Our House réalisé par Anthony Scott Burns [Fantasia 2018 Film REVIEW]

Synopsis : “Un jeune génie invente accidentellement un appareil qui amplifie les activités paranormales qui agissent dans la maison de sa famille. Un appareil qui ramène possiblement les esprits de ceux qu’ils aiment et libère des choses bien pires.”

Pour la première année nous sommes trois semaines durant (du 12 juillet au 02 août 2018) au Fantasia International Film Festival. Films du film de tous les genres, mais surtout du fantastique, de l’action et des films complètement décalés que vous ne verrez surement jamais en salles !
Toutes nos Critiques depuis le Festival Fantasia !

Au mois de juillet 2010 était diffusé au Fantasia International Film Festival un film d’horreur répondant au nom : Phasma Ex Machina. Écrit et réalisé par Matt Osterman, ce dernier était un long-métrage indépendant, fait avec un budget réduit, mais qui prenait soin de ses personnages, ainsi que des diverses thématiques employées puis développées. Un long-métrage qui répondait avec émotion et humanité à la question : le ferions-nous si on croyait avoir la possibilité de voir ou parler à nouveau à un proche disparu ? Il n’en demeurait pas moins un film d’horreur extrêmement consensuel, mais il s’en dégageait une sincérité intéressante et touchante. Lors de cette présentation, des producteurs ont vu le film et ont eu une brillante idée : « Et si on en faisait un remake, mais avec plus d’argent ! ». Phama Ex Machina qui déjà, nous rappelait énormément la série b sortie en 1993 : Ghost in a Machine. C’est pour dire à quel point le manque de créativité se fait ressentir et il est vrai que le cinéma d’horreur qui joue avec les esprits et apparitions d’esprit est en mal depuis une, voire deux décennies maintenant. Pourquoi ne pas ajouter une pierre à l’édifice avec un remake dont la simple volonté est : le refaire, mais avec plus d’argent.

« Our House est un film de studio qui repose sur un concept qui a fait ses preuves, mais ne fonctionne plus aujourd’hui. »


Plus sérieusement, depuis deux décennies maintenant, le business hollywoodien recycle la même recette. Une recette aujourd’hui éculée qui consiste à jouer sur le sound design et quelques effets de mise en scène afin de surprendre et de faire peur au spectateur. Un spectateur qui aime jouer à se faire peur et qui aujourd’hui lorsqu’il voit une poupée au sol ou une porte qui s’entre-ouvre délicatement, sait très bien ce qui va se dérouler par la suite. Néanmoins, par pure curiosité il souhaite voir la suite des évènements et espère être surpris, avoir peur. Certains cinéastes et créateurs ont conscience que ce même cinéma tourne en rond et ne fonctionne aujourd’hui plus. Ils détournent ses mêmes codes et tentent de toutes les manières possibles, d’innover. Apporter quelque chose de neuf pour surprendre le spectateur dans le bon sens du terme. Le prendre à revers dans ses attentes vis-à-vis de l’histoire ou des situations créées, et lui faire dire : « je ne m’y attendais pas ! ». On pense notamment à Luz dernièrement qui au cours des projections au Fantasia International Film Festival réussit à conquérir de plus en plus de spectateurs. Un film de possession qui déconstruit les codes du genre afin de surprendre et de s’offrir une véritable identité. Un film unique à la différence du long-métrage Our House. Écrit par Nathan Parker et réalisé par Anthony Scott Burns, Our House est un film de commande tout ce qu’il y a de plus consensuel, impersonnel et sans saveur possible.

Film de fantômes et d’apparition comme il en existe environ 3220, Our House reprend à l’identique l’histoire du film originel et repose sur une mise en scène qui use et abuse d’effets grossiers et éculés depuis plus de deux décennies maintenant. Produit telle la majorité des films d’horreur modernes, Our House met un point d’honneur à essayer de faire peur le spectateur au détriment du développement caractériel de ses personnages, ainsi que des thématiques pré-établies par l’histoire. Le questionnement humain sur l’envie de parler de nouveau à des proches disparus, les relations fraternelles, l’attachement à l’autre… tout ce qui relève de l’ordre de l’humain, du relationnel et de l’émotion est relégué au second plan. Tout cela n’est bon qu’à amener les moments d’horreur. Ces moments d’apparition sensés vous faire sursauter et vous cacher les yeux par peur d’avoir peur. Rassurez-vous, Our House ne vous fera pas peur. Bien au contraire, sa mise en scène est si clichée et irrationnelle dans la réaction des personnages et l’amorce des situations (ainsi que dans les dialogues… risibles), que le film vous fera rire. Malheureusement, Our House se prend bien trop au sérieux pour être relégué au rang de comédie horrifique. Une pauvreté ont se rendent compte les acteur.rice.s eux-mêmes qui ne savent comment donner du corps et un intérêt à leurs personnages respectifs. Nicola Peltz la première, semble s’ennuyer à chaque apparition de son personnage. Elle n’y croit pas, ils n’y croient pas une seule seconde.

Un casting qui ne cherche même pas à convaincre le spectateur, une mise en scène qui repose sur des clichés éculés, un scénario qui accuse de plusieurs décennies de retard et c’est sans parler du sound design absolument risible. Uniquement présent afin de faire monter la tension aux moments opportuns… Néanmoins, on notera la présence d’effets spéciaux de qualité (il fallait bien que ce budget important passe quelque part), ainsi que d’une réalisation qui essaye tant bien que mal. On sent le réalisateur Anthony Scott Burns et son chef opérateur (qui se cache bien, car on ne trouve pas son nom) sont enchaînés à une machine sur laquelle ils n’ont aucun contrôle. Ils essayent tant bien que mal d’insuffler quelques bonnes idées dans cette même production afin qu’elle ne sombre pas totalement. Une belle gestion des éclairages intra-diégétiques (pour l’extra c’est par moment apparent et too much) permet d’avoir une image assez belle (l’opposition entre le chaud et le froid est quelque chose de conventionnel, mais qui fonctionne relativement bien ici). Les visages sont assez bien éclairés et la gestion des ombres permet d’avoir quelques plans qui sortent du lot. On ajoutera à ça une utilisation du flou intéressante à certains moments, même si ça n’a aucun intérêt, n’apporte rien à l’histoire ou ne vient éclipser la pauvreté de la mise en scène. On ne peut accuser le réalisateur, le chef opérateur ou encore le casting, Our House est un film de studio qui repose sur un concept qui a fait ses preuves, mais ne fonctionne plus aujourd’hui. Le film n’a aucun intérêt, ne suscite aucune émotion mis à part l’ennui.



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