La Musique au Cinéma – Introduction [Chronique | Musique de Films]

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La musique possède une place prédominante au cinéma et elle l’a toujours possédée. Peu après la création des projections en public, des sons, bruitages et musiques accompagnaient la diffusion des films. Le cinéma n’est devenu sonore que progressivement grâce à diverses inventions telles que le Chronophone, le Vitaphone ou encore l’expérimentation par les Frères Warner, d’un nouveau système sonore qui portait le nom de Vitasound. On peu même remonter avant les inventions de ces appareils et parler de l’utilisation de piano pour accompagner et rythmer l’action qui se déroule à l’écran. Musiques jouées au piano, souvent accompagnées par un Bonimenteur, présent dans la salle pour déclamer en direct les paroles des personnages inscrites sur les panneaux, entrecoupant les plans du film. Le cinéma est par la suite devenu parlant grâce à l’instauration du mixage sonore. Citizen Kane et Le Dictateur font parti des films, devenus aujourd’hui cultes, qui ont marqué le passage de l’ère du cinéma muet au cinéma parlant.

On généralise et on grossi volontairement le trait, puisque l’objectif ici n’est pas de faire un cours magistral sur le passage du cinéma muet au cinéma parlant. Pour le coup, je ne suis pas suffisamment connaisseur sur le sujet pour m’estimer capable d’enseigner quoi que ce soit. Cependant, la musique de films est un art à part entière et qui mérite que l’on en parle. Le cinéma a toujours été un art global réunissant l’image et le son. Pourtant, mis à part les cinéphiles et musiciens, le grand public porte plus aisément et naturellement attention à l’image qu’au son d’un film. Son mixage sonore ou encore les compositions qui ornementent les images sont en retrait et viennent embellir ces dernières. Et non pas l’inverse. C’est la musique qui est au service de l’image et non pas l’image qui est au service de la musique dans la conscience collective. Cependant, sans le son et le travail de compositeurs et mixeurs plus ou moins talentueux, les films ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui pour la majorité. Le son embelli l’image et en décuple toutes ses forces par plusieurs procédés.



Exemple de bande sonore originale et pas des moindres, qui revient généralement assez aisément dans la conscience des spectateurs, va être celui de la score composée par Howard Shore pour la trilogie du Seigneur des Anneaux réalisée par Peter Jackson. Howard Shore fait parti des compositeurs qui ont réussi à faire entrer un thème musicale dans la mémoire des cinéphiles et du grand public. A l’image de ce qu’on pu faire Ennio Morricone ou encore John Williams, les deux monstres sacrés de la musique au cinéma. Le Seigneur des Anneaux c’est une trilogie de légende, mais également un thème musical prédominant. Un thème va être utilisé par un compositeur pour marquer un film, pour lui donner un ton, une ambiance. A cela, il va ajouter des thèmes sous jacents, ne serait-ce que le thème du Mordor, ou encore, les thèmes de la lumière et de la nuit.

Avec sa trilogie du Seigneur des Anneaux, ou ne serait-ce que la score composée pour le film La Communauté de l’Anneau, Howard Shore a réalisé une bande sonore d’une extrême richesse. Il a la fois offert à la trilogie un thème qui va devenir récurant, pouvant donner des frissons aux spectateurs avec ses premières notes, mais également des compositions qui donnent aux séquences du film une toute autre ambiance. Tout en conservant un aspect orchestral dans l’entièreté de sa bande sonore, il réussi à mettre en place une ambiance. Ambiance qui va différée suivant les séquences, suivant ce qui est voulu et fait d’un comme un accord (ou non, suivant la façon de procéder) entre le réalisateur et le compositeurs. Certains compositeurs se contentent et c’est tout à leur honneur, de réaliser des musiques d’ambiance. A l’inverse d’un thème qui va être utilisé tel une réminiscence pour le spectateur afin de le ramener vers quelque chose qu’il connaît et qu’il va pouvoir affilié à des événement passé d’un même film (voire d’un autre film dans le cadre d’une suite, trilogie, saga), une musique d’ambiance va chercher à donner à un plan ou une séquence une ambiance particulière.



