Gaspard va au Mariage réalisé par Antony Cordier [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Après s’être tenu prudemment à l’écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l’annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l’ont vu grandir… Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une sœur bien trop belle, il n’a pas conscience qu’il s’apprête à vivre les derniers jours de son enfance. ”

Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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Il n’est pas anodin d’écrire que Gaspard va au mariage est né sous une bonne étoile. Le troisième film d’Anthony Cordier bénéficie de la fraicheur de son casting et en même temps de la maîtrise de l’histoire, du ton et de la narration. À la découverte de cette histoire, on est à la fois marqué par cette jeunesse des acteurs qui font penser au premier film et dans le même temps, on comprend toute la maîtrise dont fait preuve Anthony Cordier. Bien entendu, tout n’est pas parfait car il y a quelques ruptures de rythme mais pour autant, on sort de la salle avec une sensation de bien-être.

Sur l’idée des remises en question au sein d’une même famille, le réalisateur propose trois chapitres et un épilogue qui mettent au premier plan chacun des protagonistes. Tous auront leur partition à jouer avec les autres, avant les autres et pour les autres. On appréciera aussi d’avoir fait de la mère disparue, un réel personnage auquel Elodie Bouchez prête ses traits pour quelques instants fugaces mais magiques.

Pour rendre cette magie dans Gaspard va au mariage, il est important de saisir toute la maîtrise dont fait preuve le réalisateur. Anthony Cordier joue avec les lumières, les filtres pour proposer les époques et non les opposer : l’enfance des frères et soeur, la vie dans le zoo colorée et chaleureuse et surtout les moments de doute où l’ambiance se veut grise, bleutée, froide car une menace pèse sur cet endroit. Postulat de départ : Gaspard revient dans sa famille pour assister au remariage de son père qui tient le zoo. La maison familiale est le coeur de cet endroit et son esprit. Mais comme Gaspard ne veut aller seul au mariage, le hasard “d’une rencontre écologique” le pousse dans les bras de Laura qui accepte de jouer la petite amie. Le duo Felix MoatiLaetitia Dosch fonctionne à merveille car il associe le côté lunaire de l’un à la fantaisie de l’autre. Découverte cette année dans Jeune femme, la demoiselle propose une interprétation ancrée dans le réel afin d’être le repère de Gaspard qui revient dans cette famille de doux-dingue.

Parlons-en de cette famille : Christa Théret est enfin de retour sur grand écran après son passage dans Marguerite en 2015. Et dans ce rôle de petite soeur couverte d’une peau d’ours, elle est inquiétante et déroutante. Avec un père azimuté comme l’est Johan Heldenbergh, il faut bien que Guillaume Gouix apporte l’équilibre adulte de cette famille qui veut vivre de ce zoo. Mais l’entreprise familiale a du plomb dans l’aile et ne semble plus viable. Le mariage n’est-il pas le moyen de réunir une dernière fois la famille autour de ce beau projet ? Bercé par la musique magnétique et enivrante de Thylacine, chaque chapitre et chaque moment de basculement du film sont marqués par un univers sonore et visuel différent… même si on retrouvera l’avancée au ralenti de chacun des personnages quand le titre du chapitre est annoncé pour marquer la peur de bascule dans un univers où les repères seront autres.

En résumé, le nouveau film d’Anthony Cordier est à la fois un hymne à la famille et une volonté de permettre à tous de vivre ses rêves loin de cette famille pourtant aimante mais barrée. Si le casting fonctionne à l’unisson, Gaspard va au mariage enivré par l’envie d’appartenir à cette famille dysfonctionnelle et terriblement attachante.

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