Le Bon Gros Géant (Critique | 2016) réalisé par Steven Spielberg

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Synopsis : “Le Bon Gros Géant ne ressemble pas du tout aux autres habitants du Pays des Géants. Il mesure plus de 7 mètres de haut et possède de grandes oreilles et un odorat très fin. Il n’est pas très malin mais tout à fait adorable, et assez secret. Les géants comme le Buveur de sang et l’Avaleur de chair fraîche, sont deux fois plus grands que lui et aux moins deux fois plus effrayants, et en plus, ils mangent les humains. Le BGG, lui, préfère les schnockombres et la frambouille. À son arrivée au Pays des Géants, la petite Sophie, une enfant précoce de 10 ans qui habite Londres, a d’abord peur de ce mystérieux géant qui l’a emmenée dans sa grotte, mais elle va vite se rendre compte qu’il est très gentil. Comme elle n’a encore jamais vu de géant, elle a beaucoup de questions à lui poser.”

Il va avoir 70 ans en cette année 2016, mais il semble ne pas vouloir prendre un temps de repos. Ça tombe bien, chaque nouveau projet, aussi ambitieux soient-ils, nous donne cruellement envie d’en voir de nouveau. Steven Spielberg fait partie de ces quelques réalisateurs que l’on n’a plus besoin de présenter. Il nous a fait vibrer, pleurer et nous a émerveillés plus d’une fois. Ce qui fait de ce réalisateur, un metteur en scène hors pair et un cinéaste complet, voire hors norme, n’est autre que sa capacité à passer d’un genre à l’autre. Du thriller à la comédie, en passant par le cinéma de science-fiction. Ce ne sont plus les grands écarts qui lui font peur et c’est ce qui nous fait tant aimer son cinéma. Quelques mois à peine après la sortie du thriller Le Pont des Espions, Steven Spielberg est de retour en cet été 2016 avec un film littéralement différent. Un film familial, une comédie estivale nommée Le Bon Gros Géant. Après Charlie et la Chocolaterie, Matilda ou encore Fantastic Mr Fox, l’auteur anglais Roald Dahl voit une nouvelle fois, une de ses œuvres littéraires être adaptée au cinéma. Pour le meilleur et pour le pire ?

Présenté Hors Compétition durant la 69e édition du Festival de Cannes, Le Bon Gros Géant n’avait pas reçu les louages tant habituelles à un film réalisé par Steven Spielberg. Un nouveau Steven Spielberg c’est une attente folle, une attente si démesurée que beaucoup sont finalement déçus même s’il en reste un film de qualité. Difficile de savoir ce que chacun pouvait attendre venant de cette nouvelle œuvre, mais malgré des défauts dont nous allons parler, il en reste bel et bien une nouvelle œuvre cinématographique généreuse où l’émerveillement est garanti. Le Bon Gros Géant est sur le papier, à l’instar de Charlie et la Chocolaterie par exemple, un film pour enfant aux sous-textes et à l’ambiance assez sombre. Il va être question de discrimination par exemple, mais bien souvent cette ambiance se voit aseptisée au cinéma afin d’offrir un spectacle grand public. Le Bon Gros Géant aurait pu, et aurait mérité d’être un film plus violent. Mais pas violent au sens physique du terme. Son histoire lui permet d’explorer, de survoler en l’occurrence, diverses thématiques. Thématiques souvent rudes (le rejet des autres qui engendre la solitude, la discrimination verbale et physique…), mais nécessaires et qu’il est qui plus est nécessaire d’aborder avec un public plus jeune. Malheureusement, ces questions vont être ici simplement suggérées et laissées en arrière-plan derrière la couche poétique et merveilleuse transcrite par la direction artistique et la mise en scène de Steven Spielberg.

