Populaire Critique

Populaire-Critique
“Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court…”
Cette année n’a pas forcément été riche pour le cinéma français. S’ils ont devait retenir quelques films, ont penserait forcément à Dans la Maison, De Rouille et d’Os, Radiostars et pourquoi pas à Holy Motors. S’il nous faudrait comparer à l’année 2011, ça fait assez pauvre, mais l’année n’est pas finie et il reste deux films qui se font attendre. Le premier est Nous York, film réalisé par Geraldine Nakache et Hervé Mimran et l’autre n’est autre que le film dont je vais vous faire l’éloge dans cet article, à savoir Populaire. Je vais vous en faire l’éloge, puisque c’est un film que je n’attendais pas du tout, mais que je suis allé voir en avant première en présence de Régis Roinsard et Déborah François et il m’a très agréablement surpris.
 
 
Populaire, c’est avant tout un scénario inattendu et surprenant. Pour son premier film Régis Roinsard est partie sur l’idée saugrenue et complètement folle de nous présenter la dactylographie à travers deux personnages. Même si on croit que les personnages que sont Rose Pamphyle et Louis Echard sont les éléments essentiels au récit et au film dans sa globalité, mais non il s’agit bien de la dactylographie. Ce film fait l’éloge de cette pratique qui était caractérisé comme étant un sport à part entière. Grâce à la mise en scène de Régis Roinsard qui est excellente et au montage qui est hétéroclite, on se rend bel et bien compte de la difficulté de la pratique de la dactylographie lors de concours. Lors des épreuves, on à un montage qui est saccadé et très intense, le tout servi par des gros plans sur les machines et les visages des sportives, ce qui implique directement le spectateur et lui permet de comprendre la dureté de l’épreuve en question. Sans la dactylographie, le film n’existerait pas certes, mais sans la dactylographie c’est le duo Rose Pamphyle et Louis Echard qui n’existerait pas.
 
Le film possède des problèmes concernant les seconds rôles qui sont trop peu présents et trop peu dévoilés aux spectateurs, mais il y en a deux qui sont omniprésents. Parlons tout d’abord de Rose Pamphyle qui est un personnage très intéressant. Au fil de l’avancement du film, on va apprendre à la découvrir en même temps que Louis Echard puisque le film s’ouvre (presque) sur une scène d’entretien d’embauche et on va très vite se lier à Rose. C’est un personnage qui peu paraître assez frêle et timide et c’est le cas lors de la première heure, mais plus le film va avancer, plus ce personnage va évoluer et va gagner en confiance. Rose va devenir une tout autre femme grâce à Louis Echard qui est bien plus qu’un patron pour elle. C’est lui qui va l’embaucher comme secrétaire, mais c’est surtout lui qui va la faire devenir populaire.
 
 
La métamorphose de Rose va se faire grâce au fort caractère de Louis qui est un homme complexe. Au départ on ne sait strictement rien de lui à part qu’il est sûr de lui et n’aime pas qu’on le contredise. Il a se qu’il veut et se qu’il fait c’est pour le bien des autres, mais pourquoi fait-il ça ? C’est à cette question que le récit va répondre, on va en apprendre plus sur ce personnage charismatique et complexe, mais on va surtout savoir s’il va réussir à … (je n’en dirais pas plus). L’histoire entre les deux personnages fait directement référence aux grandes romances bien connues de tous comme Autant en Emporte le Vent et plus qu’une simple romance entrecoupée de séquence humoristique grâce à de savoureux dialogues, il s’agit d’un film qui peut être pris comme un retour aux romances d’époques comme l’a fait The Artist aux films en noir et blanc.
 
Ce film possède donc un récit qui est un savoureux mélange entre une comédie et une romance pas si banale que ça entre deux personnages que tout oppose caractériellement parlant. Mais cette trame scénaristique permet au film de se démarquer des autres grâce à son esthétique globale. Populaire se déroule entre 1958 et 1959, on a donc un très gros travail qui a été effectué pour envoyer le spectateur 50ans en arrière. Les décors sont vraiment superbes et il y a une très grosse recherche sur la façon de vivre à cette époque qui n’est pas bien lointaine. On y croît vraiment, il y a même un grain sur l’écran qui veut nous faire croire à une image légèrement moins propre qu’à l’habitude. Ce léger grain se met directement en opposition avec les couleurs pétillantes et chatoyantes utilisées dans chaque plan. Les décors sont extrêmement colorés et chaque élément du décor est doté d’une couleur flashante pour que le spectateur se croie pendant 2 heures dans les fifties.
 
 
Pour un premier film, Régis Roinsard réussit un exploit. L’exploit de nous offrir une comédie romantique qui n’est pas foncièrement originale, mais qui se démarque des autres grâce à un scénario efficace et qui met en avant de manière remarquable deux personnages attachants et charismatiques ainsi qu’une époque. C’est un réel hommage à l’époque des fifties, on s’y croit réellement grâce à des décors léchés ainsi qu’à une très belle bande sonore. Le tout est présenté grâce à un montage rythmé et un casting porté par une Déborah François attachante et sublime ainsi qu’à un Romain Duris impérial et charismatique.
4/5

Commentaires Facebook

1 commentaire sur “Populaire Critique

  1. j'ai passé un bon moment Finalement sans coup de feu, sans explosion. sans effets spéciaux, sans 3 D, on est captivé.Merci, vive les films qui présentent un dépassement de soi même et finissent sur une note positive au moins ça donne la pêche.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *