La Papesse Jeanne réalisé par Jean Breschand [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “À l’aube du Moyen Âge, la Papesse Jeanne est l’histoire légendaire d’une jeune femme qui accède au trône papal. Vive, charnelle, elle a été consacrée à la surprise de tous et a régné deux ans sur Rome. Dans cet univers chaotique dominé par les hommes, une femme tente d’imposer sa voix.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Il y a des œuvres qui nous laissent pantois, d’autres nous épuisent, d’autres nous réjouissent. Et puis il y a quelques films indépendants dont on ne sait quoi dire. La Papesse Jeanne fait pleinement partie de cette dernière partie. Premier film de fiction réalisé par le documentariste Jean Breschand (également monteur, scénariste et chef opérateur sur d’autres projets), La Papesse Jeanne conte l’histoire légendaire de cette jeune femme qui au IXe siècle, serait devenue Pape en se faisant passer pour un homme. Facile de le résumer, mais difficile de le conseiller. La Papesse Jeanne est un film naturaliste au budget minimaliste. Ce qui n’est pas un défaut en soi. Deux personnages principaux et un seul décor en intérieur ont servi au tournage. Le restant des séquences, pour ne pas dire la majorité, ont été tournées en extérieurs. Plus précisément : en Corse. Grâce à ce dispositif des plus minimalistes, Jean Breschand réussit volontairement à perdre le spectateur, ne sachant à quelle vitesse évolue la temporalité entre chaque action. Les séquences se suivent et se ressemblent visuellement, car utilisant les mêmes paysages ruraux et désertiques avec une même lumière (tournage sur un temps réduit et rapproché oblige) mais la temporalité ne cesse d’évoluer. Un jour, un mois, un an peut s’écouler entre deux séquences… entre deux plans. Manière intéressante de pallier au manque de budget et de permettre à l’histoire de constamment évoluer.

Cependant, le spectateur ne cesse de se poser des questions, jusqu’au moment où il en vient à sortir de l’histoire contée, et ce, très (trop) rapidement. Film contemplatif et naturaliste, les dialogues sont aussi peu nombreux que les changements de décor. Tout n’est que déduction et questionnement de la part d’un spectateur toujours indécis face aux actes auxquels il assiste. Même si dénué d’anachronismes choquants grâce à une mise en scène théâtrale et minimaliste, difficile de croire en cette improbable histoire. Comment croire que ces hommes et femmes qui entourent La Jeune Papesse, ne voit pas qu’il s’agit d’une femme et non d’un homme ? Extrêmement féminine, même si quelque peu stoïque dans sa façon de jouer, Agathe Bonizer n’a rien d’un homme et ne s’en cache pas. À l’instar de la mise en scène, La Jeune Papesse est un film qui mise avant tout sur la symbolique et la signification des gestes et des mouvements réalisés par les personnages. Il ne faut chercher de cohérences entre l’image et l’histoire, mais bien chercher à comprendre ce que l’image peut raconter uniquement d’elle-même. Tout n’est que symboles, métaphores et mysticisme. Des plans d’inserts d’animaux vont également dans ce sens, ainsi que l’utilisation du regard caméra faisant office de moments de témoignages. C’est encore une fois, théâtral dans l’idée et dans la manière d’exécuter.

La Jeune Papesse est un film d’époque qui fait vivre et développe son histoire par le biais de sa simple mise en scène, et ce, dans des paysages vides et désertiques. Plus proche du théâtre filmé que d’un film de fiction lambda, il sera pour beaucoup difficile de s’immerger dans cette histoire. La photographie naturaliste, mais joliment travaillée peut aider, ainsi que les paysages corses vraiment très beaux à regarder. Il sera cependant difficile sur le coup de comprendre l’histoire, de comprendre qui sont ces personnages, à quelle époque nous sommes…trop de question et de singularités dans la façon de faire de la part du metteur en scène pour permettre au spectateur de prendre un quelconque plaisir devant cette œuvre, aussi intéressante soit-elle.

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