Rampage réalisé par Brad Peyton [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « Primatologue de profession, David Okoye a plus de mal à nouer des liens avec ses semblables qu’avec les singes. Pas étonnant qu’il se soit pris d’affection pour George, adorable gorille d’une intelligence hors du commun, dont il s’occupe depuis sa naissance. Mais suite à une expérience génétique catastrophique, George se métamorphose en monstre incontrôlable. Et il n’est pas le seul puisque d’autres animaux se transforment en prédateurs enragés aux quatre coins du pays, détruisant tout sur leur passage. Okoye décide alors de travailler d’arrache-pied avec une généticienne pour mettre au point un antidote. Pourront-ils à temps empêcher la planète d’être ravagée ? »

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Né en 1972, Dwayne Johnson est aujourd’hui devenu l’acteur numéro un aux États-Unis, mais également à l’international. Avant tout connu sous le pseudonyme The Rock lorsqu’il n’était encore qu’un “simple” catcheur, mais entré au Hall of Fame et reconnu comme l’un des plus grands athlètes de l’histoire du catch, The Rock est aujourd’hui redevenu Dwayne Johnson. Un nom, devenu une marque à part entière. En l’espace de dix ans, l’acteur américain a joué dans pas moins de 25 longs-métrages, et ce, en tant qu’interprète de second rang puis d’interprète principal. Sans parler de la série Ballers toujours en production et dont le nom de l’interprète n’est pas pour rien dans le succès grandissant. À l’image d’un Tom Cruise ou d’un Will Smith entre 1990 et 2005, Dwayne Johnson est devenu un acteur sur lequel et pour lequel sont écrit les films. Un film sera produit sur son simple nom et son influence (tant sur les réseaux sociaux qu’en tant que producteur) lui permet d’avoir le droit d’imposer ses choix sur les scénarios et divers projets auxquels il est associé. Dwayne Johnson est une marque, l’élément premier (pour ne pas dire le seul) pour lequel on se déplace dans une salle de cinéma voir un film réalisé par Brad Peyton. Néanmoins et contrairement à un Tom Cruise, Dwayne Johnson revendique vouloir offrir à son public un cinéma de divertissement, primaire et ridicule par moment, mais avant tout fun, spectaculaire et drôle. Il le revendique et ne semble pas chercher à faire plus que du cinéma populaire. Un choix de carrière qui pour le moment lui convient, avant qu’il ne s’essouffle comme tout effet de mode qui se respecte. Il sera à ce moment temps d’aller chercher des projets ambitieux, ainsi que des metteurs en scène qui ont une vision auteuristes et originales. En attendant, voici Rampage avant que ne débarquent Skyscraper (été 2018), Jungle Cruise (2019) ou encore Untitled Fast & Furious Spin-Off (2019).

“Fun et divertissant si vous y allez en ayant conscience de ce que vous allez recevoir, mais d’un vide abyssal si vous y regardez de plus près.”


Rampage est l’adaptation du jeu vidéo éponyme développé et édité en 1986 par le studio Bally Midway, plus connu sous le nom Midway Games. Studio spécialisé dans le jeu développé pour la borne arcade et non pour les consoles de salon et ordinateurs, Midway Games a fait ses gammes entre 1980 et 1995 avec des titres comme Mortal Kombat, Pac-Man US, Ms. Pac-Man ou encore Spy Hunter. Pour l’anecdote, ce dernier devait être adapté au cinéma par Universal Pictures il y a quinze ans de ça avec Dwayne Johnson dans le rôle-titre. Projet abandonné, mais depuis Warner Bros. détient les droits donc attendez-vous à voir le projet faire son retour prochainement. Des grands noms du jeu vidéo arcade que vous pouvez retrouver encore aujourd’hui dans des compilations, mais également dans des films produits par la société américaine Warner Bros. Pictures. La raison est simple, à partir de 2001 Midway Games a petit à petit commencé à faire faillite, avant de fermer définitivement en 2009. Mais en 2007, le studio Warner Bros. a eu la belle idée d’en devenir actionnaire majoritaire pour une bouchée de pain, et ce, dans le but de détenir les droits sur les licences précédemment citées. Voilà comment on en vient à Rampage, voilà comment on en vient à développer un long-métrage sur un jeu vidéo dont l’histoire repose sur de la destruction massive. Jouable jusqu’à trois joueurs sur la même borne, Rampage permet au joueur de prendre le contrôle d’un des trois monstres mis à sa disposition (Giant Gorilla, Giant Alligator & Flying Wolf) dans le but de détruire l’intégralité de la ville sans se préoccuper des passants (que l’on peut manger) et tout en évitant que l’armée ne nous stoppe.

