Mon Garçon réalisé par Christian Carion [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « Passionné par son métier, Julien voyage énormément à l’étranger. Ce manque de présence a fait exploser son couple quelques années auparavant. Lors d’une escale en France, il découvre sur son répondeur un message de son ex femme en larmes : leur petit garçon de sept ans a disparu lors d’un bivouac en montagne avec sa classe. Julien se précipite à sa recherche et rien ne pourra l’arrêter. »

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position « je m’installe comme à la maison » ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Il est possible que vous ayez entendu parler du nouveau film de Christian Carion pour son dispositif de mise en scène reposant en partie sur l’improvisation de son acteur Guillaume Canet. Tourné en seulement 6 jours, le film Mon Garçon raconte l’histoire d’un père qui revient près de son ex-femme (incarnée par Mélanie Laurent) et de son nouveau compagnon (interprété par Olivier de Benoist), après avoir appris la disparition de son fils.

Jusqu’ici, le long-métrage Mon Garçon a tout de l’intrigue d’un polar plutôt lambda comme on en voit souvent dans le genre. Sauf que le parti pris de mise en scène change un peu la donne. Guillaume Canet n’a jamais lu le scénario du film, n’a pas assisté aux répétitions de tournage, contrairement à ses partenaires de jeu Mélanie Laurent et Olivier de Benoist. Il débarque sur le tournage et découvre le scénario au fur à mesure des prises, où Guillaume Canet doit improviser face à des acteurs qui eux jouent un texte.

“Guillaume Canet délivre une performance improvisée en temps réel.”

Le dispositif de mise en scène donne lieu à une certaine spontanéité dans le jeu de Guillaume Canet qui donne la réplique à ces acteurs à l’improviste et sur le vif. Cela donne lieu à des scènes de dialogues réalistes où le texte est sans cesse remis en question en fonction des réponses. Si l’on observe les dialogues entre Mélanie Laurent et Guillaume Canet, on remarque de véritables réactions de surprises. L’actrice se retrouve parfois bloquée par les réponses de son partenaire, ce qui donne presque, par moment, un aspect de cinéma-vérité.

Mais outre son dispositif de mise en scène parfaitement huilée dans la première partie, constituée de dialogues improvisés, sincères et réalistes, la deuxième partie voit le dispositif prendre le dessus et se retourner contre son acteur et son scénario. Le fait que Christian Carion laisse Guillaume Canet vaguer comme un électron libre devant sa caméra est une chose, mais encore faut-il que son parti pris ne vienne pas entacher la cohérence du scénario. Plus l’acteur avance dans les prises, plus il semble cabotiner dans son jeu, enchaînant les scènes de colère furieuse où l’acteur français semble se prendre pour Liam Neeson dans Taken lorsqu’il torture un des ravisseurs dans un garage. Un troisième acte, pourtant bien mis en scène en terme de tension, finit par nous achever d’un coup de grâce lorsque l’acteur fait face aux ravisseurs de son fils, armé d’un club de golf. Le jeu de Guillaume Canet perd en crédibilité et en spontanéité. Le dispositif du réalisateur est complètement abandonné dans le dernier acte qui bascule dans le film de genre maitrisé et dirigé. Le cinéaste ne poursuit pas sa proposition jusqu’au bout ce qui donne à son polar un final lambda et peu cohérent digne d’un mauvais téléfilm.

Mon Garçon démarrait pourtant sur les chapeaux de roues, offrant une belle opportunité à ses acteurs à travers une proposition de mise en scène plutôt originale dans le paysage du polar français actuel. Il est fort dommage que le tout ne dépasse pas le stade de concept. Le film réserve tout de même ces quelques moments de bravoure dans son atmosphère, le jeu spontané de Guillaume Canet, et quelques scènes de tension plutôt maitrisés. La belle idée du film réside dans le traitement des images. Christian Carion alterne entre la trame au présent et les dernières traces de l’enfant sur les images filmées par un caméscope familial. Le fait d’ancrer ces images « familiales » dans le récit renforce le réalisme du dispositif que revendique Mon Garçon. Dommage que le tout n’accouche que d’un banal polar qui ne réinvente rien dans le genre.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

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