Sleepless réalisé par Baran bo Odar [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Une grosse livraison de cocaïne destinée à la mafia est détournée. Vincent Downs et Sean Tip, deux flics de Las Vegas, sont rapidement suspectés. La police des polices les met sous pression. La mafia aussi. En kidnappant le fils de Downs, la mafia franchit la ligne blanche : blessé et traqué, Downs va devenir un adversaire brutal et impitoyable. Il est prêt à tout pour sauver son fils et il n’a qu’une nuit devant lui. “


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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On parle beaucoup de remakes, reboots ou encore d’adaptations. Les Américains sont les meilleurs dans ce domaine, les meilleurs pour aller piocher aux quatre coins du monde, ainsi que dans leur propre culture des synopsis et idées déjà existantes et utilisées. Cette fois c’est du côté de la France que des producteurs américains sont aller faire leurs courses. Remake du long-métrage Nuit Blanche, sorti sur nos écrans français en 2011 et réalisé par Frédéric Jardin avec Tomer Sisley dans le rôle-titre, Sleepless part de ce fait avec une balle dans le pied. Qui dit adaptation ou remake, dit d’ores et déjà fainéantise. Il va falloir aux scénaristes, producteurs et techniciens en charge du projet, faire preuve de créativité pour faire de cette reprise une nouvelle œuvre à part entière. Une œuvre qui a un sens, un intérêt véritable. À en lire le synopsis, à en voir la bande-annonce, Sleepless ne semblait pas aller dans ce sens. Un simple remake plan par plan ou presque. Le résultat n’en est pas bien loin. Même si pas dénué d’intérêt pour celles et ceux à la recherche d’un simple, mais efficace divertissement estival, Sleepless n’a pas les qualités attendues par un remake. Si Frédéric Jardin avait su nous séduire avec son Nuit Blanche, c’était grâce à son concept original (course poursuite se déroulant en une nuit, dans un seul lieu), à sa direction artistique (pop, colorée et flashante) et à sa mise en scène nerveuse. Sleepless reprend à l’exactitude ces ingrédients, mais avec des décors plus grands, plus de figurants et des comédiens de renom. Bigger is not Better !

Six ans se sont écoulés depuis la sortie de Sleepless et les courses poursuites, scènes d’action dans des clubs et boîtes de nuit sont devenues monnaies courantes. Collateral, Drive et surtout John Wick en 2014. Contrairement à son ainé, l’action du film réalisé par Baran bo Odar (dont c’est le troisième long-métrage) a la force de ne pas avoir lieu dans une simple et petite boîte de nuit. Cependant, le film va souffrir à chaque nouvelle séquence d’une nouvelle comparaison. De John Wick à The Raid 2, difficile de sortir vainqueur face à de tels mastodontes du cinéma d’action moderne. Sleepless n’a ni la nervosité de la mise en scène du premier, ni la précision du cadrage du second. Sans parler des chorégraphies de combat, qui, même si brutales, s’avèrent insipide, car banales. Il leur manque une touche de créativité, un concept artistique (un cadrage plus proche des coups, d’autres focales…), permettant au spectateur de conserver le moment en tête et de se dire : “Ah oui, intéressant !”. Ce sentiment est perpétuel et à aucun moment Baran bo Odar ne va réussir à le faire oublier. Majoritairement bien réalisé, assez joliment éclairé, le montage est nerveux et les musiques d’ambiance permettent à la tension de ne jamais tomber pendant les 1h35 de durée. Ce qu’il fait, il le fait bien, sans pour autant marquer.

Sleepless est un long-métrage à l’image de la courte scène de contextualisation suivant l’apparition du titre à l’écran. Visuellement maîtrisé, pas inintéressant à suivre, mais à l’image du cinéma d’action hollywoodien sans saveur. Didactique, nerveux, mais souvent surdécoupé et absolument aucune subtilité tant dans la mise en scène que dans l’écriture. Même si charismatiques, les acteurs n’endossent que de simples costumes de caricatures dont sont habitués les amateurs de ce genre de cinéma. Un cinéma qui mise essentiellement, pour ne pas dire uniquement, sur l’action. Sauf que pour marquer le coup et l’esprit du spectateur il faut y intégrer une patte artistique, un concept, une esthétique forte ou un parti prit de mise en scène radicale (ce que fais par exemple Lynne Ramsay avec le film You Were Never Really Here, lire la critique). Sleepless est un film popcorn, une série b aussitôt vue, aussitôt oubliée.


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