Rosie Davis, le combat bouleversant d’une mère pour sa famille



Synopsis : « Rosie Davis et son mari forment avec leurs quatre jeunes enfants une famille modeste mais heureuse. Le jour où leur propriétaire décide de vendre leur maison, leur vie bascule dans la précarité. Trouver une chambre à Dublin, même pour une nuit, est un défi quotidien. Les parents affrontent cette épreuve avec courage en tentant de préserver leurs enfants. »


Si aujourd’hui le cinéma français est associé à de la comédie potache, mais également à une certaine volonté de renouvellement depuis peu, le cinéma anglais est quant à lui favorablement catalogué à un cinéma réaliste et social. Notamment grâce à un cinéaste comme Ken Loach, l’histoire du cinéma britannique a démontré une force, mais également une réelle volonté à se servir de ce médium qu’est le cinéma afin de bâtir à propos. Qu’il soit revendicateur ou annonciateur de quelque chose, ce propos est toujours lié à un contexte social ou économique propre au pays dont il est question. On pense à Ken Loach, comme déjà expliqué, pour sa faculté à dépeindre avec réalisme une société qui bat de l’aile, mais on peut également allègrement pensé à un certain Steve McQueen (autre réalisateur britannique) dans sa recherche du réalisme afin de saisir le spectateur. Ancrer son histoire dans un contexte réaliste afin de permettre au spectateur de s’identifier et/ou de s’immerger au sein de l’histoire contée avec une facilité exacerbée. Si l’année passée (2018 ndlr) c’est le cinéaste Dominic Cooper qui nous avait saisis et bouleversés avec son portrait d’une mère de famille triste et apeurée, à la recherche du bonheur que sa famille ne semble plus lui apporter (Une Femme Heureuse ndlr), c’est cette fois Paddy Breathnach qui se charge de nous offrir notre décharge émotionnelle.

On quitte l’Angleterre pour rejoindre l’Irlande et y retrouver Rosie Davis. Rosie Davis est une alternative à ce que Dominic Cooper développait au travers de son film. S’il avait décidé d’explorer les troubles d’une mère de famille acculée par les tâches familiales et la vie de famille en règle générale, Paddy Breathnach et son scénariste Roddy Doyle décident de mettre en scène une mère de famille qui a envie de vivre cette vie de famille. Mère de quatre enfants, Rosie Davis se bat chaque jour afin de trouver un toit pour sa famille dans le but de ne pas devenir, et surtout, de ne pas être considéré comme des sans domiciles fixes. Passer des coups de téléphone pour trouver une nouvelle maison à louer, passer des coups de téléphone pour trouver un toit pour la nuit, emmener les enfants à l’école, aller chercher les enfants à l’école, essayer de trouver comment nettoyer le linge des enfants… Rosie Davis est une mère de famille également acculée par les tâches qu’elle se doit d’accomplir, non pas simplement en tant que mère de famille, mais avant tout en tant que protectrice de ces enfants. Si le propos social est évident vis-à-vis de la société irlandaise, et plus précisément dans le cas d’une ville comme Dublin, Rosie Davis est avant tout le cri d’amour d’une femme pour ses enfants.

Le portrait d’une femme forte, combative et profondément vouée à l’amour qu’elle porte envers ses enfants. Affronter vents et marrées, quitte à oublier son sommeil et sa santé, dans le but que ses enfants soient heureux, correctement éduqués et paraissent aux yeux des autres comme des enfants provenant d’une famille simple et sans problèmes. Le film Rosie Davis repose sur une histoire qui n’a ni début ni fin. Roddy Doyle conte un moment de vie particulièrement douloureux d’une famille transportée par l’amour d’une mère. Se servir de la douleur de ce moment, non pas pour faire craquer le personnage principal et se cacher derrière du pathos sensationnel afin de tirer la larme au spectateur, mais s’en servir afin de développer la force de caractère du personnage. Démontrer par l’enchevêtrement de situations, la force d’abnégation d’un personnage qui même si elle vient à craquer, elle sera supportée par ses enfants, mais également son mari. Tapis dans l’ombre, peu présent à l’image, on découvre un personnage tout aussi intelligemment écrit et mis en scène. S’il est peu expressif, on le sent, on le voit toujours là pour elle, toujours là à surveiller si elle va bien sans pour autant tout prendre en main et la reléguer au second plan parce qu’elle est une femme et lui un homme. Bien au contraire. S’il est écrit avec subtilité, bienveillance et tendresse envers les personnages, la mise en scène et la réalisation de Paddy Breathnach ne sont pas en reste.

Majoritairement factuelle et extrêmement proche de ses personnages afin de garantir l’immersion et le rapprochement avec ce réalisme social dont on a parlé, cinématographie à laquelle Ken Loach nous a allègrement habituées en tant que spectateur, la volonté de Paddy Breathnach ne s’arrête pas là. En sus de cette caméra portée qui va suivre des personnages dynamiques, car sans cesse dans l’urgence, se trouve une réelle volonté de cinéma formel. Un cinéma qui n’est pas simplement une histoire, mais également de belles images qui ont une signification. Quelques fulgurances, superbement amenées et qui ne gâchent aucunement l’expérience, mais qui au contraire la renforce par la force de ces perfect shot aussi beaux plastiquement que significatifs. Et on pense notamment à ces deux plans finaux, absolument somptueux et bouleversant, résumant à eux seuls la superbe de l’écriture de Roddy Doyle et la force de la mise en scène d’un Paddy Breathnach solidement épaulé par le directeur de la photographie Cathal Watters. Coup de cœur instantané pour cette Rosie Davis, pour cette histoire bouleversante incarnée avec l’art et la manière par un casting renversant, porté par une incroyable Sarah Grenne.


« Si la mise en scène développe un sentiment d’urgence, l’histoire s’attarde sur le courage désespéré de personnages magnifié par une réalisation factuelle et ponctuée par de superbes compositions visuelles. »



CONCOURS


© ELEMENT PICTURES

A l’occasion de la sortie du magnifique film, Rosie Davis, dans les salles de cinéma françaises le 13 mars 2019, on vous fait Gagner 3×2 Places de Cinéma afin d’aller voir le film avec la personne de votre choix. Un film indépendant distribué par KMBO Films dont le catalogue regorge de petites merveilles tels que Lucky, The Young Lady et Relève : Histoire d’une Création.

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CONCOURS TERMINE

Jeu-concours limité à la France Métropolitaine

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5 commentaires sur “Rosie Davis, le combat bouleversant d’une mère pour sa famille

  1. Là c’est un film de Paddy Breanach, dans le même esprit que Ken Loach, j’ai vraiment très envie de le voir, merci pour ce concours.

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