[Critique] Locke réalisé par Steven Knight

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“Ivan Locke a tout pour être heureux : une famille unie, un job de rêve… Mais la veille de ce qui devrait être le couronnement de sa carrière, un coup de téléphone fait tout basculer…”

Seconde réalisation signée Steven Knight après le surprenant et plaisant Crazy Joe, qui permettait à Jason Statham de s’extirper d’une succession de navets qui commençait à devenir aussi imposante que sa filmographie, Locke sonne comme un retour à la nature pour le réalisateur britannique. Tourné en seulement sept nuits entre 21 heures et 4 heures du matin, ce nouveau long-métrage est un exercice de style singulier comme on n’oserait pas en réaliser puisqu’il repose intégralement sur son seul protagoniste à l’écran et par conséquent, sont acteur principal : Tom Hardy. Simple contremaître, Ivan Locke pensait vivre une journée comme les autres, mais un simple coup de téléphone va lui changer la vie. Décidé à effectuer une tâche particulière en débit des conséquences que cela pourrait avoir, Ivan Locke va devoir affronter, mais surtout accepter les conséquences de son choix qui peuvent paraître logiques, mais qui au final vont littéralement changer son futur. Au-delà des simples thèmes moraux et rationnels que peut aborder le film, Locke est un avant tout un huit clos haletant qui joue habilement avec le ci-peu d’éléments présents à l’écran comme hors du champ.

Comme le souligne particulièrement bien sa scène d’introduction, le premier élément perturbateur de ce film n’est autre que la BMW X5 que possède Ivan Locke. En dehors du fait que cette voiture prouve que le personnage a un futur tout tracé et un métier qui lui permet de vivre confortablement, c’est ce moyen de transport qui va conduire Ivan Locke vers un destin qu’il n’aurait peut-être pas osé imaginer. Avant même de présenter le personnage, on nous présente sa vie d’antan et les éléments qui vont faire en sorte que le destin d’Ivan Locke s’assombrisse ou s’obscurcisse suivant les avis. Son lieu de travail, le chemin qui va le mener à sa voiture, les affaires qu’il y met, puis la mise en fonctionnement de cette voiture qui prend littéralement vie devant nos yeux, avant de finir avec un focus sur le GPS. Le plan dure quelques secondes, mais il est évocateur de l’écriture méticuleuse signée Steven Knight, qui a eu l’intelligence d’utiliser la technologie pour montrer que cette voiture n’est pas simplement un objet, mais bien un personnage qui prend vie, un personnage qui va venir troubler Ivan Locke et son futur.

Porté par l’envie de retranscrire à l’écran les conséquences émotionnelles auxquels tout être humain peut faire face à un moment de sa vie pour une raison ou pour une autre, le film a le panache de ne jamais être moralisateur envers le spectateur qui peut se retrouver au travers du protagoniste ou même envers les choix effectués par les différents personnages. Le spectateur en reste pantois, étonné et interloqué, mais surtout ravi. Suffisamment inspirés et effectués en cohérence l’un à l’autre, le scénario et la réalisation jouent habilement ensemble afin que les émotions ressenties par le protagoniste soient partagées avec le spectateur dans le but que ce dernier puisse être heureux si ce dernier l’est ou au contraire malheureux. Locke a beau se dérouler intégralement dans une voiture et dans un environnement sombre, il n’en reste pas moins un film qui possède de véritables qualités artistiques. Éclairé par les phares des autres voitures, les luminaires de la ville ou le tableau de bord de son véhicule, Ivan Locke reste en permanence dans la lumière avec des plans judicieux qui mettent en avant les qualités du brillant interprète qu’est Tom Hardy. Rythmé par ses pulsions et ses réactions plus au moins virulentes, l’acteur britannique se transcende et en profite pour donner corps au film. C’était sans compter sur les seconds rôles, qui malgré leurs non-présences physiques, réussissent de par leurs interprétations vocales à faire oublier cette absence physique et à pousser le spectateur à leur donner un corps pour les imaginer et imaginer leurs réactions.

Fausse expérience, mais véritable exercice de style, Locke est un huit-clos haletant, qui grâce à l’écriture de Steven Knight et à la remarquable interprétation de Tom Hardy, arrive à maintenir le spectateur en haleine et sous tension durant son heure trente. Malgré des cadres redondants (huit caméras placées sur la voiture), une durée qui aurait pu être écourtée, une bande sonore qui manque de soubresauts et une histoire qui se penche légèrement trop sur la vie professionnelle au détriment de sa vie personnelle, Locke reste prenant et passionnant. Comme quoi, avec seulement un budget de moins de deux millions de dollars, sept petites nuits de tournage et une histoire sans prétention, on peut espérer avoir un film qui possède de véritables qualités cinématographiques sans pour autant proposer des explosions chaque minute.

3.5

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