Genèse, la réunion de la fine fleur de la nouvelle génération d’actrices et d’acteurs francophones



Synopsis : « Guillaume est un des adolescents les plus fantasques de son collège privé. Avec son humour et son aisance des mots, il est capable de replacer n’importe quel camarade de classe et même d’imiter son professeur. Son amour secret envers son meilleur ami risque cependant de lui jouer des tours. Pendant ce temps, sa demi-soeur Charlotte reçoit une drôle de proposition de son copain; avoir une relation plus libre. Il ne lui en faut pas davantage pour nouer un lien affectif avec un homme plus âgé qu’elle. Lorsque l’amour cogne à la porte, tout peut arriver… » 


Alors que ne sommes, à l’heure où l’on écrit ces quelques mots, qu’à la moitié du troisième mois de l’année, nous pouvons déjà affirmer que 2019 semble être partie pour être une grande année pour le cinéma québécois. Si certains journalistes québécois déclaraient que 2018 était une année en deçà, malgré quelques perles dont l’excellent Chien de Garde, 2019 surprend semaine après semaine. Si tous les films ne sont pas au même niveau, les œuvres se démultiplient et certaines marquent plus que d’autres. Troisièmes Noces côté déception, mais on pense avant tout et surtout à Malek, Répertoire des Villes Disparues, Une Colonie, L’Amour, et ce, sans parle du slasher Slaxx prévu pour la fin d’année ou encore d’une comédie populaire prévue pour cet été, que l’on a déjà eu la chance de voir et qui est vraiment surprenante. Une année déjà riche et éclectique, mais ici c’est bel et bien un certain Genèse qui nous intéresse. Une œuvre sur l’amour, sur la naissance et la découverte de l’amour sous toutes ses formes.

Si Genèse est une oeuvre qui traite avant tout de la naissance d’un amour ou d’un désamour suite à une mésaventure, il est intéressant de voir cette genèse par le prisme de cette jeunesse francophone (québécoise et française) ici mise en avant. Avant même d’être une histoire, pour ne pas dire plusieurs histoires, Genèse c’est avant tout un casting. Un casting hétéroclite, mais qui a l’audace et le panache de rassembler la fine fleur du cinéma québécois alors même que la majorité d’entre eux, n’étaient au moment du tournage pas encore bien connu du public. Emilie Bierre (depuis reconnue avec le film Nos Colonies), Maxime Dumontier (que l’on avait rencontré l’année passée pour sa prestation dans le film Y’est où le Paradis), Rose-Marie Perreault (découverte dans le très bon Les Faux Tatouages et depuis dans 80% des productions québécoises pour le cinéma et la télé), mais également Théodore Pellerin (incroyable premier rôle du non-moins incroyable Chien de Garde), ainsi que la jeune française Noée Abita (découverte en 2017 au Festival de Cannes avec Ava). Cinq jeunes acteurs et actrices, mais que l’on peut déjà catalogués comme cinq excellents acteurs et actrices qui démontrent rôle après rôle, être capable de porter un film afin de donner vie à des personnages et par déduction, à des histoires dont la vocation va être d’émouvoir ou de faire rire. Le directeur ou directrice de casting, signe un coup de maître en réunissant ces talents ensemble devant la caméra. Et ce, sans oublier les nouveaux entrants, également très bons.

Réunir de belles pointures, qui ont su faire leurs preuves est une chose, mais réunir de bons acteurs et de bonnes actrices parce que leurs profils correspondent à la caractérisation des personnages réalisés dans le scénario en est une autre. Là est la véritable force du scénario écrit par Philippe Lesage. S’ils sont bons et portent incontestablement le film vers le haut, c’est parce qu’ils répondent parfaitement aux critères établis dans le scénario. Tant dans la carrure et le charisme (qui va correspondre aux idées de mise en scène du cinéaste), que dans le caractère (qui va correspondre aux dialogues écrits par le cinéaste). Ils sont bons et le cinéaste exploite parfaitement ce dont chaque acteur.rice est capable de faire, tout en ayant pas peur de chercher à creuser de nouvelles facettes d’acting encore peu exploitées par les acteurs et actrices en question. On pense notamment à Noée Abita qui tient ici un rôle de combattante une nouvelle fois, mais un personnage néanmoins plus fragile, car plus à même d’être blessée psychologiquement comme physiquement par des choix que le personnage va devoir assumer. Là où Ava était davantage un personnage évoluant dans cette jeune période de la vie où l’insouciance est mère à tous. Théodore Pellerin qui tient le premier rôle aux côtés de l’actrice française, démontre encore et toujours être capable de choses incroyables (d’une dureté, mais également capable de paraître d’une tendresse, d’une douceur et d’une fragilité incroyable) et possédant un charisme à tout épreuve.

Porté par un casting incroyable, Genèse est fondamentalement une oeuvre au sujet fleuve dont le grand intérêt va reposer sur la subjectivité de chacun. Phillipe Lesage met en scène trois jeunes destins, trois jeunes personnes qui vont se découvrir, tant sur le plan sentimental que sexuel. Ils vont faire des choix et agir d’une manière ou d’une autre. Des choix qui auront des répercussions et qui vont lourdement influer sur le ressenti du spectateur. Est-ce que l’on aime ce que Phillipe Lesage nous montre ? Est-ce que l’on est d’accord avec la façon d’agir et de réagir de tel ou tel personnage ? S’il est important de tout remettre dans le contexte de l’histoire, ainsi que de ne pas oublier l’age des personnages au moment des faits, il est très intéressant d’analyser le film par le prisme du ressenti subjectif du spectateur. Plus intéressant que de le faire de manière objective et purement cinématographique. Si le film est visuellement beau, une direction de la photographique très élégante et un montage très agréable qui ne cherche jamais à insuffler un rythme par le montage (parti pris risqué exposant le spectateur à des longueurs souvent interminables), il est rapidement rattrapé par son concept même : celui de montrer la genèse d’un amour. Si les profils sont différents, les histoires sont fondamentalement les mêmes et il serait possible d’en imaginer 1235 et de les mettre en scène exactement de la même manière. C’est lent, long, souvent prévisible et longuet. C’est beau et surtout remarquablement joué, mais il manque à cette Genèse un grain de folie, un grain d’incroyable, qui ne nous donnerait pas cette impression d’avoir assisté à des histoires banales, car fondamentalement normales. Pourquoi dans ce cas opté pour le cinéma de fiction au détriment du documentaire toujours bien plus fort, si c’était simplement pour mettre en scène des histoires banales ? Question fleuve à film fleuve.


« La fine fleur de l’acting francophone démultiplie l’intérêt d’un film, au demeurant beau, mais fondamentalement banal, car trop naturaliste et réaliste. » 


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