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Quelques mots, sur ces œuvres que nous découvrons depuis le Québec ou la France, sur notre écran d'ordinateur ou dans notre salle de cinéma favorite.

Halloween Kills

« Dans Votre Écran », votre rubrique qui revient en quelques mots, sur ces œuvres -majoritairement audiovisuelles- que nous découvrons depuis le Canada ou la France, sur notre écran de salon, d’ordinateur ou dans notre salle de cinéma favorite.

Halloween, saga initiée en 1978 avec le film Halloween : La Nuit des Masques écrit et réalisé par John Carpenter sous la supervision de la productrice Debra Hill… on ne va pas vous fredonner cette même chanson que vous connaissez tous et toutes par cœur. Halloween premier du nom est un bijou de mise en scène, quelque peu datée pour un œil d’adolescent millénial habitué aux sensations fortes, mais impactant, car significatif et logique dans la manière de bâtir une psychologie comportementale à un boogeyman mutique et majoritairement stoïque. Initié par un script qu’il a co-écrit aux côtés de Jeff Fradley et de Danny McBride, le cinéaste David Gordon Green a décidé d’offrir à la franchise Halloween, la fin qu’elle méritait. Si on va dans son sens tout du moins. Trois films respectivement nommés Halloween, Halloween Kills et Halloween Ends. Sortie en octobre 2018 à l’international, Halloween avait m’avait laissé sur une note amère.

De vraies belles idées de mise en scène (une imagerie forte à défaut d’être délicate), un amour inconditionnel du matériel original dans sa manière d’écrire et de faire évoluer les personnages, ainsi que leurs problématiques (qui les lient ou non), mais un non-respect à cette fameuse psychologie comportementale qu’avait instauré John Carpenter dans le premier film. Halloween, version 2018, se veut être une suite directe au film de 1978. Pour John Carpenters, il n’était pas question en 1978 de faire de faire l’analogie entre The Shape et Michael Myers. D’après ma lecture du film tout du moins. Par sa mise en scène, le cinéaste inculquait une raison et une logique, dans la façon dont le boogeyman choisissait ses cibles. Mais était-ce Michael Myers ou The Shape que John Carpenters mettait en scène au sein de ce film initiatique ? Question autour de laquelle tout à chacun peut bâtir son propre raisonnement, David Gordon Green a décidé d’aller de l’avant avec la version de 2018. Dès lors que Michael voit le masque, en prison, renaît en lui un feu ardent qui va être intégralement consumer la part d’humanité qui subsistait dès lors qu’il va le remettre. Raisonnement, qu’est le mien, mais qui fait sens au re-visionnement du film (réactions des prisonniers dans la scène de la prison, manière d’iconiser The Shape lors de chaque meurtre…) et plus encore, lors du visionnement de sa suite Halloween Kills.

Suite directe du film de 2018, Halloween Kills met en image la seconde et dernière partie de cette nuit du 31 octobre 2018, où le visage et l’humanité de Michael Myers disparaissent pour la dernière fois derrière le masque de The Shape, provoqué par des journalistes en manque de sensations. Pourquoi, cette ultime provocation l’a poussé à cette vengeance brutale et sans concessions ? Telle est la question qui a retenue l’attention de notre trio de scénaristes. Question, somme tout, extrêmement simple et qui trouve réponse sans grande subtilité ou ingéniosité, mais qui nous permet de voir claire dans le jeu de cette nouvelle trilogie. Par le biais de flashbacks (exécuté avec un amour inconditionnel envers le film de 1978 en recréant une ambiance colorimétrique absolument unique), ainsi que d’explications plus ou moins subtiles (le dialogue n’étant pas le fort du script), le scénario met en exergue un Michael Myers en quête de vengeance. Un Michael Myers qui efface volontairement toute once d’humanité afin de laisser parler sa brutalité, offrant aux citoyens de ce qu’ils disaient subir depuis quatre décennies.

Thématique à la mode et souvent exploitée lorsqu’il est question des problèmes liés aux réseaux sociaux aux médias, le scénario joue avec malice la carte du on-dit et de l’image apposée (puis imposée) par un effet de rassemblement provoqué par des personnes qui ne cherchent pas plus que ça à comprendre ce envers quoi ils hurlent. « Vous avez dit de moi pendant 40 ans que je tuais n’importe qui se dressant sur mon passage, alors que non ? Voyez ce dont je suis réellement capable. » Parti pris scénaristique qui vient insuffler une logique, fondamentalement humaine, dans le comportement de Michael Myers. Humaniser ce qui ressemble au geste ultime de Michael Myers, alors qu’il est à l’image, simplement présenté par des actions dont l’extrême brutalité viennent le déshumaniser. Un comportement initié dans le premier film, mais ici décuplé sur tous les plans, notamment dans la manière d’exposer et de détruire les corps de celles et ceux qui se dressent sur son passage. Une boucherie, ponctuée de moments de silence ou le boogeyman contemple ce qui l’entoure afin de tuer avec grandiloquence. Michael Myers accepte le démon qui est en lui, embrasse la mythologie que les citoyens – de la ville fictive de Haddonfield dans l’Illinois – lui confère depuis 40 ans et devient cette représentation du mal. Inarrêtable et immortel.

Non Halloween Kills n’a pas la finesse et l’intelligence de mise en scène que pouvait avoir Halloween premier du nom, voire son second opus. Il n’a pas non plus le magnétisme dont faisaient preuve les orchestrations de compositions aujourd’hui encore plus significatives que le film en lui-même. Néanmoins, Halloween Kills n’est pas non plus ce slasher vulgaire et honteux tel que certains professionnels ont pu le dire. Si grossièrement écrit lorsqu’il est question des personnages secondaires (tous ces caméos complètement inutiles), ce Halloween Kills apporte des réponses qui en plus de donner une justification aux actes initiés par The Shape dans le film de 2018, permet de développer un tant soit peu la psychologie comportementale de ce dernier entre 1978 et 2018. Comment la question de la mythologie et du folklore autour du personnage va-t-elle être traitée dans ce qui est annoncé comme le dernier opus ? Réponse dès le 14 octobre 2022 dans les salles de cinéma.

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