Horse Soldiers (12 Strong) réalisé par Nicolai Fuglsig [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Le capitaine Mitch Nelson est le chef de l’unité des Forces Spéciales qui a été choisie pour une périlleuse mission secrète. Son détachement et lui sont envoyés en Afghanistan, en plein conflit armé, pour apporter leur aide aux Afghans dans leur lutte contre les talibans. ”

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Le film de guerre est un cas d’école assez délicat au cinéma selon la manière avec laquelle il est traité. On peut reprendre les exemples de références telles que des films comme Apocalypse Now réalisé par Francis F. Coppola qui prennent le parti de nous faire vivre la guerre du Vietnam de manière sensorielle et immersive, tout comme la proposition immersive du Dunkerque réalisé par Christopher Nolan. Il y a aussi des films qui montrent la guerre du point de vue politique, s’intéressant aux décisions humaines et à leurs impacts sur le champ de bataille, notamment dans le récent biopic Les Heures Sombres réalisé par Joe Wright. Ce film suit les dilemmes moraux de Churchill qui auront une importance capitale sur la vie des soldats anglais durant la Seconde Guerre mondiale. Il y a à vrai dire maintes façons de traiter le genre au cinéma selon les ambitions des différents cinéastes.

Pour son premier long-métrage, Nicolai Fuglsig choisit de s’intéresser à l’histoire vraie des douze premiers militaires des forces spéciales, les Bérets verts, qui furent envoyées en Afghanistan suite aux événements du 11 septembre 2001, pour apporter leur aide à l’Alliance du Nord, un groupe de musulmans afghans luttant contre le régime politique des talibans.

Le film suit le personnage de Mitch Nelson (Notre Thor international, Chris Hemsworth), chef de l’unité des forces spéciales, avec son équipe sur le territoire afghan. Lorsque l’on évoque les productions du genre de Jerry Bruckheimer (Armageddon, Pearl Harbor, etc.), on pense tout de suite à la représentation du militarisme américain des films de Michael Bay où la camaraderie entre les soldats et le patriotisme sont tellement mis en avant que cela en devient ridicule et indigeste dans les œuvres du cinéaste.

Et étrangement, le film de Nicolai Fuglsig remet sur le devant de la scène les mêmes défauts d’un film réalisé par Michael Bay lorsqu’il s’agit de traiter le nerf de la guerre américaine. On peut se demander s’il s’agit là d’une volonté du cinéaste, ancien photojournaliste et reporter sur le terrain, d’où le réalisme de certaines scènes nerveuses et sanglantes filmées à l’épaule, ou bien celle du producteur Jerry Bruckheimer, dont les films traitants du patriotisme américain ont une esthétique commune appuyant sur les gros effets de tire-larmes, sur cette camaraderie et ces blagues viriles qui sont censées nous permettre de mieux nous identifier aux stéréotypes, pour ne pas dire protagonistes et aux gros plans à la limite de l’érotisme sur le corps des militaires et les gros hélicoptères nous rappelant le militarisme reaganien du cinéma des années 80.

Vous l’aurez compris, Horse Soldiers alterne des scènes de guerres nerveuses et des dialogues où les personnages expliquent en long et en large leurs tactiques militaires pour combattre sur la terrain afghan, en glissant dans l’écriture un semblant de développement de personnage, notamment le capitaine Mitch Nelson qui répète sans arrêt qu’il tiendra la promesse faite à sa femme de rentrer vivant au bercail. Car comme dans la plupart des films patriotiques produits par Jerry Bruckheimer, les militaires rentrent tous vivants et un écriteau au générique ne manque pas de nous rappeler que la mission de ces soldats est à ce jour la plus grande défaite pour Al-Qaïda. Horse Soldiers s’impose définitivement comme un film de guerre dans l’ère de la présidence Trump qui revient au patriotisme Reaganien des années 80. Les Américains nostalgiques de la période seront sans aucun doute ravis de cette purge réactionnaire qui nous rappelle la grandeur de l’armée américaine, la dernière production Bruckheimer se contemplant dans un premier degré indigeste. Un véritable raté !

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