Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur réalisé par Guy Ritchie [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Jeune homme futé, Arthur tient les faubourgs de Londonium avec sa bande, sans soupçonner le destin qui l’attend – jusqu’au jour où il s’empare de l’épée Excalibur et se saisit, dans le même temps, de son avenir. Mis au défi par le pouvoir du glaive, Arthur est aussitôt contraint de faire des choix difficiles. Rejoignant la Résistance et une mystérieuse jeune femme du nom de Guenièvre, il doit apprendre à maîtriser l’épée, à surmonter ses démons intérieurs et à unir le peuple pour vaincre le tyran Vortigern, qui a dérobé sa couronne et assassiné ses parents – et, enfin, accéder au trône…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Guy Ritchie a renouvelé le film d’action, souvenez-vous de sa relecture de Sherlock Holmes. L’impatience se dispute au plaisir de voir comment il va traiter la mythologie arthurienne. Le choix de Charlie Hunnam, acteur au parcours quasi sans faute depuis le début (de Queer as Folk à Pacific Rim) est une riche idée. Réelle envie portée par le trailer : ambiance sombre, léger goût de Seigneur des anneaux et musique dantesque. Une bande originale signée par Daniel Pemberton : incroyable ! Il faut reconnaître un talent à Guy Ritchie, celui de la fidélité. Après les Sherlock et le mésestimé Agents très spéciaux (U.N.C.L.E), Pemberton signe ici un score impeccable où les guitares se frayent un chemin dans le folklore traditionnel. L’enrobage est magnifique : un écrin merveilleux pour permettre au film de se perdre avec délice dans des envolées lyriques. Guy Ritchie, coauteur du scénario, ne cherche pas la véracité par rapport au mythe des chevaliers de la Table Ronde. Il écrit une “origin story” faisant ce qu’il veut avec le mythe. Il le triture, le torture et installe ses personnages pour créer sa saga digne d’une heroic fantasy. Les dialogues sont épurés puisque l’ambiance permettra de comprendre simplement l’histoire. Mais est-ce suffisant ?

Il a l’air si inoffensif !

Vous vous doutez qu’en posant la question, la réponse est “pas totalement”. Soyons clair : les personnages sont bien dessinés (on appréciera les clins d’oeil : Guy Ritchie en caméo et surtout David Beckham !). Des contours dégrossis même si on ne sait pas tout des tenants et des aboutissants. Pourquoi Arthur est-il suivi par une troupe dès qu’il retire Excalibur ? Que cherche véritablement la mage (parfaite Astrid Berges-Frisbey) ? On espère une suite qui risque d’être compliquée à réaliser face au four retentissant du film aux USA. Et pourtant quel spectacle ! Des effets visuels éprouvés dans les Sherlock pour lesquels Guy Ritchie pousse le curseur au maximum. Des scènes d’action grandioses et une narration fluide. Si l’on comprend l’importance d’Excalibur dans l’histoire d’Arthur et la naissance de son destin, c’est mou. Étonnant me direz-vous, mais ces scènes d’action grandioses sont finalement bridées par les moments de narration qui viennent casser le rythme. Trop de lenteur, d’ellipses inutiles. Guy Ritchie prend le temps d’installer son univers mais à trop le prendre, il perd par moment le spectateur. Et c’est là que le bât blesse ! Son Roi Arthur bande mou par moment (si vous me permettez l’expression) alors que tous les ingrédients sont là !

En résumé, une bande originale épatante, des images bluffantes et un sens de l’esthétique poussé à son maximum. Guy Ritchie filme son Roi Arthur avec sa folie habituelle, s’embarrasse moins des dialogues pour des visions oniriques et fantastiques de l’histoire mais le rythme n’est pas continu. Et malgré un casting incroyable et de vrais morceaux de bravoure, le film est noyé dans une narration qui prend (trop) son temps.

[usr 3,5]


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