Créer, voire décupler une tension amoureuse ou horrifique, comme créer un moment comique. Hans Zimmer ou encore Alexandre Desplat et Thomas Newman sont de bons, voire de très bon compositeurs de musique d’ambiance. Ils arrivent à décupler une force dramatique par leurs compositions et vont aller piocher au sein des spectateurs leurs cordes sensibles pour les émouvoir. A l’inverse, le contrepoint, affiliation entre une musique et un plan qui semble être à l’opposé (personnage qui tombe sur une musique joyeuse) va être utilisé comme ressort comique. Réussir à faire rire ou sourire d’un événement dramatique ou à orientation dramatique (on conserve l’exemple de la chute) n’est pas uniquement réalisable grâce à la force de la mise en scène. Le ton de la musique qui sera superposée à la séquence aura son importance. Si Charlie Chaplin ou encore Buster Keaton faisaient rire de leurs chutes plus ou moins exagéré, c’était grâce aux bruitages eux-même souvent exagérés et aux musiques utilisées.

La musique peut avoir plusieurs utilités au cinéma. Créer ou décupler l’atmosphère d’une séquence par des compositions originales, se servir de la musique et de bruitages pour faire contrepoint et faire d’une situation dramatique un moment sympathique, presque joyeux, mais également se faire plaisir. Beaucoup de réalisateurs vont ornementer leurs films de musiques pré-existantes. Des musiques connues du grand public, qui passeront une nouvelle fois par la case mixage sonore afin de correspondre à au ton du film ou de la séquence du film. Quentin Tarantino est un adepte de cette technique. Les bandes sonores de ses sept premiers films comportent majoritairement des musiques non originales. Ce sont des musiques qu’il a pioché à droite et à gauche. Autant dans des films qu’il apprécie et auquel il souhaite faire référence, autant dans des albums d’artistes qu’il apprécie tout simplement.



Le cas le plus probant se trouve être la bande sonore du diptyque Kill Bill. Bande sonore dynamique, éclectique et fantastique, mais dont les musiques, souvent simplement superposées à la bande image à des moments que le metteur en scène aura choisi “judicieux”, peuvent décontenancer le spectateur. Le mixage sonore sera une étape très important dans ce cas, afin de permettre à la musique de s’intégrer pleinement à l’action et de ne pas être qu’une simple musique qui accompagne et dynamise une action de manière indépendante.

Les cas de ce genre sont nombreux, les plus grands ont même été pioché parmi les grands titres de groupes connus et moins connus afin d’ajouter ce quelque chose à leur film. Rendre une séquence encore plus émouvante grâce à une musique à l’orchestration en corrélation avec l’émotion souhaitée ou tout au contraire, rendre la séquence encore plus barbare et brutale. C’était notamment le choix de Martin Scorsese avec l’utilisation du titre des Dropkick Murphys, I’m Shipping Up To Boston. On se souvient également de l’utilisation d’un des titres de Moby dans le film La Mémoire dans la Peau. Musique qui sera devenue “culte” très rapidement et aura collé à la peau de la saga Jason Bourne. Ce n’est pas pour rien qu’elle fût de nouveau utilisée en 2012, lors de la sortie de Jason Bourne L’Héritage, spin off qui voulait conserver l’éthique de la saga porté anciennement (et bientôt de nouveau) par Matt Damon et non Jeremy Renner.



Tout ça pour dire...

Vous l’aurez compris, l’on pourrait parler en long en large et en travers, et ce, pendant des heures et des heures tellement la musique au cinéma est un sujet vaste et important. Tout ce qui a été exprimé au dessus, n’est qu’une vulgarisation des différentes façons d’utiliser la musique dans un film. Le but de cet article était d’introduire ce sujet au sein du site afin que l’on puisse en parler plus en détails et en apportant des thématiques plus spécifiques dans les semaines et mois à venir.

@Hadrizoui, petit nouveau sur le site et par ailleurs, étudiant en cinéma, passionné de musiques et compositeur à ces heures perdues parlera de la musique au cinéma une à deux fois par mois au travers d’une chronique. Plus particulièrement, il décryptera le travail de compositeurs, tels le grand Ennio Morricone, sujet de la première chronique – à paraître sous peu -.


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