Hotel Artemis réalisé par Drew Pearce [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : « Dans un futur proche, une infirmière, qui dirige un hôpital regroupant les plus dangereux criminels de Los Angeles, découvre que l’un de ses patients est dans l’établissement afin d’en assassiner un autre. »

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Si on est en connaissance du projet depuis plusieurs mois, ce n’est fondamentalement que depuis le mois d’avril 2018 que le film Hotel Artemis a été révélé officiellement. Et ce, via de premières images. Aussitôt annoncé, aussitôt montré. Tout porte à croire que le projet est suffisamment solide pour ne pas avoir à dépenser dans une énorme communication. Sur le papier, oui le projet est extrêmement alléchant, notamment côté casting. Jodie Foster dans le rôle principal, et bien entouré par Sterling K. Brown, Jeff Goldblum, Zachary Quinto, Sofia Boutella qui a décidément la cote ou encore Dave Bautista qui tient ici un rôle plus conséquent qu’on ne l’aurait pensé. Néanmoins, derrière la caméra l’on retrouve Drew Pearce dont ce n’est autre que le premier long-métrage en tant que réalisateur. Bien connu pour son rôle de scénariste ou co-scénariste sur des projets hollywoodiens tels que Iron Man 3, Godzilla ou encore Mission Impossible : Rogue Nation, il passe ici pour la première fois derrière la caméra, dans le cadre de la réalisation d’un long-métrage. Il avait déjà réalisé le court-métrage Longue Vie au Roi consacré au personnage du film Iron Man 3, Trevor Slattery. Un projet alléchant sur le papier et dont on ne sait fondamentalement donc pas grand-chose. Alors belle surprise ou aussitôt vu, aussitôt oublié ?

« Vous attendiez de l’action ? Vous aurez avant tout un film de personnages qui gravitent autour d’une Jodie Foster combative, forte et attachante. »


Quel plaisir que de revoir Jodie Foster à l’écran et non seulement derrière la caméra. Cinq ans après Elysium, mais surtout sept ans après la sortie de The Beaver pour lequel elle était scénariste, réalisatrice et actrice, l’actrice américaine repasse devant la caméra dans un rôle surprenant. Du haut de ses 55 ans l’actrice assume son âge, voire, apparaît à l’image plus vieillissante qu’elle ne l’est dans la réalité, dans un rôle qui lui scie à merveille. Vendu comme un film de genre plus orienté action qu’autre chose (vis-à-vis du casting rien de plus normal), Hotel Artemis en décontenancera plus d’un à ce stade. Si la bande-annonce dévoile l’entièreté du film (abstenez-vous de la voir si ce n’est déjà fait), elle met avant tout l’accent sur les scènes d’action de ce dernier. Scènes d’action qui sont présentes dans le film, mais extrêmement minimes. Hotel Artemis est avant tout un drame et un film de personnages, dont l’élément rassembleur est cette infirmière qui gère depuis 22 ans cet hôtel où viennent se soigner tous les malfrats d’une ville rongée par le chaos et la révolution. C’est ce personnage principal et ses tourments, qui va nous être présentés dans un premier temps, avant que ne viennent se greffer plusieurs personnages secondaires hauts en couleurs. Une femme touchante et attachante, dont la vie n’a pas gratifié que de belles choses, mais qui a su se forger un caractère et une personnalité que tout à chacun respecte. Elle est combative, en veut et le démontre à plusieurs reprises, notamment au travers de répliques bien senties. Jodie Foster s’en donne à cœur joie et réussit à basculer du sourire aux larmes en une fraction de seconde. Si l’actrice est touchante, le personnage est attachant et dispose d’un véritable background et caractère afin qu’elle existe en tant que tel. Une véritable présence, tant émotionnelle que physique que l’on doit grâce à une gestuelle et une façon de se mouvoir particulière et qui donne du corps au personnage. Et il en va de même pour tous les criminels qu’elle va soigner.

Si ces derniers reposent majoritairement sur des archétypes bien connus et qui collent à la peau des acteurs et actrices en question (l’arrogance pour Charlie Day, la tueuse qui use de ses charmes pour Sofia Boutella, le criminel au grand cœur pour Sterling K. Brown…), le scénario est suffisamment bon pour leur permettre d’avoir quelque chose à jouer. Ils ne sont pas que de simples faire-valoir, notamment en ce qui concerne le personnage interprété par Dave Bautista. Si on aimerait en savoir plus sur ce dernier, la liaison qu’il entretient avec le personnage principal incarnée par Jodie Foster, est belle et touchante. Un beau rôle, même si peu développé malheureusement. Hotel Artemis est un film en ce sens surprenant, car c’est un film de personnage et qui insiste lourdement sur les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres. L’expérience aidant, Drew Pearce prouve être capable de signer un scénario à la narration fluide, limpide et nickel si on suit les règles académiques, le tout avec des personnages consistants et attachants pour les principaux. Malheureusement, au-delà des résidents de l’hôtel (même l’histoire de ce dernier est assez légère), le scénario manque clairement de consistance pour surprendre et marquer le spectateur. On aimerait en savoir plus sur ce qui se déroule à l’extérieur (hors les émissions télévisées), sur l’histoire de The Wolf King interprété par Jeff Goldblum, sur le passé de l’hôtel et le contexte de construction… de nombreuses interrogations questions qui restent en suspend et il y a clairement matière à créer de nouveaux films ou courts-métrages. Les possibilités sont nombreuses et ne demandent qu’à être pitchées.

Vendu comme un film d’action non loin du direct to video, Hotel Artemis surprend en étant fondamentalement un film de personnages. Une protagoniste touchante, attachante merveilleusement incarnée par Jodie Foster autour de laquelle gravitent des personnages hauts en couleurs, donnant lieu à des rencontres et altercations aussi tendues que téléphonées pour certaines. Si certaines situations sont téléphonées, c’est pour mieux permettre au film de conserver un rythme intense, et ce, sans qu’il ne soit pour autant grand chose à nous montrer. Les scènes d’actions sont peu nombreuses, voire même pas montrées pour certaines et les money shoot peu nombreux. Néanmoins, le film est beau, joliment cadré et dispose d’une direction artistique cohérente dans les différentes couleurs exploitées et façons d’éclairer (extrêmement contrasté, un film assez sombre qui use de lampes d’appoints qui renvoient des lumières chaudes sur des murs délabrés qui pour anecdotes ne sont autre que des fonds verts par manque de budget). Pour son premier passage derrière la caméra, le scénariste Drew Pearce signe un film honnête qui décevra néanmoins ceux qui attendaient une débauche de scènes d’actions toutes plus violentes les unes que les autres. Il y en a, mais elles sont courtes et peu nombreuses.



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