The Ranger réalisé par Jenn Wexler [Fantasia 2018 Film REVIEW]

Synopsis : “Un groupe d’ados punks échappe à la police en se cachant dans les bois. Ils sont alors confrontés à un garde forestier armé d’une hache bien décidé à préserver la sérénité de sa forêt.”

Pour la première année nous sommes trois semaines durant (du 12 juillet au 02 août 2018) au Fantasia International Film Festival. Films du film de tous les genres, mais surtout du fantastique, de l’action et des films complètement décalés que vous ne verrez surement jamais en salles !
Toutes nos Critiques depuis le Festival Fantasia !

Productrice spécialisée dans le cinéma de genre et plus précisément les thriller et films d’horreur depuis presque dix ans maintenant, Jenn Wexler a décidée de passer derrière la caméra. Se lancer dans la réalisation de son propre projet après avoir travaillé sur les projets des autres pendant quelque temps. Ce n’est donc pas une surprise de la voir à la tête d’un projet qui n’est autre qu’un slasher movie hautement décomplexé. Née en 2016 au Marché du Film Frontière de Fantasia, c’est donc deux ans plus tard que Jenn Wexler fait son retour, mais cette fois, c’est avec le produit fini. Un film à la durée assez courte, mais suffisante afin de vous faire passer un agréable moment, et ce, en très bonne compagnie. Let’s Party !

« Hautement décomplexée et portée par un ranger complètement déjanté, The Ranger est une comédie punk saura vous faire rire et vous divertir ! »


Cinq adolescents rebelles recherchés par la police s’exilent dans une cabane en pleine forêt, mais vont rapidement se faire pourchasser par un ranger peu ordinaire… Vous avez comme un sentiment de déjà vu qui vient de s’installer à la lecture de ce synopsis ? C’est normal. Dans une volonté de divertir avant tout et de remonter à l’origine du slasher movie, The Ranger ne cherche pas l’originalité ou la créativité dans son postulat de départ. À l’image de ce que fait Hollywood pour le grand public depuis plusieurs années maintenant, utiliser une base de récit convenue et conventionnelle permet aux spectateurs de se sentir en terrain conquis et de se laisser emporter plus facilement. Le spectateur sait à quoi s’attendre, il souhaite maintenant être conquis par le divertissement proposé au travers de dialogues, situations et scènes d’action ou d’horreur qui lui permettront de passer un moment divertissant. L’originalité de l’histoire contée par le film The Ranger réside dans sa manière de montrer l’antagoniste, ainsi que dans sa manière de développer le caractère de la protagoniste. Contrairement aux Vendredi 13, Freddy ou autres Halloween qui mettent l’accent sur la peur des personnages, craintifs à l’idée de l’apparition du tueur (crainte que le.a réalisateur.rice va chercher à transmettre des personnages aux spectateurs), c’est ici la jubilation du massacre qui va être au centre de l’attention.

Pleinement en connaissance de cause, car amatrice et productrice de ce genre de films, Jenn Wexler décide d’embrasser totalement l’aspect décomplexé et jubilatoire qui réside dans les slashers movie afin de réaliser une comédie gore et non pas un véritable film d’horreur. L’horreur sera néanmoins présente dans la manière de montrer la véritable personnalité de la protagoniste. Cette jeune et de prime abord timide adolescente, va se révéler grâce ou à cause de ce Ranger qui va lui démontrer qu’elle n’est pas celle qu’elle croit être. Démontrer frontalement et sans se voiler la face que la personne la plus dangereuse dans un slasher movie n’est jamais l’antagoniste principal, mais bel et bien cette jeune femme qui survit toujours à ses ami.e.s. Se développe au fil du film une fausse complicité aussi jubilatoire que malaisante entre la représentation du bien (la jeune adolescente) et la représentation du mal (le ranger). C’est en ça que The Ranger sort du lot. Grâce à son panel de personnages hauts en couleurs et complètement déjantés. Entre réactions exagérées et rencontres improbables, tout est fait pour mettre en avant l’aspect comique et jubilatoire des situations. Aspect que l’on retrouve complètement au travers de la direction artistique. Tant dans les costumes (représentatifs de la caractérisation des personnages) que dans la gestion des couleurs, accentuées et exagérées tant en colorimétrie qu’avec des sources de lumière extra-diégétiques. Ce qui donne un aspect kitsch au film, mais pas cheap pour autant, car c’est volontaire et cohérent à l’esprit décomplexé de l’œuvre.

Décomplexé et porté par des personnages complètement déjantés (incarnés par les très bons Chloe Levine et Jeremy Holm), dont un antagoniste à la folie jubilatoire (excellente direction d’acteur qui permet au personnage de paraître drôle et non juste aliéné aux yeux des spectateurs), The Ranger est une comédie d’horreur qui fait le travail escompté : divertir. On aurait cependant aimé plus. Une bande originale plus impactante et présente, quitte à prendre l’ascendant sur l’image à certains moments, un montage qui ose partir dans un délire qui aurait été justifié par l’ambiance globale du film, ainsi qu’une réalisation qui ose davantage. S’il manque donc de folie afin de réellement marquer les esprits et donner envie de le voir et revoir entre amis, on ne boudera tout de même le plaisir prit lors de son visionnage.



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