Game Night réalisé par Jonathan Goldstein et John Francis Daley [Sortie de Séance Cinéma]


Synopsis : « Pour pimenter leur vie de couple, Max et Annie animent un jeu une nuit par semaine. Cette fois ils comptent sur Brooks, le frère charismatique de Max, pour organiser une super soirée à thème autour du polar, avec vrais faux malfrats et agents fédéraux ! Brooks a même prévu de se faire enlever…. sauf qu’il reste introuvable. En tentant de résoudre l’énigme, nos joueurs invétérés commencent à comprendre qu’ils se sont peut-être trompés sur toute la ligne. De fausse piste en rebondissement, ils n’ont plus aucun point de repère et ne savent plus s’il s’agit encore d’un jeu… ou pas. Cette nuit risque bien d’être la plus délirante – et la plus dangereuse – de toute leur carrière de joueurs… »


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

Qu’il soit américain, français ou québécois, chaque pays renvoie une image aux autres au travers des œuvres cinématographiques qu’il aide à la production. Si le cinéma américain est aujourd’hui majoritairement catalogué comme un cinéma qui prône le spectacle par la comédie ou le blockbuster d’action, l’image du cinéma français est quant à elle régie par des comédies populaires dites « franchouillardes » et qui cartonnent au box-office. Petite parenthèse : Fort heureusement, ce ne sont que des images et chaque cinéma dispose d’œuvres toutes aussi éclectiques que la population du pays en question puisse l’être. Le cinéma indépendant américain regorge de pépites, tout comme le cinéma d’auteur québécois et le cinéma de genre français par exemple. Néanmoins, il faut faire avec ces images, voir de quoi il est question afin de tirer des conclusions et voir si évolution il y a, année après année. Parenthèse fermée. À l’image de la comédie française, les auteurs américains sont capables du pire comme du meilleur. Si certains auteurs ont su s’imposer au sein d’une industrie formatée grâce à une patte artistique évolutive film après film, d’autres se sont avérés être de simples « Yes Man », pantins de l’industrie. On aime critiquer, tirer des conclusions hâtives, mais il est bon de se tromper et de se rendre compte que ces « Yes Man » peuvent, avec l’expérience, évoluer et surprendre.

“Drôle, spectaculaire, rythmée et portée par une Rachel McAdams géniale, Game Night est une comédie d’action réjouissante !”


Scénaristes des films Horrible Bosses et Horrible Bosses 2 (tous deux réalisés par Seth Gordon), ainsi que du récent Spider-Man Homecoming, John Francis Daley et Jonathan Goldstein repassent derrière la caméra trois ans après la sortie de leur premier long-métrage : Vacation. Si la simple prononciation de ce dernier n’inspire rien de bon, ce second long-métrage nous prouve joliment le contraire. S’il ne révolutionne pas le cinéma, ni même le registre de la comédie américaine d’action, Game Night s’avère être une belle surprise. Un film suffisamment inspiré et bien mené pour être qualifié de comédie familiale aussi drôle que spectaculaire, dont la principale faculté est de s’adresser à tous, tout en ayant les atouts pour plaire à ce beau monde. Dans la droite lignée, dans le ton, d’un Horrible Bosses, Game Night est une comédie d’action au concept extrêmement simple, mais qui va chercher à se servir de ce dernier et à le développer perpétuellement. Racontant l’histoire d’une soirée de jeux dont la mise en scène fictive va se confondre avec une réalité imprévue, Game Night embarque le spectateur tel un pion qui va être baladé de case en case. Chaque case étant une nouvelle séquence, une avancée dans l’histoire dont l’objectif est de permettre la dissociation entre la réalité et la fiction. Si le concept est simple de prime abord, il s’avère avant tout extrêmement malin.

Dans un premier temps, la contextualisation de l’histoire va passer par les jeux de plateau. Un jeu de plateau conventionnel est quelque chose qui demande d’être créatif sur le plan artistique pour tenir en haleine le spectateur, le divertir. Rendre les parties intéressantes. On notera essentiellement l’utilisation d’une musique électro stimulante, d’un montage accéléré lors des parties et un jeu de focale pertinent (impression de miniaturisation lors des plans aériens), ainsi que l’utilisation d’un focus radiant pour donner l’impression aux spectateurs d’être plongés sur un plateau, transformant par déduction les personnages en véritables pions. « C’est intéressant, mais on fait vite le tour de la question et il faut savoir évoluer. Le jeu de plateau n’était qu’une introduction. » Tel est le message que font comprendre les auteurs par le simple fait de jeter au sol les jeux de société. Passer du jeu de plateau au jeu de rôle avec mise en scène et incrustation dans le réel. Le jeu qui ne devait être qu’une mise en scène devient un jeu macabre, mais est-il toujours aussi fictif ? De cette manière, le scénario se renouvelle très rapidement et les scénaristes s’offrent du beau grain à moudre. Notamment en ce qui concerne le personnage principal féminin incarné par une Rachel McAdams éclatante. Son personnage passe par tous les états possibles et se révèle comme étant l’héroïne de ce Game Night. Ce sont ses actions et ses initiatives qui vont sans cesse relancer le récit et permettre aux séquences de s’enchaîner avec une certaine logique. Les autres personnages sont bien plus en surface. Par moments assez drôles grâce à une ou deux répliques claquées au bon moment, mais moins intéressantes à cause de caractérisations moins développées au point que leurs interventions, au préalable assez drôles, deviennent rapidement redondantes, agaçantes et prévisibles.

Grâce à un scénario bien écrit et supporté par une structure narrative bien construite (en trois étapes avec son lot de rebondissements), les personnages sont rapidement caractérisés, l’action se lance sans plus attendre et le spectateur se laisse emporter dans ce jeu de piste. Même si peu palpitant à cause de facilités scénaristiques trop importantes (dues à une mise en scène automatique), les rebondissements font en sorte que le rythme ne faiblisse pas et que l’action perdure jusqu’au générique de fin. Les acteurs s’en donnent à cœur joie, quelques répliques bien senties font rire et le film surprend grâce à un dynamisme entraînant et une réalisation de bonne facture. Les plans sont fonctionnels et s’en tiennent à illustrer les faits, mais ils sont agréables à l’œil, bien éclairés (pas de surexposition et des sources lumières diégétiques qui crées du dynamisme dans l’image) et l’action est limpide, pas charcuté par un montage porté par un surdécoupage frénétique. On en vient à être frustré par un certain manque de créativité et de recherche visuelle, prouvant que la base est bonne et que le duo John Francis Daley/Jonathan Goldstein aurait été en mesure d’élever le niveau. Drôle, spectaculaire, rythmée et portée par une Rachel McAdams géniale, Game Night est une comédie d’action réjouissante !


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