Insaisissables 2 (Critique |2016) réalisé par Jon M. Chu

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Synopsis : “Un an après avoir surpassé le FBI et acquis l’admiration du grand public grâce à leurs tours exceptionnels, les 4 Cavaliers reviennent !  Pour leur retour sur le devant de la scène, ils vont dénoncer les méthodes peu orthodoxes d’un magnat de la technologie à la tête d’une vaste organisation criminelle. Ils ignorent que cet homme d’affaires, Walter Marbry, a une longueur d’avance sur eux, et les conduit dans un piège : il veut que les magiciens braquent l’un des systèmes informatiques les plus sécurisés du monde. Pour sortir de ce chantage et déjouer les plans de ce syndicat du crime, ils vont devoir élaborer le braquage le plus spectaculaire jamais conçu.”

31 Juillet 2016, sortie en France du film Insaisissables. Réalisé par le français Louis Letterier à qui l’on devait déjà les blockbusters L’Incroyable Hulk ou encore Le Choc des Titans, Insaisissables avait réussi par un joli tour de passe-passe à sa sortie. Un peu plus de trois millions d’entrées en France pour cette super production majoritairement américaine, au budget frôlant les 75 millions de dollars. Un joli carton qui engendra très rapidement l’idée d’une suite, voire même d’une trilogie puisque le troisième opus est en chantier depuis maintenant un an (depuis 2015). Comme certains aiment le dire, à sa sortie en salles, le premier opus avait réussi à mettre des paillettes dans les yeux des spectateurs. Et ce, dans le but de les rendre aveugles et de faire passer avec plus de facilité un film résolument mauvais qui souhaitait faire croire du contraire. Revoyez le film aujourd’hui en ayant connaissance de l’un de ses rebondissements finaux et rendez-vous compte à quel point le scénario ne fonctionne pas. Entre facilités et incohérences aberrantes, on ajoutera à ça une réalisation virevoltante pour un rien, rendant une simple discussion entre deux personnages rapidement insupportables. Il en restait cependant des numéros de magie surréalistes, mais divertissants de par ce surréalisme purement cinématographique dans leurs chorégraphies. Résulte maintenant de ce film, un sentiment de frustration. Comme le profond gâchis d’une idée de base absolument géniale dans le but de concevoir un divertissement purement estival et spectaculaire, mais n’assumant pas totalement ce concept. Qu’en est-il de cette suite au casting toujours aussi impressionnant et au potentiel toujours présent ?

Avec Jon M. Chu au poste de réalisateur, les attentes étaient grandes. S’il y en avait bien un, capable de faire du divertissement vif et efficace, c’est bien lui. Les mauvaises langues diront que Jon M. Chu c’est bien évidement le réalisateur derrière le film d’action GI Joe : Retaliation. Conspué par un très – trop – large public, ce dernier avait beau être bête comme les pieds de Dwayne Johnson (on ne peut pas avoir des bras gros comme trois corps et des pieds intelligents !), il n’en restait pas moins un divertissement ultra efficace. Dynamique, pêchue et sans temps mort, un divertissement ne se prenant pas au sérieux le moins du monde, permettant aux spectateurs de passer un petit moment loin de leurs cerveaux. Au-delà de cette nouvelle adaptation cinématographique des figurines Hasbro, Jon M. Chu est connu pour avoir réalisé deux opus de la saga Step Up. Saga aussi connue en France sous le nom Sexy Dance. Deux films aux réalisations reprenant des codes datés et trop conventionnels, mais respectueux d’une mise en scène rythmée mettant en avant les corps des personnages. Des films sur la dance certes, mais dont la mise en scène et les chorégraphies s’avèrent être plus parlantes que des lignes de simples lignes de dialogues souvent clichées et inintéressantes dans ce genre de productions. Il faisait jouer les acteurs entre eux, les faisait jouer avec les éléments et faisait en sorte que la caméra soit toujours placée de manière à ce que le spectateur ait un regard omniscient sur la scène, ne loupant pas le moindre mouvement, la moindre action. C’est ce qu’il faut pour divertir. Il faut entre autres : du mouvement, de la lisibilité et de l’action (le terme action n’est pas forcément synonyme d’explosion par exemple). Jon M. Chu en est capable… mais est également capable de s’enfermer dans un carcan dont il n’arrivera pas à sortir.

