Lucky réalisé par John Carroll Lynch [Sortie de Séance Cinéma + Concours]

Synopsis : “Lucky est un vieux cow-boy solitaire. Il fume, fait des mots croisés et déambule dans une petite ville perdue au milieu du désert. Il passe ses journées à refaire le monde avec les habitants du coin. Il se rebelle contre tout et surtout contre le temps qui passe. Ses 90 ans passés l’entraînent dans une véritable quête spirituelle et poétique.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

CONCOURS

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Acteur que l’on a pu voir à maintes reprises au cinéma et plus particulièrement ces dernières années dans les films Jackie, Le Fondateur ou encore Ted 2, John Carroll Lynch s’improvise cette fois-ci réalisateur. Lucky, sa première réalisation donc, est un film dont on parle et dont on parlera non pas grâce ou à cause de la renommée de son réalisateur, mais bien grâce à son acteur principal: Harry Dean Stanton. Acteur de renom, connu pour avoir joué, notamment, dans des films comme Alien: le huitième passager, Paris, Texas ou encore Twin Peaks: Fire Walk With Me pour ne citer, Harry Dean Stanton c’est éteint en cette année 2017 à l’âge de 91 ans. Adressé avant tout aux cinéphiles, puisqu’il n’en demeure pas moins un film de niche (long-métrage indépendant hautement contemplatif et métaphorique), Lucky a pris une autre dimension suite à la disparition de son interprète principal. S’il était sur le papier intéressant pour ce qu’il proposait, ce long-métrage est devenu quelque chose d’autre. Autre que le western contemplatif vu par le regard d’un ancien Cow-boy qui n’a jamais su ou voulu accepter l’évolution des mœurs et de la société. Un véritable film testament, qui nous pousse à nous demander si Harry Dean Stanton n’avait pas de son vivant, vu ce film comme son ultime chevauchée en tant qu’acteur.

Des environnements arides dévoilés par des plans larges, des lieux quasiment déshumanisés à l’exception d’un bar où se retrouvent les quelques anciens de la ville et un protagoniste qui déambule avec flegme au milieu de ce désert. John Carroll Lynch, mais également Logan Sparks et Drago Sumonja tous deux co-scénaristes du film, usent des codes anoblis par le genre du western. Ne serait-ce que dans la façon dont sont filmés les décors, mais également dans le découpage et la mise en scène de la présentation de Lucky. Ce dernier est présenté tel un Cow-boy qui au sortir de son lit, enfile ses bottes, met son Stetson et range ses revolvers à sa taille. Sauf qu’ils ne font que jouer avec ces codes et vont chercher le rire et l’empathie immédiate en montrant un Cow-boy vieillissant qui au lieu de se préparer à aller capturer le bétail sauvage va fumer une cigarette, faire couler le café et faire son sport du matin. Passer du western sauvage et brutal au western flegmatique, contemplatif et poétique. Ce qu’il perd en intensité, le film Lucky le gagne en humanité. Un long-métrage hautement humain, qui développe un questionnement des plus pertinent sur l’avancée dans l’âge au travers d’un personnage qui sent la fin venir et va de ce fait, vouloir vivre ses derniers jours tels qu’il en a envie. S’il n’est pas question de la mort au sens premier du terme, elle est omniprésente à l’esprit des personnages. La mort physique ou mentale, mais également la mort des artistes et par conséquent, du cinéma.

Lucky est un film hautement métaphorique où chaque spectateur est libre de donner sa propre interprétation, non pas sur l’histoire à proprement parler (simple au possible et qui manque mine de rien d’enjeux véritables), mais sur les sous-entendus créés par les dialogues, la mise en scène et le casting. Des dialogues emplis de sous-entendus, dictés par des personnages qui ne sont autres que les doubles fictifs des artistes eux-mêmes. Harry Dean Stanton et David Lynch en tête. Les scènes de discussions dans le bar (lieu symbolique qui pourrait être interprété comme lien entre le temps de la diégèse et celui de la réalité) entre les deux sont en ce sens passionnantes. Deux amis, deux artistes chargés d’une quête. Quête spirituelle pour l’un alors que l’autre recherche sa tortue. Deux quêtes qui ne servent que de prétexte afin que le spectateur puisse y voir des allusions avec le monde du cinéma, avec cette société qui ne cesse d’évoluer et de se capitaliser aux dépens de ses valeurs artistiques. La sobriété de la mise en scène, la nonchalance des déplacements des personnages, ainsi que du montage extrêmement lent va dans ce sens, celui de prendre la société à contre-courant en élaborant un film lent.

