Tapis Rouge réalisé par Frédéric Baillif et Kantarama Gahigiri [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Des jeunes d’un quartier défavorisé vont au Festival de Cannes pour faire un film… film que vous pourrez également voir après Tapis Rouge !”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

cinetick[maxbutton id=”74″]


Au départ, on se pose la question : encore un documentaire sur les jeunes de banlieue ? Mais pour quoi faire ? Et très vite, on se prend au jeu. On suit ces jeunes et leur rêve qui va unifier leur petite bande. Malgré les engueulades, les chamailleries, les remises en question, les interrogations ou bévues (l’oubli du scénario, l’oubli du plus jeune sur une aire de repos), leur rêve est noble et ils iront jusqu’au bout pour le réaliser. Et les étoiles s’alignent pour aller jusqu’au bout : Cannes et So Festival pour vendre le scénario. Même si pour aller de Lausanne à Cannes, il y a des pauses culturelles indispensables. Ces découvertes ne sont pas les plus intéressantes pour les jeunes, mais révèlent ceux qu’ils sont et ceux dont ils ont envie. Des moments drôles, car délirants et délurés. Mais le documentaire n’oublie pas de laisser la place aux jeunes : leur vie, leur immeuble et leur quotidien. Ce dernier est révélé par touches, flash-back et propose des moments d’émotion véritables. Des passages qui permettent la bascule du documentaire vers le film de fiction. Pourquoi ? La réponse est simple : à ce moment, ces jeunes ne se cachent plus, dévoilent leurs failles pour que l’on comprenne leur univers. Et ils n’ont rien à envier aux acteurs professionnels tant leur naturel révèle aussi des graines de talent.

Ce documentaire suisse trouve ce juste milieu grâce à son éducateur, Frédéric Landenberg, seul acteur professionnel (il s’inspire de Khaled Boudiaf, l’éducateur de ces jeunes). Il arrive à créer le liant et le lien entre l’ensemble des jeunes du quartier des Boveresses (de Lausanne) : leur complicité n’est pas feinte renforçant la cohésion et l’histoire. Reste que ce documentaire est un premier film avec quelques erreurs dans les cadrages et le choix de la photographie… mais on peut se poser la question : erreurs de premier film ou envie de marquer la différence avec la surprise qui suit le documentaire ? En effet, la dernière surprise est la découverte du court-métrage, “Né pour mourir“, écrit par ces jeunes (qui s’éloigne quelque peu du pitch initial proposé dans le documentaire). Un pur plaisir, car tout le travail d’écriture, de recherche de financement et de passage à Cannes aboutit au produit fini. La récompense ultime à la forme originale : le western. Et il aurait été dommage de ne pas le réaliser : d’autant que là, caméra et image sont totalement abouties. Soit un complet décalage avec le documentaire qui semble par moment non maîtrisé prouvant la force des deux réalisateurs (Kantarama Gahigiri et Frédéric Baillif). Le court mériterait même sa propre critique !

En résumé, Tapis Rouge est un documentaire de qualité qui oscille sans cesse entre fiction et réalité pour nous embarquer dans les rêves de jeunes qui arrivent à unir leurs voix pour construire une autre voie.

[usr 3]


Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *