Mon Ange réalisé par Harry Cleven [Critique | FNC 2017]

Synopsis : “Mon Ange est un petit garçon doté d’une incroyable singularité : il est invisible.
Un jour, il fait la rencontre de Madeleine, une petite fille aveugle dont il tombe éperdument amoureux… Au fil des ans, leur amour grandit, jusqu’au jour où Madeleine lui annonce une nouvelle qui va bouleverser leur vie : elle va retrouver la vue…”


Du 05 au 15 octobre 2017, nous sommes au 46e Festival du Nouveau Cinéma de Montréal. Entre coups de cœur et coups de gueule, émerveillements et maux de tête, retrouvez nos avis sur les films vus durant ce festival pas comme les autres. Des avis courts, mais pas trop et écrits à chaud, afin de vous offrir un premier avis sur les films qui feront, ou non, prochainement l’actualité.


Sorti le 04 mai 2017 dans les salles de cinéma belges, le long-métrage Mon Ange réalisé par Harry Cleven peine depuis, à ce faire une place dans les salles à l’étranger. Mis à part sa sortie en Corée du Sud, le film écume quelques festivals au travers le monde afin de se faire connaître, afin que les spectateurs intrigués par son histoire atypique puissent le découvrir. Mais finalement, est-ce la vocation du film et de son réalisateur Harry Cleven, que de se faire connaître et d’obtenir une renommée internationale ? Même si tous les films, ou presque, méritent d’être connus et vus dans les meilleures conditions possible, certains ne semblent pas destinés au même parcours que d’autres. Parmi ces œuvres, l’on compte ce fameux long-métrage belge : Mon Ange. Sans tenir de propos péjoratifs ou dire que ce n’est pas un film de “cinéma”, ce qui n’est en aucun cas la vérité puisqu’il y a en ce film plus de cinéma que dans beaucoup d’œuvres qui ont droit à des sorties sur plus de 3000 écrans rien qu’aux États-Unis, Mon Ange ne semble pas en avoir l’ambition. Pas avoir l’ambition d’être un grand film, mais au moins être un beau film, un beau conte amoureux pour petits et grands.

Mon Ange est un petit film dont la durée n’excède pas l’heure et quart. Un simple et petit projet pensé pour être réalisé avec 40.000 euros qui a pour ambition de faire du bien aux spectateurs qui seront réceptifs et accepteront de se laisser bercer par un conte utopique et onirique à des lieux de la société capitaliste et quelque peu égocentriste dans laquelle nous vivons. Un petit bout de liberté et de paix provoqué par une œuvre qui tient plus du conte et du fantasme que du drame ou du film fantastique. Mon Ange conte l’histoire d’un jeune homme invisible qui va vivre un amour passionnel avec une jeune femme aveugle, jusqu’au jour où cette dernière va retrouver la vue. Un synopsis extrêmement simple, qui tient sur deux lignes, mais qui suffit amplement. Peu de rebondissements scénaristiques, une structure narrative linéaire et aucune surprise. Néanmoins, on se laisse bercer par la beauté des plans et des décors oniriques baignés par une lumière abondante. Lumineux, extrêmement lumineux à l’image de la positivité, la bienveillance et la juvénilité de l’œuvre dans sa globalité. Pas une once de négativité, simplement 1h15 de bien-être par le prisme d’une histoire d’amour fantasque et fantasmé dont le spectateur réceptif ne souhaite que la bonne continuité. S’il est important d’insister sur la réceptivité, ou non, du spectateur c’est parce qu’il est facile de trouver et d’utiliser les adjectifs niais, sirupeux et bien autres encore, pour qualifier le film Mon Ange.

Les plans fortement significatifs et peu subtils, la mise en scène insistante sur la beauté du sentiment amoureux, la musique langoureuse et romantique qui en ajoute énormément, l’utilisation du plan subjectif avec ses regards caméras insistants, le prénom du protagoniste (Mon Ange NDLR) répété encore et toujours… Il est facile de sortir de son état léthargique et de trouver que le film Mon Ange sombre petit à petit dans le trop-plein et le cliché du genre. Le dispositif, qui alterne entre plans subjectifs et plans traditionnels n’arrange pas les choses. Un dispositif, qui même s’il aurait mérité d’être approfondi dans son traitement, est très intéressant en plus d’être parfait afin de pallier à des problèmes budgétaires. Ce qui n’empêche pas le film d’avoir son lot de plans conventionnels inspirés et aux effets visuels de belle qualité. Egalement bien interprété (un beau quatuor féminin avec Hannah Boudreau, Maya Dory, Fleur Geffrier et Elina Löwensohn) en plus d’être superbement éclairé par Juliette Van Dormael (film produit par le grand ami du réalisateur : Jaco Van Dormael), Mon Ange est un conte bienveillant et positif pour les plus jeunes comme les plus grands.

Reste cependant à voir si ce trop plein de positivisme et cette abondance de clichés sur l’amour et la beauté du sentiment amoureux ne vous pousseront pas à rester en dehors de l’oeuvre. Deux camps s’opposent et s’opposeront vis à vis du film. De notre côté on vote pour, même si le film aurait gagné en puissance émotionnelle à ne pas excéder les 30 minutes de durée. Le sentiment de redondance prend vite le pas sur la beauté globale de l’oeuvre, à cause d’un concept et d’un scénario beaucoup trop léger pour un long-métrage.

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