Si son histoire n’est pas des plus passionnantes, Lucky est un film qui épanouit au travers des multiples interprétations que peuvent en donner les spectateurs. Au-delà de ça, il est malencontreusement devenu un film testament qui a gagné en intensité émotionnelle suite à la disparition de son acteur. Ce qui est étonnamment bénéfique à cette oeuvre dont certains choix de mise en scène et d’écriture (Lucky, un titre et nom de personnage évocateurs, comme si l’acteur parlait au travers de ce film et de ce personnage) font échos à la disparition de l’acteur. Les thématiques développées (disparition, solitude…) n’en paraissent que plus fortes et le personnage plus empathique, plus émouvant. Un personnage qui fait littéralement corps avec l’image et la personnalité de son interprète Harry Dean Stanton. S’il n’est pas un grand film, Lucky est indéniablement un beau film et devrait rapidement devenir une conclusion parfaite pour la carrière d’un acteur dont le nom et les qualités d’interprète devraient prospérer de génération en génération.

Édition collector disponible à l’achat sur la boutique en ligne du distributeur KMBO
Quelques Mots sur le Coffret Édition Collector

Au départ, il était question d’écrire un petit article afin de mettre en avant la sortie de cette édition collector du film Lucky. Finalement, pourquoi refaire un article dans lequel on serait contraint de se citer volontairement ou non. Vu il y a plus de six mois maintenant, notre avis sur le film réalisé par John Carroll Lynch n’a pas changé d’une bribe. On en garde un beau souvenir. On en conserve une lenteur, une nonchalance générale qui nous avait décontenancées, mais une nonchalance fondamentalement à l’image de son personnage. Un personnage touchant, attachant et positif même si à l’aube d’une mort que l’on peut voir comme physique ou simplement spirituelle. Ce personnage n’est autre que l’acteur Harry Dean Stanton lui-même qui, de par sa prestance et son aura, éclipse rapidement le personnage qu’il est sensé incarner. On aime Harry Dean Stanton dans cette œuvre aux allures de film testamentaire, mais qui nous permet de conserver en tête l’image de cet acteur de grand talent pouvant être mélancolique et à l’aube de la mort, mais d’un positivisme élégant et communicatif.

Cette édition collector 2 DVD du film Lucky rend parfaitement hommage à ce grand acteur au travers d’une pléthore de contenu. Si l’on apprécie évidemment les moments d’émotion avec les bonus titrés : “Harry Dean Stanton, dernière prise” et “Un mot de Harry Dean Stanton”, c’est avant tout la longue interview du cinéaste John Carroll Lynch et le documentaire inédit en France titré “Harry Dean Stanton : Partly Fiction, documentaire inédit de Sophie Huber” qui nous ont captivés. Riche et complet, ce documentaire revient sur la carrière et le caractère si humain et fondamentalement bienveillant de l’acteur Harry Dean Stanton, grand ami d’un certain David Lynch. Wim Wenders, Sam Shepard ou encore David Lynch apparaissent dans ce documentaire afin de parler de cet homme aux multiples facettes, dont vous (re)découvrirez les meilleures performances… notamment musicales ! Un film à part entière, peut-être même plus intéressant que le film lui-même que les fans ont certainement déjà vu à sa sortie en salles. Ne serait-ce que pour ce documentaire (fondamentalement classique dans sa construction, mais intéressant et suffisamment bien documenté pour captiver), cette édition mérite de figurer dans votre bibliothèque dédiée au septième art.

 

Détail du contenu de l’édition collector 2 DVD:
  • Harry Dean Stanton : Partly Fiction, documentaire inédit de Sophie Huber, 2013 (77 min)
  • Interview John Carroll Lynch (49 min)
  • Making of
  • Harry Dean Stanton, dernière prise
  • Un mot de Harry Dean Stanton
  • Galerie de photographies du tournage
  • Bande annonce

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