Hearts Beat Loud réalisé par Brett Haley [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Au cours de son dernier été avant de quitter le nid familial pour se rendre à l’université, Sam écrit des chansons avec son père Frank. ”

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Sundance et son festival dédié au cinéma indépendant américain créée en 1985 par l’acteur et réalisateur Robert Redford. Encore plus qu’un Festival du Film Américain de Deauville, Sundance est un film à part pour les cinéphiles et professionnels du cinéma. Y sont présentés depuis sa création la crème du cinéma indépendant américain. De belles œuvres y sont vues, de beaux talents en émergent et des collaborations y sont mises en place. Plus qu’un festival de cinéma, Sundance c’est un genre, une étiquette à part entière que l’on peut coller sur des films qui ont une allure “Sundance”. Un film Sundance est un film hautement humain et qui met un point d’honneur à mettre en avant un.e protagoniste, ainsi que ses émotions. Des œuvres générationnelles qui parlent de la jeunesse ou de la volonté d’une jeunesse retrouvée, tout en abordant des thématiques graves comme plus légères, mais toujours ancrées dans une réalité qu’est celle du spectateur. Si son questionnement premier n’est pas grave ou délicat à aborder, Hearts Beat Loud entre dans la seconde catégorie des “films de Sundance”. Un film léger, tendre, touchant et hautement bienveillant qui ne pose fondamentalement aucune question au spectateur, mais lui propose de se poser et de regarder un film dont la volonté première est de lui offrir 1h30 de bien-être.

« Les cœurs palpitent au rythme des musiques. »

Quatrième long-métrage écrit et réalisé par Brett Haley, ce dernier délaisse le terme de la mortalité et les protagonistes âgés pour la première fois pour mettre en avant la jeunesse. La vieillesse face à la jeunesse, l’un ne va pas sans l’autre. Lorsqu’il met en scène des personnages en fin de vie c’est dans le but de démontrer une certaine prise de conscience de la mortalité et content de vivre les instants qu’il reste comme n’importe quel jeune homme ou femme. Mettre en scène ce déclic permettant aux personnages de s’épanouir de nouveau, retrouvant une certaine insouciance et joie de vivre ces instants. Redevenir jeune le temps d’un instant. Ou plutôt, prendre conscience que cette part de jeunesse et d’insouciance est toujours à l’intérieur de nous quoi qu’il en soit. Hearts Beat Loud compte l’histoire d’un père de famille et de sa fille, qui vont tous deux êtres réunis par leur passion commune pour la musique. Un postulat de départ, et une histoire plus globalement, très simple, mais qui va permettre au cinéaste d’aborder le thème de l’amour et du plaisir non-charnel avant tout. Même s’il sera également question d’histoires d’amour pouvant déboucher sur un amour charnel.

Brett Haley exclu toutes formes d’amour sexuel et l’acte physique en lui-même pour se concentrer sur l’attachement émotionnel que les personnages éprouvent communément. Le plaisir de se voir, le plaisir de passer du temps avec la personne, le plaisir de lui parler… cette notion de plaisir est centrale et Brett Haley réussit à la mettre en scène avec brio. Si elle se résume énormément par des faces à faces, les situations sont belles et suffisamment bien amenées afin de permettre aux personnages d’avoir une certaine consistance et une évolution aussi fluide que logique. Si le père va devoir faire face à ses peurs (notamment celle de la solitude liée au départ prochain de sa jeune fille), il va en être de même pour sa fille. Prendre conscience de ce dont ils ont respectivement besoin, tout en pensant à l’autre et à son bien-être également. Un double questionnement logique et naturel auquel tout à chacun doit se confronter un jour où l’autre, pour ne pas dire tous les deux jours. A l’instar de ses précédentes réalisations, Brett Hayley se concentre avant tout sur le bien-être, ainsi que les moments de joies que vivent les personnages. Belle idée permettant de lier rapidement les personnages aux spectateurs afin d’apporter avec plus de subtilité et de naturel, les moments d’émotions. De beaux moments qui clôturent les séquences dédiées aux moments de doutes et aux prises de conscience. Hearts Beat Loud n’en demeure pas moins avant tout un film positif, lumineux et joyeux. La direction artistique est colorée, les personnages et lieux dans lesquels ils évoluent sont colorés orientant non-négligemment l’ambiance du film. Ce qui donne à l’œuvre une identité et un ton très agréable, à l’image de cette bande originale merveilleuse. Superbement exploitée, la musique est un personnage à part dans le film. C’est tout autant un élément qui va permettre de réunir les personnages, de les rendre heureux et joyeux, qu’un élément qui va être vecteur d’émotion pour le spectateur. Les musiques sont belles, majoritairement pop, rythmées et entraînantes.

« Les cœurs palpitent au rythme des musiques. » Oui la subtilité n’est pas au rendez-vous, mais la subtilité ne fait pas tout. C’est cette simplicité et cette accessibilité immédiate, qui permet au film de toucher un large public. Porté par une bande originale énergique, dynamique et aux paroles lumineuses à l’image de la relation entre les deux personnages principaux, Hearts Beat Loud est un feel-good movie que l’on regarde et regarde de nouveau sans déplaisir. On en connaît le déroulement et la fin dès le lancement du premier visionnage, mais on se laisse transporter par cette vibe positive et communicative créée par un réalisateur au regard bienveillant, ainsi que deux acteurs à l’alchimie inébranlable. Un plaisir de jeu qui transparaît à l’image, communicatif envers un spectateur qui sortira de la séance le sourire aux lèvres et de belles musiques en tête.


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