Knock réalisé par Lorraine Levy [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Knock, un ex-filou repenti devenu médecin diplômé, arrive dans le petit village de Saint-Maurice pour appliquer une “méthode” destinée à faire sa fortune : il va convaincre la population que tout bien portant est un malade qui s’ignore. Et pour cela, trouver à chacun la maladie réelle ou imaginaire dont il souffre. Passé maître dans l’art de la séduction et de la manipulation, Knock est sur le point de parvenir à ses fins. Mais il est rattrapé par deux choses qu’il n’avait pas prévues : les sentiments du cœur et un sombre individu issu de son passé venu le faire chanter.”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Les films de Lorraine Levy sont des friandises : on les déguste avec plaisir, on se sent un peu coupable et finalement il reste un petit goût acidulé qui passera avec le prochain film. La réalisatrice propose un cinéma sympathique (par exemple Mes amis, mes amours) : il ne dérange pas et dans le même temps remplit convenablement son office : détendre. Depuis son passage derrière la caméra, Lorraine Levy n’aura eu que de cesse de réussir à diriger habilement des castings bien souvent “all stars”. Mais une fois ce postulat de départ posé, tout est dit et en même temps, rien n’est dit. Reprenons la base de ce nouveau film : une pièce de théâtre. Histoire de complexifier la tâche, elle choisit un monument intouchable : Knock. La pièce de Jules Romains dont la fameuse interprétation de Louis Jouvet reste encore dans toutes les mémoires… Oui, oui, vous connaissez la pièce qui vous demande si “cela vous grattouille ou vous chatouille !”

Une histoire naissante entre la douce Adèle (Ana Girardot) et le surprenant docteur Knock (Omar Sy)
Une histoire naissante entre la douce Adèle (Ana Girardot) et le surprenant docteur Knock (Omar Sy)

Pour reprendre le costume du docteur Knock et les habits du grand Louis Jouvet, la réalisatrice a une idée intéressante. Elle propose le rôle principal à Omar Sy. Et elle n’a pas tort, car il se sort habilement du rôle du docteur manipulateur et quelque part bienfaiteur. Rôle joué avec conviction mais qui n’est pas non plus une performance d’acteur. La performance vient plutôt dans le fait que la réalisatrice réussit à faire vivre tous les seconds rôles qui ont chacun leurs morceaux de bravoure. Le casting qui entoure Knock est intéressant : des “gueules de cinéma” telles que Sabine Azéma, Alex Lutz, Michel Vuillermoz, Audrey Dana ou encore Rufus et Andréa Ferreol. Chacun joue sa partition à la perfection : des moments de rencontre et de confrontation toujours drôles, rehaussés par la douceur d’Ana Girardot.

Cette nouvelle version de Knock est également intéressante parce qu’elle est une libre adaptation mais elle est aussi sa limite. On comprend très vite que Lorraine Levy a choisi l’humour bon enfant, elle a gommé tout le côté malsain de la pièce de théâtre voire la partie subversive. Certes le docteur est un filou, mais il n’est pas aussi grinçant que le caractère écrit à l’origine par Jules Romains (dont une rue du petit village porte le nom dans le film pour lui rendre hommage). En gommant la subversion et la réflexion sur la médecine, Lorraine Levy propose un cadre rupestre à une histoire qui devient légère, même si elle réussit à poser délicatement la réflexion sur la peur de l’étranger qui arrive dans un petit village. L’image est léchée, la direction d’acteurs est belle, les dialogues drôles et c’est tout. Ce film permet de passer un moment agréable, juste bouleversé par l’intrigue avec Lanksy (interprété par Pascal Elbé) en petite frappe qui doit régler un compte (comme par hasard) avec Knock. C’est cette histoire qui ralentit le rythme alors que l’on aurait été en droit d’attendre beaucoup plus de la confrontation avec le curé, détestable à souhait… cela aurait pu ainsi emmener le film vers une critique de la religion en général face à la médecine : la foi contre le cartésien. Dommage !

En résumé, parce qu’elle sait diriger habilement ses acteurs, Lorraine Levy propose une adaptation sympathique, drôle et agréable de Knock. Le film n’apporte rien au cinéma, ne propose pas de nouveauté. La réalisation est propre et « croquignolesque ». Cette libre adaptation de la pièce de théâtre perd de son effet subversif pour devenir un divertissement familial loin d’être abrutissant. Et après tout, c’est déjà beaucoup en ce moment !

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