La Tour Sombre, honnête divertissement ou immense gâchis ?

Synopsis : “Le dernier Pistolero, Roland Deschain, est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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La Tour Sombre, divertissement honnête ?...
par @Manu_Calafiore

L’été des blockbusters aura donc été décevant : si La Planète des Singes – Suprématie est le film intelligent à retenir, Dunkerque aura divisé alors que Baby Driver n’aura pas rencontré le succès escompté. Et le reste des sorties n’aura pas fait d’étincelles (Moi, moche et méchant 3Cars 3Valérian ou encore le reboot-sequel-prequel Spider-Man : Homecoming). Voici donc que se profile l’adaptation de La Tour Sombre de Stephen King, soit une saga de huit tomes résumée en 1h30. Vous avez bien lu : 1h30… imaginez un peu le potentiel perdu et la matière des romans condensés en 1h30. Longtemps, cette Tour Sombre fut l’Arlésienne : l’adapter au cinéma, en série télé ? Porté par Hugh Jackman, Daniel Craig ou encore Javier Bardem. Et finalement, c’est à Idris Elba et Matthew McConaughey que reviennent l’insigne honneur d’incarner le Pistolero et l’Homme en noir sous la caméra de Nicolaj Arcel (réalisateur danois de talent : l’adaptation de Millenium et surtout et Royal Affair, ainsi que les scénarios des enquêtes du Département V ).

Le cadre est posé avec tous les aléas possibles du plantage assuré. Résumons un peu : 1h30 pour huit tomes. Ajoutez à cela un mix entre western et science-fiction (coucou Cowboys et envahisseurs). Ainsi qu’une adaptation maudite tant, elle aurait pu voir le jour depuis des années. Et enfin des premiers retours critiques américains qui descendent l’adaptation en flèche. Ne vous faisons pas languir davantage : non La Tour Sombre n’est pas la purge attendue, mais n’en devient pas le blockbuster de l’été, ni de l’année. Cette adaptation est rythmée, installe et pose les personnages de belle façon, mais les enjeux dramatiques ou encore le passé des protagonistes ne sont pas clairement établis. Pour être honnête, si le film propose une vision intéressante des différents mondes et univers que doit protéger la Tour, tout semble déjà vu et revu. Les univers créés piochent autant chez les adaptations de Tolkien par Peter Jackson que celle des aventures de Miss Peregrine par Tim Burton.

Sorte de Seigneur des Anneaux plus réel, car ancré définitivement dans notre monde, cette Tour Sombre manque simplement d’une vision à long terme. Si l’on peut apprécier et remercier Nicolaj Arcel de proposer un final haletant au suspens loin d’être poussif. On pourra regretter le manque d’un cliffhanger qui aurait permis de croire à une suite potentielle. Ici, le réalisateur propose juste ce qu’il faut pour passer un bon moment, mais pas la création d’une saga. C’est donc là que le bât blesse : à la fois le film est condensé et se suffit à lui-même, mais il frustrera les fans de la saga de Stephen King. La raison principale étant que les personnages sont dessinés sommairement : les visions de Jake ont une raison, mais laquelle ? La disparition de son père est liée à l’Homme en noir, mais pourquoi ? Le pistolero se lie facilement trop vite avec Jake sans que leur relation d’amitié et de respect se construisent, privant sans doute de moments dramatiques qui auraient émaillé le récit de la plus belle des façons. Mais pourtant, on passe un moment des plus agréables sans être totalement épaté. Le réalisateur adapte convenablement l’histoire, mais n’arrive sans doute pas à imposer sa réelle vision. Dommage bien que plus long, le film serait devenu indigeste.

