Le Sens de la Fête réalisé par Eric Toledano et Olivier Nakache [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l’orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie… Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu’à l’aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête. “


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Éric Toledano et Olivier Nakache, deux noms qui ne résonnent pas forcément dans la tête du grand public, mais à qui l’on doit un film dont ils se souviennent tous : Intouchables. Plus qu’un simple film, Intouchables un véritable phénomène des années 2010. Un film connu de tous, même si pas forcément vu par tous. Même si loin d’être brillant ou parfaitement maîtrisé et intéressant sur le plan cinématographique, se dégage de ce film une bienveillance et une bonne humeur communicative. L’interprète principal, Omar Sy, n’en était pas pour rien, mais un acteur ne fait pas tout. Un scénario et une mise en scène cohérente et suffisamment bien travaillés pour permettre au film d’être beau, touchant et ne pas sombrer dans le pathos alors que le sujet avait tout pour. C’était déjà le cas de leurs premières réalisations : Je préfère qu’on reste amis, Nos Jours Heureux et Tellement Proches. Après un Samba plus bancal, car trop ambitieux et trop proche du film Intouchables dans son fond (faire une critique de la société actuelle sans pour autant délaisser l’humour), le duo français revient avec Le Sens de la Fête. Un film énigmatique, dont la bande-annonce et les quelques images ne laissent rien deviner quant à la volonté première des réalisateurs. Ce cacherait-il derrière ce titre, qui veut tout et ne rien dire à la fois, le renouveau du duo Éric Toledano et Olivier Nakache ?

Un rôle insupportablement attachant qui va à ravir à Gilles Lellouche !

Aucunement, mais il se cache bel et bien une œuvre de cinéma qui démontre que les réalisateurs cherchent à évoluer avec leur temps, suivant l’évolution du cinéma populaire. Là est peut-être bien l’atout comme le problème principal du film. Le Sens de la Fête conte l’histoire d’un traiteur autoritaire et organisé, qui va être embauché pour sublimer un mariage, où tout ne va pas se dérouler comme prévu. Un synopsis fleuve, le synopsis d’un film concept ressemblant à s’y méprendre à celui d’un Birdman. A l’instar du scénariste de ce dernier, le duo Nakache/Toledano sait écrire et comment introduire, développer et utiliser avec malice les nombreux personnages qu’exploite l’histoire. Des personnages hauts en couleur (excellents Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche et Vincent Macaigne) qui ne sont pas que de simples faire-valoir. Rapprochant par conséquent ce film concept d’un film choral avec son lot de personnages qui, toucheront ou ne toucheront pas, suivant le caractère de chaque spectateur. Film concept où, après une séquence d’introduction très rapide, le spectateur va suivre et découvrir la désorganisation du mariage. Un lieu, une nuit, une équipe. Pas de temps réel, mais une réelle continuité et une envie de faire se dérouler les actions sur un laps de temps réduit permettant une meilleure immersion du spectateur. La réalisation majoritairement basée sur la technique du plan-séquence, caméra à l’épaule, très proche des personnages et à hauteur d’homme est en parfaite harmonie avec cette volonté qui prône l’immersion et le dynamisme.

Le film a du rythme. Il est dynamique et pêchu, à l’image de cette brigade qui se plie en douze pour que tout fonctionne au mieux, et à l’image de ce traiteur, véritable chef d’orchestre de la soirée. La corrélation avec Whiplash est forcée, tout comme celle avec Birdman. Cependant, ça fonctionne et même si le film ne surprend pas sur le plan scénaristique et s’avère même assez faible à ce niveau, il emporte le spectateur et lui permet de passer une agréable heure et cinquante-sept minutes… tout de même ! C’est paradoxal, car même si formellement de qualité et cohérent dans son ensemble (mise en scène, réalisation et scénario conceptuel), le film Le Sens de la Fête laisse finalement perplexe. Comme une impression de déjà-vu, l’impression que le duo Nakache/Toledano a été pioché des idées déjà exploitées ces trois dernières années pour les utiliser à nouveau. Et ce, sans pour autant innover ou chercher à innover. Ce qui était “novateur” et conceptuel à une certaine époque (même si c’était il y a un ou deux ans), ne l’est plus aujourd’hui puisque déjà fait.

Le Sens de la Fête c’est la rencontre entre Whiplash, Birdman et Intouchables. C’est un beau film, un film humain, bienveillant et entraînant. Un film dont on sort de la projection avec le sourire, sans pour autant en conserver un souvenir impérissable. Le cinéma populaire a du bon par moment. Le Sens de la Fête est un bon film populaire, pouvant plaire à tous, car très accessible et divertissant, mais il pourrait néanmoins laisser un goût amer à certains…

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1 commentaire sur “Le Sens de la Fête réalisé par Eric Toledano et Olivier Nakache [Sortie de Séance Cinéma]

  1. Ce film est une pure merveille ! Rythmé, touchant, au scénario original (le milieu de la restauration est peu souvent traité, et encore plus rarement sous cet aspect “mise en scène”), les comédiens sont tous hyper justes, la photographie est magnifique. Je l’ai largement préféré à Intouchables, que j’ai trouvé pour le coup, facile, et déjà-vu (confrontation des milieux sociaux, très Coline Serreau dans le genre).

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