Le Fidèle réalisé par Michaël R. Roskam [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Lorsque Gino rencontre Bénédicte, c’est la passion. Totale. Incandescente. Mais Gino a un secret. De ceux qui mettent votre vie et votre entourage en danger. Alors Gino et Bénédicte vont devoir se battre envers et contre tous, contre la raison et contre leurs propres failles pour pouvoir rester fidèles à leur amour.


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Après les surprenants Bullhead (nommé pour l’Oscar du film étranger en 2013) et sa première incursion américaine avec Quand vient la nuit, Michaël R. Roskam revient dans sa Belgique pour filmer deux êtres qui vont se désirer, s’aimer malgré leurs différences et surtout le danger qui les entourent. D’un côté, Bénédicte dite Bibi est pilote de courses automobiles où elle met sans cesse sa vie en jeu. De l’autre, Gino dit Gigi, qui est un braqueur de banques, enfant ballotté de foyer en foyer face à la violence de ses parents (la scène d’ouverture n’en est que plus frappante). En découpant son film en trois parties (là il n’y a aucun spoiler), le réalisateur nous permet de nous concentrer sur Gigi puis Bibi et sur le final surprenant, voire déstabilisant. En découpant son film en trois parties, il permet aussi de nous attacher aux personnages notamment à celui de Gigi qui est un braqueur de banques, une petite frappe au grand cœur (et cette fois, ce n’est pas schématique, et il faut reconnaître que le côté badboy grand cœur de Matthias Schoenaerts n’est pas de trop pour vous faire fondre). Et ensuite, Bibi (portée avec passion par Adèle Exarchopoulos) prend le relais pour imposer sa force et son amour dans sa partie en soutien à Gigi.

Trois parties, trois morceaux pour une histoire linéaire, mais où les masques tombent au fur et à mesure (en ce sens, je vous conseille d’essayer de faire abstraction de la bande-annonce qui révèle un pan de l’intrigue). Trois ensembles qui proposent aussi de s’interroger aux entourages des personnages et qui permettent de réellement peser les enjeux d’une telle histoire basique d’une femme et d’un homme qui s’aiment sur fond de braquages. Et ces trois parties renforcent aussi les gueules d’acteurs qui composent les amis, les ennemis et l’entourage de Bibi et Gigi tels que Jean-Benoît UgeuxNabil Missoumi et Kerem Can. Ou encore la surprenante Nathalie Van Tongelen et Thomas Coumans.

De même, ces trois parties offrent des morceaux de bravoure aux deux héros : Matthias Schoenaerts se révèle de nouveau investi et habité tout en gardant un côté tendre et attachant. Face à lui, Adèle Exarchopoulos est investie, fonceuse et en même temps amoureuse. Les fragilités de l’amour qu’elle porte à Bibi font écho à la puissance et la force dont elle fait preuve dans les courses automobiles (saviez-vous qu’elle avait dû passer son permis pour conduire les voitures dans le film ? Elle a une maîtrise juste incroyable du volant). Cependant, le film n’est pas exempt de quelques scories : l’histoire est une révision d’un Roméo et Juliette où l’entourage sera un blocage pour permettre que Bibi et Gigi soient pleinement heureux. Il y a donc quelques passages obligés qui auraient pu être évités et ainsi proposer une histoire un peu plus ramassée qui aurait renforcé ce côté « nerveux et urgence de vivre ». Enfin, il reste cette troisième partie qui emmène le film ailleurs : elle est à la fois étonnante, dure et surprenante (sans rien vous révéler, cet ensemble est tendu, nerveux et vous procurera des émotions très différentes : de l’amour, de la tension, de l’émotion et de la peur voire du dégoût). Son final va vous surprendre pour vous permettre surtout de comprendre le titre de Fidèle dont hérite Gino même s’il peut être offert à Bibi… le final inattendu vous permettra surtout de comprendre que le fidèle est surtout l’amour que se portent les deux personnages principaux. Et promis, il n’y a aucun spoiler !

En résumé, un film nerveux avec cette rage au ventre de vivre sans cesse sur le fil, de vivre dans l’urgence car le temps est compté. Portée par les interprétations habitées d’Adèle Exarchopoulos et Matthias Schoenaerts, l’histoire bénéficie également d’un casting de gueules à l’unisson. En ramassant un peu son histoire, le film aurait gagné en intensité pour amener ce final surprenant qui pourra désarçonner.

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.

[usr 3,5]


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