Made in Italy, Liam Neeson un acteur qui vous veut du bien

Synopsis : « Robert, artiste bohème londonien, revient en Italie avec son fils afin de vendre au plus vite la maison dont il a hérité de sa défunte épouse. »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Depuis 2008 et sa première incarnation de Bryan Mills, l’acteur britannique Liam Neeson est devenu l’ombre de lui-même. Enfermé dans un carcan de films d’actions insipides où il incarne des reproductions en tous points identiques au personnage écrit par Luc Besson et Robert Mark Kamen pour le film Taken, Liam Neeson écorne l’image de l’acteur charismatique qu’il a toujours été. Sam Raimi pour Darkman, Steven Spielberg pour La Liste de Schindler, Neil Jordan pour Michael Collins, Kathryn Bigelow pour K-19, Ridley Scott pour Kingdom of Heaven, Martin Scorsese pour Gangs of New York et Silence, ou encore Christopher Nolan pour Batman Begins. De grands cinéastes, de beaux projets et de belles incarnations. Liam Neeson est un acteur charismatique, qui impose une prestance tant par ce qu’il dégage physiquement, que par la manière dont il pose sa voix afin de dégager du caractère.

Si 2020 est une année assez morose en terme de découvertes cinématographiques pour le grand public français, elle aura été l’année qui aura permis aux spectateurs outre-Atlantique de redécouvrir Liam Neeson dans des rôles aux antipodes de ce à quoi il a pu nous habituer ces dernières années. Ordinary Love, paru en février 2020, puis, celui qui nous intéresse davantage ici, Made in Italy paru durant le mois d’août. Deux films aux antipodes l’un de l’autre, mais deux films qui permettent à l’acteur d’incarner de réels personnages. Des personnages tourmentés, qui doivent affronter un drame passé ou qui se dévoile à lui. Ordinary Love est une oeuvre qui s’affirme grâce à un travail formel singulier dont le soucis principal est de sublimer une mise en scène symbolique, ainsi que performance des deux acteurs principaux. Liam Neeson y incarne avec une justesse bouleversante un mari qui se retrouve du jour au lendemain à devoir supporter et aider amoureusement sa femme atteinte d’un cancer du sein. Une oeuvre bouleversante, car positive sans être complaisante. Chercher à sublimer chaque moment qu’ils passent ensemble, sans pour autant cacher ces moments douloureux qu’endurent la personne malade, mais également celui qui la supporte avec amour. Et ce, tout en restant positif afin de magnifier cet amour qui ne peut que durer malgré la maladie. Deux acteurs épatants et un rôle en or pour Liam Neeson.

Made in Italy est de son côté une oeuvre bien moins conceptuelle. Suite à la mort de la mère de famille, le père (artiste nomade en mal d’inspiration) et son fils (en plein divorce), se retrouvent en Italie afin de rénover la maison familiale. Comédie dramatique qui aborde le thème de la reconstruction après le deuil, Made in Italy est une oeuvre consensuelle. Si vous avez lu le synopsis, vous avez forcément déjà compris chaque engrenage qui compose l’histoire. Une histoire prévisible et sans la moindre originalité, car déjà lue, vue, entendue ou même vécue. Une oeuvre qui, même si pas créatives, embarque le spectateur grâce à la mise en scène de moments de vies anodins. Des moments que tout à chacun a déjà vécu ou pourra être amené à vivre. Ce qui permet une implication émotionnelle plus aisée, et, plus ou moins forte suivant le profil du spectateur. Néanmoins, c’est avec ce genre de proposition que l’on découvre qu’un long-métrage peut offrir un agréable moment de visionnage malgré une histoire connue d’avance. Une histoire peu inspirée, une mise en scène consensuelle peu enivrante, mais un décor qui va inculquer à l’oeuvre une ambiance douce, légère et mélancolique. L’Italie, et plus précisément la Toscane.

James D’Arcy (scénariste et metteur en scène du film) se repose énormément sur cette région de l’Italie afin de lui donner une réelle importance. Magnifier cette région et lui offrir l’hommage qu’elle mérite grâce de nombreux et magnifiques « establishing shot » (plans qui servent à situer l’action). De magnifiques panoramas sur la vallée, ainsi que sur une villa de caractère magnifiée par le coucher du soleil. Mais également quelques idées de mise en scène qui vont mettre en avant l’arrière-plan, quelques répliques qui vont également dans ce sens, ainsi qu’une ambiance solaire, douce et délicate. Ambiance que nous inspirent ces mêmes panoramas de la région. Une belle carte postale qui donne le goût de s’y plonger, de découvrir, d’y goûter. Si le film ne raconte rien de spectaculaire ou d’original, son histoire permet de faire transparaître des valeurs familiales que l’on imagine être celles de la région. Ce qui va, une nouvelle fois, embellir la région et inculquer au film une cohérence qui permet au spectateur de se laisser bercer le temps d’un visionnement.

Une histoire peu originale, des personnages peu attachants, mais une incarnation authentique d’un Liam Neeson qui semble prendre du plaisir. Si la mise en scène ne lui fait que trop peu honneur et ne lui laisse pas suffisamment de place afin qu’il inculque du caractère à son personnage, l’acteur britannique dégage un charisme incroyable. Sa voix, sa posture, Liam Neeson en impose et use de son charisme à bon escient pour son personnage et pour le film. Un charisme indéniable et un jeu communicatif qui va permettre au spectateur d’y croire, de ne pas avoir l’impression de voir un acteur réciter son texte. Une incarnation authentique qui fait du bien. Il est bon de voir un acteur de talent, user de ce même talent afin de délivrer des œuvres familiales. Singulières ou non. Des films perfectibles en bien des points, mais qu’il supporte et incarne à merveille, sans pour autant prendre toute la place. Là où le cinéma d’action se contente de mettre en scène « Liam Neeson pas content avec une arme ».


Disponible en vidéo à la demande sur le catalogue américain et canadien.

« Même si aussi original qu’une canicule en plein été, Made in Italy n’en demeure pas moins une belle et douce balade sur fond de d’émancipation face au deuil et à la tristesse. »

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