TAG réalisé par Jeff Tomsic [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Tous les ans à la même époque, c’est reparti pour un mois ! Cinq potes à l’esprit de compétition très aiguisé se lancent dans une partie de chat perché où tous les coups sont permis… Une tradition qui dure depuis l’école primaire où nos cinq lascars mettent en jeu leur boulot, leurs relations et … leur propre vie. Tout ça pour le plaisir de plaquer leurs concurrents au sol avec le cri de guerre “Chat, c’est toi qui y est !”
Cette année, la partie se déroule au moment où le seul joueur qui n’a encore jamais perdu se marie. Autant dire qu’il devrait être une proie facile. Sauf qu’il se doute bien des intentions de ses petits camarades … et qu’il a tout prévu. ”

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

S’il y a bien une chose pour laquelle sont forts scénaristes et producteurs américains, c’est bel et bien pour réussir à faire des longs-métrages avec n’importe quel sujet. Tous les sujets sont bons à faire des films et que dire des histoires vraies ! Ah les films inspirés ou adaptations d’histoires sont aujourd’hui monnaie courante et on en a (aux US tout du moins) une petite dizaine au mois pour ne pas dire plus lorsque les producteurs sont en grandes formes. Si la semaine du 08 Juin 2018 était celle de l’aventurière et combative Tami Oldham, dont l’histoire a été contée par le biais du film A La Dérive, la semaine du 15 Juin 2018 est celle d’un groupe d’amis qui jouent au TAG. Oui, vous avez bien compris, les studios Warner Bros. Ont financés la production d’un film qui raconte l’histoire d’un groupe d’amis qui jouent à chat. Si sur le papier le projet n’a absolument rien d’enthousiasmant, rien de plus gratifiant que de découvrir finalement une comédie d’action réjouissante et à classer au sommet du genre.

« Comédie d’action récréative tant pour son casting que pour le spectateur, TAG est un film pleinement ancré dans son époque avec un véritable propos sur la désacralisation de la figure de l’adulte. » 

Est-ce qu’en devenant adultes nous devons fondamentalement perdre cette naïveté et innocence qui nous permettait enfant de nous amuser d’un rien et pour un rien ? Au travers de son postulat de départ extrêmement simple, TAG aborde une thématique fondamentale qu’est celle de la responsabilité de l’Homme adulte et de manière sous-jacente si cette responsabilité doit lui empêcher de pouvoir s’amuser. Depuis quelques années, on assiste quelque peu à une désacralisation de la figure responsable de l’homme et de la femme adultes, qui se doit de fonder une famille, avoir un poste stable et à temps plein et une maison pour subvenir à cette même famille. Il existe de plus en plus de femmes qui décident de vivre seules, de ne pas avoir d’enfant ou encore d’hommes et de femmes qui enchaînent les emplois et contrats sans pour autant savoir ce qu’ils feront dans les prochaines années. Cette figure normée de l’adulte responsable sérieux et autoritaire se brise avec le temps et grâce à l’évolution des mentalités. Si TAG est sur le papier une comédie d’action au postulat extrêmement simple, elle fonctionne, car elle repose sur des personnages auxquels le public cible (16-50 ans) peut aisément s’identifier. Démontrer que des adultes à responsabilités (par le prisme du personnage incarné par Jon Hamm qui est médecin) peuvent redevenir des enfants durant quelques jours et le temps d’une partie de TAG ré-unificatrice.

Voir ces amis se retrouver pour jouer, s’amuser et passer du bon temps ensemble est positif et communique un sentiment extrêmement positif envers le spectateur. Un spectateur qui se prend très rapidement au jeu grâce à un scénario qui ne perd pas de temps et lance immédiatement la partie de TAG. Dès la séquence d’introduction mettant en scène les retrouvailles entre les personnages incarnés par Jon Hamm et Ed Helms, le spectateur sait qu’il va avoir droit à un humour potache, à l’usage de plusieurs styles comiques tels que le comique de dialogue, situation et un peu de burlesque, ainsi qu’à des scènes d’action aussi drôle qu’impressionnantes. Prévisible (même si on note avec plaisir que le scénario ne prend pas le chemin de la morale facile et conventionnelle sur la fin), mais accrocheur grâce à des scènes d’actions toujours plus spectaculaires, mais avant tout grâce à cette belle brochette d’acteurs. Jon Hamm, Ed Helms, Jake Johnson, Hannibal Buress et Jeremy Renner, si TAG peut être catégorisé comme une comédie d’action plaisante c’est grâce à eux et à l’alchimie entre ces acteurs. Rapidement caractérisés, les personnages siéent à merveille aux images que renvoie respectivement chaque acteur par le biais de la filmographie qu’il a pu construire au fil de sa carrière. L’acteur prend le pas sur le personnage, dont on oublie rapidement les noms et prénoms. Un détail qui n’ampute pas le film dont le scénario repose fondamentalement sur un collectif et non une ou plusieurs unités (réunir tous les personnages pour ensuite lancer les festivités). Plus que ça, TAG n’est pas un film uniquement composé d’hommes et qui relègue au second plan les quelques actrices présentes au générique. Ces dernières, et notamment Isla Fisher qui vole la vedette au groupe lors de ses interventions, ont du caractère et une vraie présence à l’image. On regrettera néanmoins l’écriture trop limitée du personnage incarné par Annabelle Wallis à cause du besoin de coller avec la réalité.

Co-scénarisé par Mark Steilen (B.A.T Bon à Tirer et la série Mozart in the Jungle entre autres), TAG surprend grâce à un scénario qui a su capter l’énergie et la bienveillance existant entre les membres de la bande dont l’histoire a été contée par une journaliste du Hollywood Reporter. Bien rythmé, suffisamment inspiré en terme de mise en scène et surtout porté par une répartie impeccable permettant à chaque personne d’exister ainsi que par des scènes d’actions de qualité, TAG est une comédie estivale comme on en aimerait chaque année. Fait intéressant, si vous trouvez les scènes d’action répétitive à cause de l’utilisation exagérée d’un même concept qu’est le ralenti, ce n’est autre qu’un cache-misère astucieux afin de palier à l’accident survenu à l’acteur Jeremy Renner. Trois jours après le début du tournage (dont le planning s’est étalé sur 43 jours), ce dernier s’est brisé les deux bras. Deux manches longues vertes et une longue post-production plus tard, le personnage se retrouvait avec des bras plus vrais que nature à l’image. Rassurez-vous on y voit rien. u contraire, Jeremy Renner donne l’impression d’être dans une forme olympique. Ah la technologie, qu’est-ce qu’on ferait sans !



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