En résumé, ni la purge annoncée, ni le blockbuster impeccable, La Tour Sombre se laisse regarder. L’histoire est crédible et rythmée, et si Matthew McConaughey cabotine beaucoup trop, Idris Elba est encore une fois la raison de découvrir ce film. Sympathique sans plus…

[usr 2,5]

...ou immense gâchis ?
par @Kev44600

Dans le monde du jeu vidéo, si l’on cherchait une comparaison logique, l’on comparerait La Tour Sombre avec Duke Nukem Forever ou encore The Last Guardian. Deux œuvres vidéoludiques qui auront mis plus de dix ans après leur annonce respective, à paraître en boutiques. À l’instar de ces dernières, il aura fallût précisément dix ans au film La Tour Sombre pour débarquer sur les écrans internationaux. Le projet a changé mille et une fois, n’a cessé d’évoluer, mais est aujourd’hui ce qu’il est : un film sans saveur. Tel qu’il a pu être dit précédemment, La Tour Sombre est un film qui se laisse regarder. Le dynamisme du montage et de la mise en scène avec ses personnages sans cesse en mouvement fait en sorte que le spectateur ne ressente pas la lourdeur de chaque minute qui s’écoule. L’ennui ne pointe pas le bout de son nez, mais le spectateur assidu et habitué au cinéma prendra cependant le temps de bien analyser chaque plan et chaque problème que compte l’œuvre dans son intégralité. Un véritable régal pour tout cinéphile et cinéaste en herbe qui cherche la réponse à la question : “Comment faire un bon film ?”. Sans pour autant répondre à la question, le visionnage du long-métrage La Tour Sombre offre une multitude d’exemples à ne pas reproduire, à commencer par l’étude du cadrage et la bonne réalisation d’un découpage.

Nicolaj Arcel, réalisateur danois habituellement de talent, passent du coq à l’âne, du plan stylisé cherchant à iconiser ses personnages, aux plans incompréhensibles sur tous les aspects possibles et imaginaux. De la contre-plongée inutile, par exemple, au choix de focale sans apport, sans omettre une échelle qui ne va pas au-delà du plan américain (subsistes trois ou quatre plans larges…), Nicolaj Arcel prouve avec le travail réalisé par ce film qu’il n’a été pour les producteurs qu’un simple “Yes Man”. Lorsqu’on prépare son film, on pense chaque plan, chaque axe de caméra, chaque mouvement pour que ces derniers aient une valeur et un intérêt. Mettre en avant un élément de mise en scène, amplifier une émotion, apporter du dynamisme… Nicolaj Arcel le sait et l’a prouvé durant sa carrière, mais n’en fait rien. Ce dernier ne semble pas avoir eu une once de liberté et dévoile une œuvre à la réalisation insipide, dénuée de recherches (défaut que l’on peut étendre jusqu’à la direction artistique et le choix des décors), et où les plans s’enchaînent un à un simplement dans le but de faire avancer l’histoire. Nicolaj Arcel n’était cependant pas ailleurs peut-être pas l’homme de la situation. Un jeune réalisateur ambitieux -ou jeune réalisatrice ambitieuse- aurait pu se faire la main et donner à ce film le style visuel nécessaire et faire de ses personnages des icônes dignes de ce nom. Prise de position et choix que n’auraient bien évidement pas fait des producteurs pour une telle adaptation, car il faut vendre, alors que paradoxalement ce n’est pas sur le nom Nicolaj Arcel que va se vendre un film.

La Tour Sombre est un film qui aurait mérité du sang frais, une vision jeune et moderne, parce qu’il y a du potentiel. Un potentiel qui transparaît plan après plan, scène après scène. Tant dans ses personnages, dans leurs caractérisations respectives et les liaisons qu’ils peuvent entretenir, que dans l’univers riche et immense ici développé. Le potentiel est présent et rend le visionnage encore plus frustrant. Certains choix scénaristiques sont osés (merci Stephen King…) et les acteurs/actrices ont chacun et chacune un charisme indéniable renforçant l’immersion du spectateur et la crédibilité du spectacle qui leur est offert. De plus, le traitement sous-jacent de l’art et de l’artiste incompris par le monde d’aujourd’hui comme hier est suffisamment bien amené et distillé pour toucher sans apparaître comme forcé. Ce n’est pas qu’un simple divertissement, il possède quelque chose enfoui en lui, mais devant ces éléments réside “un beau tas de merde” comme dirait l’autre. Réalisation insipide, cadrage incompréhensible, découpage improbable (à en croire que le tournage c’est fait sans découpage technique ou travail en amont), mise en scène inégale, direction artistique beaucoup trop sombre et une bande originale bruyante, assourdissante. Délicat de le défendre après ça, même si… La Tour Sombre est bien le premier film dont on a envie de dire en sortant de la projection : “À quand le remake ?”.

[usr 1,5]


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