Mega Time Squad réalisé par Tim van Dammen [Fantasia 2018 Film REVIEW]

Synopsis : “John, un criminel de bas étage de la ville de Thames en Nouvelle-Zélande, trouve un ancien dispositif chinois de voyage dans le temps qui peut l’aider à réussir un vol et à recommencer une nouvelle vie, mais il ne survivra peut-être pas aux conséquences du temps.”

Pour la première année nous sommes trois semaines durant (du 12 juillet au 02 août 2018) au Fantasia International Film Festival. Films du film de tous les genres, mais surtout du fantastique, de l’action et des films complètement décalés que vous ne verrez surement jamais en salles !
Toutes nos Critiques depuis le Festival Fantasia !

Couvrir un festival pour un site internet ou bien participer à un festival de quelque manière qui soi, est un bon moyen afin de découvrir des films dont on ne songerait jamais au visionnage. Non pas qu’ils puissent paraitre mauvais, mais bel et bien, car une partie des films proposés ne sortent jamais en salles, voire en vidéo pour certains. Des films du monde entier qui très souvent restent dans leur pays respectif de production et n’en sortent jamais. C’est le cas dans tout bon festival de cinéma qui se respecte (il en va de même pour les autres arts et festivals consacrés à), mais c’est d’autant plus le cas au Fantasia International Film Festival. Un festival dont la volonté est de mettre en avant le cinéma de genre du monde entier et les cinéastes qui vont avec. Romances, films d’action, de science-fiction, comédies ou encore série b voire z, il y en a pour tous les goûts à Fantasia. Le cinéma de genre est un “genre” bien à part qui fondamentalement a le potentiel de couvrir tous types de cinéma, dont des films réalisés entre amis et avec les moyens du bord. Si on vous parlait de Relaxer et de ses 100.000 dollars de budget il y a quelques jours, voici Mega Time Squad, long métrage tourné avec presque rien et sur une période déterminée par les disponibilités de chacun.

« La rencontre improbable et néo-zélandaise entre les films Dumb & Dumber et Looper. Décomplexé, déjanté et assumé. » 

Comme si Dumb & Dumber n’étaient qu’un et qu’il trouvait un moyen pour remonter quelques minutes dans le temps. Si ce résumé paraît moins professionnel que le résumé officiel, il n’en est pas moins l’exacte représentation de ce qu’est le film Mega Time Squad. Film au titre absolument parfait de par ailleurs. Mega Time Squad met en scène des personnages complètement déjantés, pour ne pas dire idiots. Chacun répond à un stéréotype du cinéma actuel, ce ne sont pas de grands personnages de cinéma, mais grâce à un univers décomplexé assumé, le spectateur n’y fait pas attention. Dès la séquence d’introduction, Tim van Dammen donne le ton. Mega Time Squad est une comédie décomplexée sur fond qui joue avec les codes du film de casse et de science-fiction afin de faire rire. Créer des situations à partir des deux genres précédemment cités et s’en servir afin de créer une œuvre unique, car sincère et authentique. Le casting prend du plaisir, s’amuse à l’image du réalisateur (aussi scénariste), qui se sert avec astuce du voyage dans le temps afin de créer des situations toujours plus improbables.

Le film Mega Time Squad a en ce sens l’aura d’un film à l’énergie et l’humour d’un film de potes communicatif, mais n’a pas pour autant le traitement d’un film amateur. Si Tim van Dammen ne fait pas encore preuve d’un cinéaste à la pâte artistique forte ou recherchée, il fait preuve d’une belle maturité et compréhension du matériau au travers de sa mise en scène. Elle est fortement académique afin de rendre l’histoire la plus simple et accessible possible, mais surtout incroyablement dynamique et créative afin de permettre au film de ne jamais sombrer dans une certaine redondance. Toujours plus fort dans l’exploitation du concept du voyage temporel et par conséquent de la duplication du protagoniste. Un renouvellement constant (malgré un concept qui s’épuise une fois l’effet de surprise estompé) et un punch qui ne faiblit jamais. Le cinéaste néo-zélandais ne se repose jamais sur ses acquis et va au bout de son histoire en conservant une certaine logique et cohérence tant dans l’humour que dans les actions réalisées par les personnages. Mega Time Squad est en ça un long-métrage bien écrit, car même si pas auteuriste ou inventive pour un sou, son histoire tient la route, les dialogues sont à l’image des personnages (donc très idiots, mais assumés et dans le ton du film) et le concept du voyage dans le temps est encore une fois très bien exploité afin de faire rire et créer des situations tant d’action que de comédie. Comédie qui joue tant sur l’absurde que sur le burlesque avec justesse, même si le manque de budget semble se faire sentir à quelques moments où la violence aurait pu être exagérée sans être pour autant grossière ou gratuite. Le ton global du film l’aurait permis.

Alors oui, Mega Time Squad n’est pas un grand film, pas une œuvre mémorable, mais il n’a pas l’audace ni la volonté de l’être. Comédie absurde et décomplexée, Mega Time Squad se révèle être une jolie petite surprise. Un film de potes très drôle grâce à une mise en scène aussi inspirée que dynamique. À cela on ajoutera un casting hilarant et un traitement des vfx (réalisés par le réalisateur lui-même) absolument magnifique. En ce sens, la performance du premier rôle tenu par Paul Trimmer est bluffante. S’il ne réussit pas à insuffler une personnalité unique à chaque “nouveau lui” à cause d’un scénario qui ne met pas l’accent sur cet élément, il est suffisamment à l’aise et naturel pour rendre chacune des situations naturelles alors qu’il est fondamentalement seul ou doit jouer plusieurs rôles pour un même plan, dialogue. Une très belle performance. Dommage que la direction artistique, la photographie et que le film ne soit pas doté d’une bande originale encore plus pop, ça aurait enjoliver une œuvre déjà maîtrisée et divertissante.



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