Palm Springs, un vent de fraîcheur souffle en ce jour de la marmotte

Synopsis : « L’insouciant Nyles rencontre la demoiselle d’honneur Sarah lors d’un mariage à Palm Springs. Dès lors, ils commencent une idylle qui ne sera pas de tout repos pour l’un comme pour l’autre. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Enfants du Saturday Night Live, le duo Akiva Schaffer/Andy Samberg (sans omettre Jorma Taccone troisième membre des Lonely Island) aura offert, et offre toujours, au genre de la comédie américaine des œuvres aussi drôles qu’intelligentes. Intelligentes, car fondamentalement bien menées et humaines, car écrites suivant des principes. Un humour souvent irrévérencieux, désopilant pour celui ou celle qui y adhère, et jamais méprisant. Un humour bon enfant, un humour qui très souvent, va chercher à infantiliser ses personnages afin de provoquer, et de provoquer le rire chez le spectateur. Et ce, encore une fois, jamais dans l’idée de mépriser ces mêmes personnages. Des personnages profondément humains, des adolescents coincés dans des corps d’adultes. Des adolescents qui fuient les responsabilités et ne pensent qu’à rire et à s’amuser. La définition même de l’école du Saturday Night Live, dans toute sa splendeur. Ce que le réalisateur Dave McCary et l’acteur/scénariste Kyle Mooney avaient su mettre en image, avec poésie et humour, dans le magnifique Brigsby Bear. Aujourd’hui c’est au tour du duo Akiva Schaffer/Andy Samberg de faire son retour sur grand écran (en tant que producteur pour un et producteur/acteur pour l’autre) devant la caméra de Max Barbakow. Comédie romantique où pour une fois, il ne va pas être question de dédramatiser.

Palm Springs c’est l’histoire d’une rencontre. La rencontre entre un homme insouciant et une femme perdue. Deux personnalités profondément marquée par des choix de vie qui les auront poussés à vivre respectivement, des vies pas de tout repos. Comédie romantique dont les fondamentaux ne sont autre que l’archétype même de la comédie romantique telle qu’elle a fait ses gammes à travers les générations, si le film Palm Springs ne réinvente rien, il représente une nouvelle itération aussi intéressante que rafraîchissante. Derrière l’impression de redite du fameux jour de la marmotte (Un Jour sans Fin aussi appelé Groundhog Day), se dresse la volonté de développer cette même idée de boucle temporelle, mais selon un nouveau point de vue. Un point de vue unique qui va permettre au scénario de dresser, puis de développer, un panel de questions auquel les réponses seront amenées par des choix de mise en scène, ainsi que par la caractérisation des personnages. Trois personnages, trois histoires, trois profils différents, finalement réunis face à un même problème.

Une oeuvre qui ne réinvente rien sur le papier (son synopsis), ni d’un point de vue formel. Une structure narrative bien marquées avec ses rebondissements prévisibles et ses quelques gimmicks qui semblent impératifs afin d’offrir au spectateur ce qu’il est en droit d’attendre (le montage accéléré qui justifie les moments de joie et de complicité sur fond de musique pop…). Mais au-delà de ça, le film Palm Springs démontre qu’une oeuvre cinématographique, ce n’est qu’une accumulation d’inspirations (que l’on en soit conscient ou non) qui vont avoir du sens et ne pas déranger le spectateur à partir du moment où cette accumulation a du sens dans sa forme finale. Une forme finale qui, en l’occurrence devient originale grâce à une, et belle et bien une seule, idée scénaristique. Un rebondissement et non des moindres, qui va permettre aux personnages de gagner en profondeur (notamment Nyles et Roy respectivement incarnés par Andy Samberg et J.K. Simmons), de donner du sens aux choix de mise en scène qui ont précédés la révélation et au scénario de s’offrir une nouvelle perspective sur l’exploitation du syndrome de la boucle temporelle. Ce n’est plus qu’un simple prétexte, mais développe une empathie pour les personnages concernés et ça pose la question : et vous que feriez-vous, dans quel état seriez-vous à sa place ?

Une histoire fondamentalement pas originale, mais qui tire son originalité d’une intention qui change la donne et vient définir les personnages. Des personnages colorés, trois personnages qui ont chacun leur background définissant leurs caractères et manières d’être. Un tout, joliment écrit qui permet la création d’une dynamique de groupe propice à mettre en scène des moments de confrontation, d’humour et d’amour. Des relations jamais manichéennes, mais humaines. Des relations justifiées par l’histoire qui a bâti ces trois personnages. Andy Samberg, Cristin Milioti et J.K. Simmons y sont merveilleux. Une histoire avant tout portée par le jeu tout en intériorisation du premier face au feu bouillonnant dont fait preuve la seconde. La rencontre du feu et de la glace qui donne place à des confrontations explosives qui nous réservent leur lot de surprise. Le troisième, la cerise sur le gâteau qui vient combler la richesse d’une histoire avant tout définie par ses personnages.

S’il déçoit dans sa finalité avec un dernier tiers qui semble avoir été volontairement bâclé afin d’en finir, Palm Springs demeure un étonnant tour de passe passe. Palm Springs, ou comment un vent de fraîcheur sur une thématique dont on semblait avoir fait le tour. Une belle photographie, un découpage simple, mais très efficace et quelques facilités scénaristiques, mais qui n’entache pas un scénario qui apporte un soin remarquable à la caractérisation de chacun de ses personnages. Quelques belles idées de mise en scène permettent au duo Andy Samberg/Cristin Milioti de laisser parler cette sympathie communicative qu’ils dégagent. Drôle, touchant et attendrissant, un voyage qui fait du bien. Les enfants du Saturday Night Live américain ont du talent, et pas uniquement pour créer du potache régressif et infantilisant. Ils sont capables de mélancolie, de douceur et de tendresse.


Disponible exclusivement sur le catalogue américain de HULU

« S’il ne le renouvelle en rien, Palm Springs exploite avec malice le thème de la boucle temporelle. Une approche plus humaine, joliment questionnée et permise par des personnages authentiques et attendrissants. »

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