froid rempli de colère. Lorsqu’il se fait voler la seule chose qu’il possédait encore, sa voiture, par un gang, il se lance à leur poursuite. Son unique chance de les retrouver est Rey, un des membres de la bande, abandonné par les siens après avoir été blessé. Contraints et forcés, les deux hommes vont faire équipe pour un périple dont ils n’imaginent pas l’issue… “

Tel Gareth Edwards qui c’est vu concrétiser son rêve d’enfant lorsque la société Warner Bros l’a contacté afin qu’il puisse prendre la place de réalisateur sur le film de monstre Godzilla, film qui lui a permis de s’ouvrir aux yeux du grand public et aux yeux du monde, David Michôd nous revient quatre années après la sortie de son premier film phénomène : Animal Kingdom. Animal Kingdom n’est pas un blockbuster qui a ravagé les box-offices et fait parlé de lui sur tous les toits, mais il s’agit malgré tout d’un film qui rencontra un immense succès auprès des critiques comme des spectateurs. Avec The Rover, le réalisateur et scénariste australien prend un premier envol vers les États-Unis (production américaine, casting américain…), mais conserve tout de même son innocence qui fait de lui un réalisateur atypique et unique. Présenté Hors Compétition au 67e Festival de Cannes, The Rover rencontra un franc succès auprès des spectateurs Cannois. Mélangeant le Western avec le film de genre post-apocalyptyque, The Rover a tout d’une série b brutale et sanguinolente si l’on ne le juge que sur les quelques informations diffusées durant sa très mince promotion. Fort heureusement, David Michôd est un réalisateur plus intelligent que cela et avec The Rover, il nous prouve qu’il sait comment faire naître une émotion chez le spectateur, tout en restant en terrain connu.

The Rover emporte le spectateur dans le bush australien et ses paysages désertiques rappelant les vastes déserts arpentés par les plus grands acteurs dans des westerns qui traversent les âges. Empruntant plus d’une fois les codes du western, The Rover est un véritable western dans lequel un homme va se voir confronté à une bande de truands qui lui ont volé sa voiture. Le western est un genre qui est devenu culte et que l’on aime surtout pour ses duels, mais ce n’est pas que ça. Le western c’est avant tout un environnement désertique, où la nature a repris le dessus et où les hommes sont plus proches de leur forme originelle, à savoir celle de l’animal. L’humain est un animal avant tout. Un animal avec des pulsions et des envies. Dans un monde où règne la peur et où chacun reste prêt à se défendre jusqu’à la mort, tout le monde se craint et tout le monde doit se craindre. Avec The Rover, David Michôd met le spectateur face à un homme désemparé. Un homme qui ne souhaite qu’une chose, qu’on le laisse se morfondre dans son coin et qu’on ne le dérange pas.

Lorsqu’un animal souhaite posséder un bien, il va tout d’abord s’en approcher timidement. Restant sur ses gardes, dans la crainte qu’il s’agisse d’un piège, il va s’approche de ce bien tout doucement. S’il s’avérait être un piège, il pourrait laisser passé quelque temps, mais obstiné, celui-ci reviendrait à la charge coute que coute, toujours en prenant ses précautions. Néanmoins, si on lui offre la plus infime possibilité de s’emparer de ce bien, il ne s’en priverait pas et gare à celui qui tenterait de le lui reprendre. L’animal est sauvage, têtu, obstiné et méchant. Lorsqu’il est blessé, l’homme revient vers sa forme animale et oublie totalement d’être ce qu’il est, afin de se protéger contre les autres. Eric – personnage principal incarné par Guy Pearce – est cet animal. Blessé dans son for intérieur, il va appliquer cette règle afin de récupérer son bien. Ceux qui se mettront sur sa route devront se tenir prêts, puisqu’il est obstiné et prêt à tout pour reprendre son bien, sa voiture. Au-delà de la thématique de l’animal n’appréciant pas qu’on lui prenne son bien, en quoi cette voiture est aussi précieuse à ses yeux et surtout pourquoi Eric est-il sur la défensive, méchant et obstiné ? The Rover n’est pas simplement un film où la violence est présente pour faire plaisir aux amateurs de chair fraiche. La violence a un véritable sens et tout au long du film, on va voir le personnage évolué, on va le comprendre et apprendre à l’apprécier afin d’être touché et par ses propos et sa façon de penser. Incroyablement fort par on raisonnement et son traitement de l’humain, David Michôd réussi avec ce film à faire ce peut font, à savoir aller au bout de l’idée et exploiter au mieux les idées de bases.

Le réalisateur et scénariste du film utilise avec intelligence son environnement et ce qu’il dégage afin de pousser les personnages dans leurs derniers retranchements, afin de les pousser à redevenir des animaux, des brutes. Grâce à une caméra bien placée, à des mouvements assez lents et à des cadres judicieux, David Michôd sublime ses personnages et sublime ses environnements. Il fait parler les personnages seulement avec l’image et réussit à faire ressortir toute leur animosité au travers de l’écran. Forts, touchants et violents, les personnages de ce film sont captivants. Interprétés avec brio, Guy Pearce et Robert Pattinson donnent du corps et une âme à leur personnage respectif. Le traitement de la violence et de la brutalité passe beaucoup par l’image, mais ce qui offre à The Rover une nouvelle qualité et une originalité supplémentaire, reste son traitement sonore. Jouant énormément sur le son, c’est celui-ci qui va vous faire sursauter et frissonner. Avec l’aide de bruits sourds et violents ou de petites musiques, vous allez naviguer au travers des sentiments ressentis par le personnage principal et pleinement vous immergé au cœur de cette bataille cruelle où les hommes ne sont plus que des bêtes dont il faut se craindre. “Craigniez l’homme qui n’a plus rien à perdre”.

4.5/5

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