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Son introduction au cœur d’une ville de Londres endormie reflète le symptôme principal de ce long-métrage. Pendant quelques courtes minutes, Steven Spielberg nous fait croire à quelque chose, crée une ambiance sombre presque angoissante. Cependant, ce n’est qu’une impression et cette tension va très – trop – rapidement s’estomper afin de laisser place à l’enchantement. La petite Sophie va être transportée dans le monde des géants. Un monde à l’opposé du sien, du nôtre. Un monde où tout est immense, vaste et chatoyant. C’est le monde des rêves, mais dans lequel subsistent de méchants géants. Encore une fois, c’est l’émerveillement qui va être ici primordial. Les méchants de l’histoire n’ont rien de méchant ou d’effrayant malgré des actes destructeurs de leurs parts. À l’image du film dans sa globalité, ils paraissent trop gentils pour effrayer. Le scénario va avant tout chercher à les décrédibiliser, chercher le comique dans chacune des situations afin de faire sourire avant de faire peur. Un choix artistique, mais qui va amputer le film et donner aux spectateurs l’impression que Le Bon Gros Géant est un film enfantin, qui a peur de faire peur. Ridiculiser un méchant, c’est permettre d’outrepasser la peur, c’est ce que l’on fait généralement pour redonner le sourire à un enfant apeuré. De ce fait, le monde des géants va également perdre en charme puisque ceux qui sont censés représenter la peur s’avèrent plus ridicules qu’autre chose.

Alors oui, Le Bon Gros Géant est un film très enfantin à cause d’un récit dont l’axe principal n’est autre que l’émerveillement, représenté ici par le monde des géants, ainsi que tout le propos établit autour du rêve. Steven Spielberg en oublie le reste, en oublie également d’offrir à ses personnages de véritables personnalités, des personnalités attachantes et originales. Ce que Sophie, le BGG ou encore tous les autres personnages ne sont pas, à défaut d’être touchants malgré tout. Mais il reste un metteur en scène de génie, qui nous le prouve une nouvelle et énième fois. Nouveau roi de la motion capture, il joue avec les formes, joue avec les lignes de fuite créées par ses superbes cadres et joue avec les proportions de ses personnages, ainsi que des environnements pour nous offrir un spectacle visuel majestueux. C’est beau, c’est magnifique. On en vient au point où la mise en scène va à elle seule porter le film et sauver un scénario sans relief. La direction artistique chatoyante, ainsi que les superbes envolées musicales vont corréler et faire en sorte que ce Bon Gros Géant soit une aventure poétique pour enfants et grands enfants. Le cinéma, c’est avant tout l’alliance du son et de l’image, l’alliance de deux grands noms que sont Steven Spielberg et John Williams. Ils se connaissent, se comprennent et allient leurs arts respectifs pour ne faire qu’un et donner à une œuvre une ambiance, une atmosphère qui transportera les spectateurs.


En Conclusion :

Steven Spielberg est un conteur et aime raconter de belles histoires.  C’est littéralement ce qu’il fait avec ce film : Le Bon Gros Géant. Le BGG incarné par Mark Rylance et Steven Spielberg mènent le même combat, à savoir, celui d’un homme qui va aller à contre-courant de ce qu’il devrait être. On attend de Steven Spielberg de grands films, des films complets et instantanément cultes et sert avec Le Bon Gros Géant un “simple”, bon et beau divertissement familial. À l’instar du BGG qui de par son aspect de géant disproportionné, nous paraît effrayant au premier abord, mais n’est en réalité qu’un homme loyal et gentil rejeté par les siens. Le Bon Gros Géant est un divertissement familial, qui aurait pu être plus grand et plus beau s’il avait eu un scénario moins édulcoré, mais qui n’en reste pas moins de qualité. Il est beau, charmant et poétique. La direction artistique et la bande originale viennent magnifier une mise en scène inspirée par l’envie d’émerveiller. L’émerveillement est au rendez-vous et nous transporte pendant 2 heures durant au travers d’un beau voyage dont il ne nous restera en souvenir quelques beaux plans et moments à défaut d’un grand film.

[usr 3.5]


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