Independence Day 2 (Critique | 2016) réalisé par Roland Emmerich

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Synopsis : “Nous avons toujours su qu’ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l’ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l’extinction.”

Roland Emmerich c’est le réalisateur de films comme “Stargate, la porte des étoiles” ou encore “The Patriot, le chemin de la liberté“. Mais c’est avant tout le roi de la destruction. Independence Day, Godzilla, Le Jour d’Après, 2012 ou encore White House Down, forment une filmographie et plus précisément une carrière, fondée sur la destruction massive. “Ils adorent détruire nos monuments” comme dirait le docteur David Levinson. Réplique par ailleurs modifiée entre la bande-annonce et la sortie du film dans les salles françaises puisque le terme “détruire” a disparu. Depuis la sortie de 2012, l’on avait remarqué que le cinéaste trouvait un certain plaisir à pousser les limites technologiques afin d’offrir aux spectateurs de la destruction massive. Adieu les maquettes qui offraient qu’une seule prise possible aux différents plans (qui devenaient souvent iconiques) et bonjour au tout numérique permettant de faire et refaire des prises à volonté (qui deviennent toutes plus anodines les unes que les autres). Independence Day : Resurgence ne pouvait donc qu’être un film dont la volonté première est de repousser les limites de la destruction. “Bigger Is Better” a dû être la phrase inscrite sur le post-it collé au dessus du bureau du scénariste. Elle aurait également pu être l’accroche principale du film lors de sa promotion à l’internationale. Malheureusement, ce n’est pas toujours vrai et ce Independence Day : Resurgence en est la preuve.

2012 est une oeuvre qui, à sa sortie, en avait déçu plus d’un. Résumé à de la destruction pour de la destruction et rien de plus, l’on remarque aujourd’hui que le film tient la route malgré tout grâce à une bonne construction scénaristique. Une histoire surréaliste qui va enchaîner les idées les plus folles afin de créer un crescendo de destruction massive, mais qui entraîne habilement le spectateur grâce à un récit structuré et à des personnages incarnés. À l’image d’un Twister, Volcano ou encore Le Pic de Dante pour ne citer qu’eux. C’était également le cas du film Independence Day, qui malgré la simplicité de son histoire, réussissait à emporter le spectateur. La destruction n’était finalement que peu présente dans ce dernier, représentant à peine 30% du film. Le montage dynamique et la mise en scène nerveuse faisaient le reste du travail. The Wave en a repris les idées, formant un film catastrophe habile et efficace. Independence Day : Resurgence est à des lieux de ça. Independence Day Resurgence est une suite tardive, attendue grâce à un premier film devenu culte grâce à des plans iconiques et des répliques connues de tous. Independence Day : Resurgence n’aurait dû n’être qu’une suite idéalisée par l’imaginaire collectif, ne voyant cependant jamais le jour sur les écrans de cinéma. L’appel de l’argent et des producteurs en aura jugé autrement et c’est bien malheureux.

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Un vaisseau extraterrestre plus grand, des explosions plus impressionnantes dévastant des villes en un seul coup (une seule en occurrence, à savoir Londres) et non plus un vaisseau pour sauver le monde, mais bien une bonne grosse centaine. Vingt ans après, Roland Emmerich a mis les bouchées doubles (c’est son dealer qui doit être heureux et fortuné) et a voulu faire dans l’invraisemblance et la facilité la plus grande. Comment crédibiliser le fait que l’homme lutte dans l’espace, ainsi que sur la Lune en une idée par Roland Emmerich ? L’arrivée sur Terre des extraterrestres en 1996 a permis aux humains d’apprendre énormément. Ils ont pu de cette manière inventer le voyage rapide vers la Lune et utiliser un armement extraterrestre plus lourd. D’un revers de la main, les scénaristes réussissent grossièrement à justifier les éléments qui vont servir à créer des affrontements plus impressionnants que ceux du premier opus. Tout bien évidemment en faisant bien comprendre aux spectateurs que le premier film n’aura pas servi à rien, faisant de ce Resurgence une vraie suite, un véritable hommage, plus qu’un vulgaire copier/coller. Sauf que ça ne tient pas la route une seule seconde. Dénué de charme, de charisme et de fulgurances sur chacun des points qui permettent à la création d’un film, Independence Day : Resurgence laisse complètement de marbre. Les diverses idées qu’exploite le scénario de ce film, vont l’être durant une scène maximum. L’arme gravitationnelle utilisée par les extraterrestre dans la bande-annonce, l’est à une seule reprise. Ce n’est qu’un prétexte pour déclamer quelques lignes de dialogues ridicules et détruire la ville de Londres. Destruction à peine impressionnante, à cause d’un montage insipide qui enchaîne cut sur cut. Pire, en cherchant avant tout à plaire à un grand nombre, tout en crédibilisant ses affrontements massifs, le scénario va piocher dans les succès les plus récents les divers éléments spectaculaires qui les caractérisaient afin de les incrémenter à celui-ci. C’est un melting pot nauséabond des films d’action et de science fiction qui ont fait les grandes heures du Box Office US.

