The Lost City of Z réalisé par James Gray [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “L’histoire vraie de Percival Harrison Fawcett, un des plus grands explorateurs du XXe siècle.
Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d’Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne. De retour en Angleterre, Fawcett n’a de cesse de penser à cette mystérieuse civilisation, tiraillé entre son amour pour sa famille et sa soif d’exploration et de gloire…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Certains cinéastes de renom arrivent à créer un véritable engouement rien qu’avec leur simple nom. Sans généraliser bien sûr, puisque certains projets touchent un public plus large que d’autres et il faut également prendre en compte le marketing fait autour de chacun des projets. Martin Scorsese, James Cameron, Quentin Tarantino… des cinéastes qui arrivent à toucher aussi bien un public de cinéphiles aguerri, qu’un public plus lambda venant au cinéma simplement pour voir un film et être diverti deux heures durant. Ils restent cependant de véritables auteurs, à l’image d’un Paul Thomas Anderson ou d’un James Gray. James Gray, un nom qui ne dira pas grand chose auprès d’un public à la recherche d’un divertissement pur et dur, mais un nom qui signifie énormément auprès des cinéphiles et des connaisseurs. En un peu plus de 20 ans de carrière, James Gray nous aura gratifiés de 6 longs-métrages. De Little Odessa à The Immigrant, six films qui auront façonné une filmographie paradoxale, car extrêmement riche qualitativement parlant, mais courte quantitativement parlant. La qualité au détriment de la quantité. James Gray agit à l’inverse de ce qu’est devenu le business qu’est le cinéma, à l’inverse des studios de productions et de distributions qui font tout pour sortir un maximum de films en un minimum de temps. Une volonté d’autant plus honorable lorsque l’on visionne chacun de ses films qui s’avèrent être tous très intéressants, même si inégaux de l’un à l’autre. Avec The Lost City of Z, James Gray sort de sa zone de confort, tout en restant proche de ce qu’il a l’habitude d’offrir au cinéma. Un film d’époque, un film où l’une des thématiques premières est la famille, un film humaniste, mais avant tout et surtout un film d’aventure. C’est en ça que The Lost City of Z est intéressant.

Cette jungle, cette quête, obsède et tourmente son esprit !

Le film d’aventure tel que nous le dévoile James Gray n’existe plus. Remplacé peu à peu par le space opera dans le monde du cinéma, difficile de citer quel aura été le dernier grand film d’aventure où la découverte est première, et où, cette même aventure est sincère, humaine, avec une tension palpable de bout en bout. Avec The Lost City of Z, James Gray entraîne le spectateur auprès d’un explorateur obnubilé par une mystérieuse légende. Plus important, le cinéaste entraîne le spectateur auprès d’un homme qui va tomber éperdument amoureux du sentiment que provoque l’aventure. L’envie d’aller plus loin, de découvrir et d’aller au bout de son rêve quitte à se laisser bercer par les flots de l’inconnu. Au travers de ce récit d’aventures, aussi simple soit-il dans son déroulé, le réalisateur américain conte une fable à la morale universelle pouvant être rattachée à des mille et des cent d’histoires. Se dépasser, ne jamais hésiter et vivre ses rêves afin de trouver le bonheur. C’est par le biais d’une forte caractérisation de son protagoniste, ainsi que d’une mise en scène sobre et qui va à l’essentiel, que le film arrive à immerger le spectateur et permettre à ce dernier une identification implacable. La plongée au cœur de cette jungle et le rapprochement avec la vie de tout à chacun n’en seront que plus réciproquement plus belle et plus facile. Usant d’une réalisation contemplative où la lenteur prédomine dans chacun des mouvement de caméra, James Gray donne à son film une tout autre dimension et met tout autant en avant l’homme que la nature. La nature est ici belle, luxuriante, mais également envahissante, sans pour autant provoquer de la peur. Elle est un personnage à part entière de l’histoire, à l’instar de la lumière érigée par Darius Khondji. Il joue avec le feuillage et vient transpercer les décors avec des jets d’une lumière chaude rappelant le soleil et le feu. Un travail sur la surexposition et la sous-exposition qui permet à l’œuvre d’avoir une identité propre, en plus d’être visuellement magnifique. Le chef opérateur vient par cette saturation de lumière en arrière-plan resserrer l’étau sur les personnages, les attaquer avec la lumière, tout en inculquant une vivacité dans le cadre et en augmentant intensivement l’aura mystique qui plane tout au long de l’aventure.

The Lost City of Z, une œuvre cinématographique où chaque photogramme est jaunis telle une œuvre qui appartiendrait au passé et que l’on sortirait du placard afin d’inculquer une leçon aux nouveaux venus, et aux anciens, qui auraient oublié d’où ils viennent. Une œuvre forte, aux propos humanistes et universel sur l’égalité des hommes et le fait de croire en ses rêves envers et contre tous. Le tout excellemment mis en image. Que demander de plus !

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