What did you expect ? Avec une telle base, ne vous attendez pas à un scénario d’anthologie. Ne vous attendez pas à un scénario plus clairement. Rampage est un film d’action dont le but de sa première heure est d’amorcer son climax, synonyme de l’arrivée des trois montres à Chicago. L’histoire est ridicule à souhait et ne sert que de prétexte à la création d’une séquence finale spectaculaire, mais elle réussit tout de même l’exploit d’être moins intéressante que celle de l’œuvre vidéoludique originelle. Si l’objectif du jeu était de réaliser une destruction massive et donc de faire ressentir au joueur une jubilation par la destruction, celui du film est à son opposé. Le point de vue exploité est celui d’un personnage humain interprété par Dwayne Johnson, dont l’objectif est d’arrêter la destruction de la ville. L’envie de faire du divertissement conventionnel et grand public éclipse le matériau de base. Rampage n’a plus rien de Rampage avec cette orientation vers la bienveillance et le bon sentiment au détriment de la jubilation par la destruction. Ce qui est bien dommage, car tant qu’à réaliser un blockbuster spectaculaire et divertissant, autant y aller à fond en optant pour un point de vue original. Rampage repose sur une histoire ridicule qui se prend malheureusement trop au sérieux lorsqu’il est question de bienveillance et d’émotion. Conventionnel, prévisible et ridicule à souhait, mais… divertissant malgré tout.

Si Rampage remplit son cahier des charges, c’est évidemment parce que celui-ci ne comporte qu’une seule ligne : “faire un Dwayne Johnson Show”. De sa tagline jusqu’à la promotion réalisée (à l’image de celle du film Jumanji : Welcome to the Jungle) par l’acteur et producteur, Rampage est un film fait pour son interprète principal Dwayne Johnson. Il est de tous les plans et y apparaît tel que les spectateurs l’y attendent. Brad Peyton ne dirige pas son ami, mais il le laisse faire son numéro. Décontracté, entreprenant et armé de quelques punchlines aussi ridicules que badass, Dwayne Johnson fait le show et porte le film sur ses épaules faisant face à des créatures plus charismatiques que les personnages secondaires caricaturaux et effacés. D’une caractérisation des personnages volontairement exagérée à une mise en scène complètement insipide en passant par une réalisation didactique et impersonnelle à souhait, Rampage repose sur les épaules et la sympathie communicative de son interprète principale. Aucune décision, aucune action réalisée par un des personnages ne vont avoir un impact sur l’avancée du récit. Ils ne servent à rien. Ne subsiste que Dwayne Johnson qui avance toujours tout droit et traverse les décors sans encombre, à la poursuite de son ami George, le gorille géant. On notera également la présence d’un Jeffrey Dean Morgan qui n’en a littéralement rien à faire et s’amuse. Ce qui n’est pas plus mal, offrant à son personnage de “connard arrogant” une certaine sympathie pas déplaisante.

Rampage est l’exemple parfait de ce que l’on nomme le “Guilty Pleasure” (le plaisir coupable). S’il n’y a rien à sauver sur le plan cinématographique, mais alors vraiment rien, il n’en demeure pas moins un blockbuster américain divertissant, car fun et spectaculaire. Des scènes d’action aux punchlines qui ajoutent un soupçon d’humour, tout repose sur l’image que renvoie son interprète principal Dwayne Johnson. Une sympathie immédiate et surtout un second degré, ainsi qu’une bienveillance communicative qui en font une vedette qui touche un large public et peut de cette manière porter un film dans son entièreté. Un nouveau numéro du Dwayne Johnson Show avec comme invités George et Jeffrey Dean Morgan. Marrant et divertissant si vous y allez en ayant conscience de ce que vous allez recevoir, mais d’un vide abyssal sur tous les plans si vous y regardez de plus près.



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