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À l’instar de son aîné, Insaisissables 2 est un film à enquête, un film au scénario fait d’esbroufes et qui s’offre le privilège de se vouloir être un hommage à la magie tout en mettant en scène quelques tours irréalistes. Tours qu’il cherche à justifier, mais en vain. À l’image du premier opus, ce film repose sur un scénario qui cherche encore et toujours à se justifier. Justifier les agissements des personnages, justifier les tours de magie, justifier ses rebondissements… Encore une fois, alors qu’il a le potentiel d’en mettre plein la vue et de jouer avec les codes offerts par le cinéma pour divertir le public, le film va avant tout chercher à jouer avec le spectateur. Jouer avec lui en lui faisant croire que celui qui dire les ficelles n’est pas forcément celui que l’on croît, alors qu’en réalité c’est lui, mais qu’il est lui-même contrôlé par un autre. Les personnages, et plus particulièrement celui incarné par Morgan Freeman, ne cessent de dire que ce que l’on voit n’est pas forcément la réalité. Une réplique toute simple qui va permettre au scénario de se dédouaner afin de créer n’importe quel rebondissement. Enchaînant les retournements de situations et de vestes à tout va pour arriver au rebondissement final, le scénario s’emmêle jusqu’à rendre ce dénouement beaucoup trop facile, mais surtout en totale incohérence avec ce qu’il essayait de nous démontrer depuis le début. Voire depuis le premier opus, car celui-ci réussit à contredire certaines idées mises en place dans le premier film. Obnubilé par cette surenchère abusive de retournements de situations, le scénario vient à en oublier totalement ses personnages. Des personnages sous-exploités, aux personnalités et backgrounds clairs et transparents comme de l’eau de roche.

Plus qu’un prétexte puisqu’il s’en sert très mal, la magie est ici un subterfuge utilisé pour tenter de crédibiliser les actes des personnages. Insaisissables premier du nom disposait de quelques scènes de magie spectaculaires, car surréalistes et bien mises en scènes. Cette suite dispose de quelques idées de mise en scène, mais se repose sur une structure narrative qui est exactement la même que celle du premier. Remarque également faite par les “méchants” du film, démontrant que les scénaristes connaissent le problème, mais s’en moquent éperdument. On retrouve donc une scène de magie spectaculaire et intéressante qui intervient au milieu du film, durant un ventre mou interminable, ainsi qu’une même scène à la fin du film. Néanmoins, à toujours vouloir se justifier et crédibiliser les actions des personnages, ce climax n’est qu’une énième poussière dans l’œil. Une poussière pleine de bonne volonté, mais dont la volonté de faire quelque chose de réaliste mange complètement l’aspect spectaculaire et grandiloquent. On aurait voulu en prendre plein la vue, mais on ne voit rien, car soit il n’y a rien à voir, soit le montage et la réalisation ne nous permettent pas de voir clair.

En Conclusion :

Le dynamisme, la fraîcheur et l’entrain des anciennes productions de Jon M. Chu disparaissent comme par enchantement dans un film qui essaye de faire croire que ce que l’on voit n’est pas forcément la réalité. Ça tombe bien on cherche à tout prix à oublier ce divertissement ennuyant et au scénario qui cherche avant tout à embobiner à défaut de distraire. On ne sauvera qu’une scène, que l’on appellera la scène de la carte. Seule scène à la chorégraphie et aux mouvements de caméra spectaculaires et créatifs. C’est cela qu’on attend d’un film qui se dit magique, un film qui nous en met plein la vue et qui ne cherche pas à nous faire comprendre ses tours de passe-passe, qu’ils soient réalistes ou surréalistes. Il faut croire que les scénaristes n’ont rien compris et semblent ne pas vouloir comprendre la recette d’un divertissement magique. Insaisissables 2, la suite de trop à un film qui ne méritait pas de suite, à moins que celle-ci soit déjantée, spectaculaire et sans prises de tête. On en est bien loin… et encore n’a pas été abordé le point bande originale, ici insupportable. On vous épargnera ça.

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