La Ch’tite Famille réalisé par Dany Boon [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Valentin D. et Constance Brandt, un couple d’architectes designers en vogue préparent le vernissage de leur rétrospective au Palais de Tokyo. Mais ce que personne ne sait, c’est que pour s’intégrer au monde du design et du luxe parisien, Valentin a menti sur ses origines prolétaires et ch’tis. Alors, quand sa mère, son frère et sa belle-sœur débarquent par surprise au Palais de Tokyo, le jour du vernissage, la rencontre des deux mondes est fracassante. D’autant plus que Valentin, suite à un accident, va perdre la mémoire et se retrouver 20 ans en arrière, plus ch’ti que jamais !”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Non La Ch’tite Famille n’est pas la suite du carton Bienvenue chez les Ch’tis 10 ans après. Une fois cette assertion posée, il est temps de se concentrer sur ce nouveau Dany Boon. Pourra-t-il réitérer le succès des Ch’tis ? Pourra-t-il se réinventer sans tomber dans la caricature ou la facilité ? Et enfin, comment écrire une critique quand on est un pur Ch’ti et que certaines répliques vous feront totalement rire, car elles vous rappelleront des souvenirs d’enfants… alors qu’elles pourront laisser de marbre les spectateurs voisins ? En faisant de son mieux tout simplement pour proposer la critique la plus objective de ce début d’année 2018. Depuis RAID Dingue, l’année dernière, on sait que Dany Boon est capable d’instiller quelques morceaux d’aventures dans des éclats de comédie. Capable du mélange des genres, il s’essaye ici et avec bonheur à l’introduction de véritables moments d’émotion dans une comédie familiale.

Surtout, il prouve qu’il peut mener une troupe et magnifier ses actrices. Après Anne Marivin et Alice Pol, il réussit à mettre au premier plan Laurence Arné et à valoriser Valérie Bonneton. En clair, il a deux Rolls Royce dont il fait des Porches de compétition. Si La Ch’tite famille devient un succès, c’est simplement parce que l’acteur-réalisateur dirige sa petite troupe avec une énergie non feinte et beaucoup de tendresse. Dans ce nouveau film, Dany Boon se fait doux, adorable pour nous présenter sa famille si particulière. En choisissant un sujet mille fois rebattu, celui du retour aux sources, l’humoriste propose pourtant un choc culturel impayable qui permet d’entendre de nouveau cet accent si particulier qui vient de la gorge et du cœur : le ch’ti !

Le plus agréable dans cette comédie familiale, c’est que Dany Boon n’oublie jamais d’où il vient contrairement à Valentin D. pour qui les origines sont détestables. Des origines proches du peuple, pauvres qui viennent du Nord supportées par une famille qu’il vaut mieux cacher. Et à la faveur d’un accident, ressort basique de la comédie, cet architecte-designer de talent (même si l’on peut se poser des questions quant à ses créations) va plonger dans son passé et retrouver son ch’ti si particulier. Un patois qui offre les meilleurs passages du film : un choc culturel hilarant… même si par moment, des sous-titres seraient les bienvenus.

La palme de l’humour revient à Laurence Arné et Valérie Bonneton. La première, quand elle apprend le ch’ti avec Jeanfi Janssens, est drôle et prouve à quel point son talent mériterait d’être encore plus exploité. Quant à la seconde, c’est son amitié avec le réalisateur qui transparaît quant elle se donne à 200% en belle-sœur déboussolée. Et autour, la ch’tite famille remplit son office : Line Renaud, Guy Lecluyse et enfin Pierre Richard qui livre une scène remplie d’émotion et de beaucoup de tendresse à la perfection. On pourra sans doute reprocher au film de démarrer sur les rencontres du duo d’architectes avec une pléiade de stars jusqu’à l’écœurement. Un moment à dépasser pour pouvoir entrer dans la pure comédie. Elle met même un peu de temps à démarrer alors que tout le monde attend cette confrontation de deux mondes, deux univers éloignés qui pourraient pourtant se rapprocher. On notera enfin la présence de la jeune Juliane Lepoureau en jeune Beverley qui ne perd rien de son aplomb, ni de son énergie communicative.

En résumé, cette Ch’tite Famille est un moment drôle et agréable. Et si l’humour cède souvent la place à l’émotion, c’est pour permettre à Dany Boon de déclarer une nouvelle fois son amour à ce Nord ! On lui sera gré de quelques facilités de scénario et d’un final trop convenu qui nous laisse avec quelques interrogations… mais cette comédie familiale vaut le mérite d’exister, ne serait-ce que pour la scène ubuesque de la salle de bains. Une comédie qui pourrait remporter un succès plus grand et bien plus mérité que celui des Tuche. Et ce ne serait là que justice !

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