Des monstres de toutes tailles, plusieurs races aliens, des armes toujours plus destructrices et des batailles spatiales vont venir s’ajouter aux éléments déjà présents dans le premier film, tout en laissant bien en retrait l’humour et l’autodérision qui en faisait tout son charme. Un humour qui passait majoritairement par ses personnages et le duo Will Smith/Jeff Goldblum ici amputé. Jeff Goldblum ou encore Bill Pulman cherchent à se défaire du lot, mais n’y arrivent pas à cause de dialogues écrits à la serpe et d’une mise en scène dénuée d’âme. Concentré sur la conception de batailles spatiales et d’affrontement toujours plus spectaculaire, Roland Emmerich en oublie la race humaine et notre bonne vielle planète Terre. Même si illisibles à cause d’un trop grand nombre d’effets visuels présents simultanément à l’image, les phases spatiales et lunaires s’avèrent visuellement “belles”. Belles, car lisses et dénuées de flou contrairement aux phases terriennes disposant d’un premier et d’un arrière-plan et non d’un plan créé numériquement dans son intégralité. Avec ses plus de 2000 plans utilisant des effets spéciaux, Independence Day : Resurgence est un film qui nous prouve que sans idées de mise en scène, un fond vert peut rendre un film immonde. Chaque plan se déroulant en extérieur et sur Terre, usant d’un premier plan physique et d’un arrière-plan numérique, va avoir un (voire plusieurs) problème(s) d’incrustation(s). Flou, scintillement, grain, saturation de la lumière… tous les problèmes imaginables sont présents dans ce film. Problèmes avec l’arrière-plan venant entre autre de la volonté de Roland Emmerich de sortir le film en 3D et IMAX 3D – et de le proposer uniquement dans sa copie D-Cinema – sans l’avoir tourné dans ce même format. C’est choquant, moche, prouvant que Roland Emmerich n’avait qu’une envie : refaire la même chose que le premier film, mais en plus impressionnant.


En Conclusion :

Difficile de dire autre chose que “Independence Day : Resurgence est une abomination”. On voulait y croire, on voulait aimer ce film, mais il n’y a absolument rien à en sauver, même pas Jeff Goldblum qui cabotine, ainsi que Bill Pulman qui propose de nouveau la même recette, mais sans conviction. Difficile à croire, mais Roland Emmerich dévoile avec cette suite, son film le plus laid visuellement parlant. Direction artistique catastrophique, incrustations ratées et mise en scène insipide, ce qui ne va pas aider un scénario à la structure narrative calamiteuse, aux caractérisations de personnages caricaturales et aux amorces de situations grotesques. Avec de l’envie, de l’autodérision et un peu d’humour, mais surtout la volonté d’en faire moins, de faire moins spectaculaire, le film aurait pu être bon. Ça aurait surtout été un autre film. Oubliez-le, revoyez le premier film dans sa version 20e anniversaire qui met une immense claque à cette suite catastrophique.

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