Fighting with my Family, le MVP inattendu de chez WWE Studios



Synopsis : « Ricky, ancien gangster, Julia, Paige et Zak font partis d’une famille de catcheurs. Les enfants, Paige et Zak, s’inscrivent dans un concours de WWE. Bien que talentueux, les deux jeunes gens vont devoir se battre, au sens propre comme au figuré, afin de devenir des stars de cette pratique. »


Si on vous dit WWE, vous pensez… catch. Bon jusqu’ici rien de bien surprenant. Mais si on vous demande de réfléchir à la question tout en prenant uniquement en compte le cinéma. Seriez-vous capable sur l’instant de nous citer un film produit par la WWE qui, sur le plan cinématographique, vous a soulevé une oreille ? S’il y a des films que l’on peut aimer, de purs et bons plaisirs coupables comme on vous citerait pel mel : The Condemned, direct to DVD paru en 2007 en France avec dans le rôle principal Stone Cold Steve Austin. Quand Hunger Games rencontre l’univers de la WWE avec une réalisation bien nerveuse, mais lisible, contrairement à bien des DtV. Mis à part les DtV tous plus douteux les uns que les autres, purement et simplement produits afin de permettre aux stars du catch de tenter une approche du grand et du petit écran, les productions WWE brillent rarement. Jusqu’à ce jour et l’arrivée d’un certain Dwayne Johnson dans le business Hollywoodien. Du statut de catcheur au statut d’homme d’affaire et de célébrité la plus influente au monde, il n’y a qu’un Rock. Producteur exécutif du film aux côtés de sa partenaire de toujours Dany Garcia, Dwayne Johnson s’affiche en tant que fer de lance d’un projet bien plus intimiste et émotionnel qu’on aurait pu le songer. Quelques petites minutes d’apparition à l’écran, et l’aura intra comme extradiégétique, d’un mentor qui a met sa popularité et quelques centaines de milliers (millions ? sur un budget estimé à 11 millions) de dollars, au service d’un projet authentique.

Authenticité, émotionnelle, intimiste… trois qualificatifs qui sur le papier ne collent en rien avec l’image que WWE Studios se traîne. Néanmoins ce est-ce qu’il en est réellement concernant le projet Fighting with my Family. Libre adaptation cinématographique d’un documentaire qui retrace la même histoire, Fighting with my Family raconte l’histoire vraie d’une jeune anglaise dont la jeune vie a été bercée autour du catch. Cette famille boit catch, mange catch et vie catch, jusqu’à s’affronter sur le ring chaque semaine. Ils vivent de leur passion et vivent heureux, mais ce n’est pas aussi rentable et facile qu’une vie de famille classique avec un père et une mère qui se lèvent chaque matin pour aller au bureau. Vous voyez venir la suite ? Tel que son titre le laisse supposer, Fighting with my Family n’est pas un film qui va vous épater grâce à son histoire. Tout y est résumé, titre très évocateur et volontairement grandiloquent pour attirer un large public à l’image de son affiche. Épousant l’archétype d’un schéma narratif linéaire et on ne peut plus traditionnel dans sa construction, Fighting with my Family ne surprend pas. Néanmoins, et comme on aime le préciser lorsque c’est opportun de le faire, il ne faut pas confondre histoire et scénario.

Si son histoire est très simple, son scénario est quant à lui très bien écrit. Réalisateur et scénariste du film, Stephen Merchant adapte son scénario autour de ce schéma narratif traditionnel et sans prétention. Il s’en sert afin de mettre en confiance un spectateur ici en terrain conquis, mais dans l’expectation d’être tout de même emporté. Ce qu’il va être grâce à un panel de personnages superbement écrits, ainsi qu’à des situations qui permettent aux personnages de se dépasser, de se remettre en question, d’évoluer. Des personnages authentiques, drôles et dotés de véritables personnalités qui vont nous pousser à les aimer, mais également à détester certaines de leurs réactions grâce au parti pris subjectif du spectateur. Aucun mépris à l’égard de ses personnages, aucune once de jugement ou de méchanceté, mais une bienveillance bouleversante qui pousse le scénario à mettre chaque personnage face à des dilemmes moraux. Une authenticité et une sincérité naturelle permettant au film de voguer de séquence en séquence, d’émotion en émotion. Drôle, touchant et extrêmement bien rythmé grâce à un sens de la répartie à toute épreuve. Les dialogues vont à l’essentiel et servent toujours à quelque chose, que ce soit à faire avancer l’histoire, à développer la caractérisation d’un personnage ou bien à servir une des thématiques fortes au film.

Fighting with my Family est un film sur des catcheurs et catcheuses, c’est par déduction un film qui va souffrir de l’image affublée au catch. Une image dont le scénariste se sert avec astuce afin de développer un propos sur les stéréotypes et sur l’image que l’on peut avoir des choses alors que l’on n’y connaît rien. Ce qui passe par l’image de ce sport qu’est le catch, mais également par l’image de la catcheuse et plus généralement de la femme. « Tu es blonde, avec une belle poitrine est de belles fesses ? Tu dois être une mannequin écervelée. Tu es petite et aimes des choses bizarres ? Tu es étrange, restes dans ton coin. » La précision des dialogues et de la mise en situation permet au film de viser juste et de délivrer un message fondamentalement essentiel. Un message mis en scène avec simplicité, mais qui, grâce à cette simplicité, s’adresse à tous et saura faire réfléchir. Étonnamment il s’adresse à tous, mais essentiellement à ceux qui n’aiment pas le catch à cause de l’image que ce sport renvoie et donc ces personnes qui ne regarderont pas le film. Aller chercher un autre public, réussir à les convaincre de regarder et découvrir un film authentique, bienveillant et à la sincérité bouleversante. Telle est la belle histoire derrière Fighting with my Family. Une œuvre qui ne paye pas de mine, qui ne donne peut-être pas envie, mais donnez-lui sa chance vous ne le regretterez pas.


« Don’t try to be the new The Rock, be the first you. »


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