Mortal Engines réalisé par Christian Rivers [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « Des centaines d’années après qu’un évènement apocalyptique a détruit la Terre, l’humanité s’est adaptée pour survivre en trouvant un nouveau mode de vie. Ainsi, de gigantesques villes mobiles errent sur Terre prenant sans pitié le pouvoir sur d’autres villes mobiles plus petites.
Tom Natsworthy – originaire du niveau inférieur de la grande ville mobile de Londres – se bat pour sa propre survie après sa mauvaise rencontre avec la dangereuse fugitive Hester Shaw. Deux personnages que tout oppose, qui n’étaient pas destinés à se croiser, vont alors former une alliance hors du commun, destinée à bouleverser le futur. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Adaptation du roman dystopique écrit par Philip ReeveMortal Engines était attendu au pied levé par beaucoup de fans. La nouvelle production de Peter Jackson, réalisateur des trilogies Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit, sonne comme une évidence, tant l’univers foisonne de tout ce qui constitue le cinéma du réalisateur néo-zélandais. Un univers que le cinéaste confie aux mains de son collaborateur de longue date, Christian Rivers, dont il s’agit du premier long-métrage, après avoir travailler sur les effets spéciaux de King Kong (2005). Christian Rivers a lui même conçu le story-board de Mortal Engines avant que Peter Jackson ne lui en confie la réalisation. Le film s’annonçait comme le blockbuster de cette fin d’année. Qu’en-est-il finalement ?

Visuellement, Mortal Engines impressionne par sa richesse, foisonnant de détails et d’influences esthétiques diverses, allant du cyberpunk au steampunk, dans un univers post-apocalyptique nourri à la pop-culture, de Mad Max à Star Wars, en passant par Le château Ambulant d’Hayao Miyazaki. On retrouve également beaucoup d’influences issues de l’art vidéoludique, provenant de jeux vidéo tels que Bioshock ou encore Dishonored. Le tout sublimé par les effets visuels de la boîte d’effets spéciaux de Peter Jackson, Weta Digital, qui n’a décidément plus rien à prouver tant la qualité de leurs effets visuels atteint un niveau de réalisme incroyable. Ce qui été déjà le cas dans les précédents films dont la société signait les effets spéciaux, notamment la trilogie de La Planète des Singes des années 2010.

Si visuellement Mortal Engines surplombe la plupart des blockbusters hollywoodiens actuels, Christian Rivers opère ici plus en bon faiseur qu’en véritable auteur, le film n’ayant pas une patte particulièrement identifiable dans sa mise en scène. Elle paraît assez impersonnelle, le tout portant la forte empreinte du producteur Peter Jackson qui semble chapeauter le projet de très près. Dans sa structure scénaristique, force est de constater que Mortal Engines est bien une adaptation de littérature jeunesse, tant le blockbuster tombe dans tous les écueils du teen-movie habituel. Personnages secondaires stéréotypés et lisses au possible, à l’exception d’un personnage principal féminin fort et plus profond qu’il n’y paraît, interprété par une actrice au visage inconnu mais remarquable, Hera Hilmar.

Une intrigue cousue au fil blanc, un Hugo Weaving certes toujours aussi charismatique mais qui nous ressort une performance de méchant vu et revu dans sa filmographie. Mortal Engines n’éblouit pas par son écriture, à l’image de la plupart des teen-movies actuels, mais se suit néanmoins sans déplaisir, notamment à travers une relation entre l’héroïne et un cyborg revenu des morts, Shrike (Stephen Lang sous le maquillage de la motion-capture) dont l’écriture parvient à surprendre, notamment lorsque le long métrage se met à questionner, de manière assez brève bien sûr, la question de l’âme à l’intérieur de la machine, questionnement existentiel propre au genre de la SF cyberpunk peu original mais qui fait toujours du bien par sa présence.

Vous l’aurez compris, Mortal Engines se contente du minimum syndical dans son écriture teenage qui n’évite pas les écueils du genre. Mais il faut reconnaître au film, un univers richeà la  et foisonnant de références pop-culture, porté par des effets spéciaux d’un réalisme sidérant, ce qui en fait, visuellement, le blockbuster le plus impressionnant de cette fin d’année. Et c’est déjà pas si mal.

 

« Il faut reconnaître à Mortal Engines un univers riche et foisonnant de références à la pop-culture, […] visuellement, le blockbuster le plus impressionnant de cette fin d’année. »


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