[Festival] FIFAM 2015 #5 – Comédie française vs Comédie américaine

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[Festival] FIFAM 2015 #1 – Une ouverture un peu particulière

[Festival] FIFAM 2015 #2 – Début de la compétition avec El Apostata

[Festival] FIFAM 2015 #3 – John Landis et Andrei Cretulescu, la belle rencontre

[Festival] FIFAM 2015 #4 – Un programme riche et éclectique

Jusqu’à ce jour, cette 35e édition du Festival International du Film d’Amiens s’est surtout avérée être l’occasion de découvrir des films qu’on n’avait jusqu’ici jamais vus. Des films réalisés par Albert Lewin par exemple, mais surtout la filmographie de John Landis, invité d’honneur de cette édition du festival. C’est donc en toute logique qu’en ce cinquième jour de festival j’ai prolongé la découverte avec deux autres films réalisés par John Landis. Mais avant ça, place à un autre invité du festival : Pierre Salvadori. Réalisateur français, Pierre Salvadori fait partie des rares qui ont réussi à ne pas céder aux sirènes de la comédie française populaire. Ce dernier a son style bien à lui. Un cinéma humain, au plus proche de ses personnages et qui prend conscience des problèmes de ses derniers. Les classes sociales sont mises en avant dans chacun de ses films et il aime jouer de l’humour, des différentes formes d’humour pour créer des rapprochements et conflits entre deux personnages, deux classes sociales que tout oppose. Hors de Prix, Dans la Cours, mais également Les Apprentis, sa première réalisation qui nous fût présentée lors de cette cinquième journée du Festival International du Film d’Amiens.

Les Apprentis, paru au cinéma en 1995 avec dans les rôles titres, Guillaume Depardieu et François Cluzet est une comédie qui pose des questions sur la responsabilité de chacun, mais qui avant tout souhaite faire rire grâce à un duo comique. Deux personnages que tout oppose, deux modes de vie complètement différents, mais deux losers qui n’osent pas faire le premier pas. C’est l’histoire de deux personnages qui vont par leurs oppositions et confrontations, malgré le fait qu’ils soient amis, vont se pousser l’un, l’autre pour aller de l’avant. Un film porteur d’espoir, qui fait passer un beau message et réussit surtout à faire rire. Les différences de caractère qui résident entre les deux protagonistes reste l’élément clef du film. L’élément porteur qui va permettre de créer le rire par l’incompréhension et la différence de ton. L’un sera plus décontracté alors que l’autre se pose beaucoup de questions. Ce qui va donner lieu à des situations comiques, jamais surréalistes, toujours en restant dans un contexte réaliste au travers duquel le spectateur peut se retrouver. Revoir des moments de sa vie s’il a été amené à vivre, effectuer les mêmes choses.


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Les Apprentis est vraisemblablement une bonne comédie française populaire parisienne, car ne cherche pas à faire dans la surenchère. Une comédie sur l’amitié et l’homme en règle général, qui se contente de ça. Ce qui suffit amplement pour faire passer aux spectateurs un bon moment. La mise en scène s’avère prévisible lorsqu’il s’agit d’amorcer des gags de situations ou à la limite du burlesque, mais qui reste efficace, car c’est ce que le spectateur souhaite voir. Les deux vont dans le même sens et ça fonctionne. Un film que l’on pourrait rapprocher du cinéma de Cédric Klapisch, pour les thématiques exploitées et notamment celles de la vie à plusieurs et des relations. Il a aujourd’hui 20 ans, mais le film fonctionne toujours autant, même si la photographie presque naturaliste fait que le film reste visuellement bloqué dans son époque.

Voir une comédie comme Les Apprentis fait du bien en plein festival. On passe du cinéma de John Landis complètement loufoque et irréaliste, frôlant le registre de la parodie, à une comédie parisienne drôle et sympathique, qui ne cherche pas à faire dans la surenchère. Cependant, on aime le cinéma de John Landis et on a enchaîné avec la projection de Drôle d’Espion. Sorti en salles en 1985, avec Dan Aykroyd et Chevy Chase dans les rôles titres, Drôle d’Espion pourrait être présenté comme le James Bond de la comédie. On est loin du cynisme et de la folie d’un OSS 117 pour ne parler que de cet espion parodique, mais Drôle d’Espion est une comédie plutôt réussie. Une version drôle et réussie de Double Zéro avec Éric et Ramzy qui a clairement plagié le film de John Landis, presque plan par plan. En terme de réalisation ou de mise en scène, le film n’invente clairement rien, mais le réalisateur s’appuie sur ses premiers et seconds rôles pour créer le rire. John Landis met en avant ses acteurs et va vers eux pour déclencher le rire.


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Sans Dan Aykroyd et Chevy Chase, le long-métrage n’existerait pas ou ne serait pas aussi drôle. Ils portent le film par leurs mimiques et façons de s’exprimer. Les dialogues ne sont pas irrésistibles, les situations ne prêtent pas toujours immédiatement à rire, mais John Landis sait placer ses acteurs pour capter le moment où ils apporteront ce moment de rire, cette réplique qui pourrait sauver toute une séquence. Les seconds rôles sont également un des facteurs du rire. Voir Terry Gilliam ou Sam Raimi faire des apparitions dans le film créer toujours son petit rire ou sourire. À l’image de toute la filmographie de John Landis, Drôle d’espion est une comédie sympathique grâce à son casting et sa démesure poussée à l’extrême, mais qui possède ses moments de flottement. Des moments qui nous font trouver le temps long. Et des moments comme ça, durant un festival où on voit en moyenne quatre films par jour, on les remarque très (trop) facilement.

On ne parlera pas de la copie pellicule du film qui n’était pas en très grande forme. Des sautes, des problèmes de son sur la fin et des sous-titrages en français et néerlandais. Les aléas du festival qui sans ces problèmes ne serait plus le festival ! Après deux comédies et une pause déjeuner, ce n’est pas du luxe de manger un peu, de retour à la compétition avec la projection du quatrième film qui concours pour le prix de la Licorne d’Or. Après quatre films tournés en “live action”, place au cinéma d’animation, à une animation très particulière. Réalisé par Anca Damian, La Montagne Magique revient sur l’histoire d’Adam Jacek Winker, réfugié polonais à Paris qui s’est ensuite rendu en Afghanistan pour combattre aux côtés du commandant Massoud. Visuellement, il est difficile de critiquer le film. Mélangeant plusieurs styles d’animation, du carton-pâte aux dessins traditionnels, le film réussi à ne pas ennuyer ou devenir redondant grâce à ces changements de style radicaux. Le spectateur ne sait pas à quoi s’attendre avec le prochain plan et la prochaine esthétique employée.


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Néanmoins, on lui reprochera cet aspect fais à la maison, qui peut décontenancer et ne pas permettre de suivre à la fois ce qui se déroule à l’image et la narration effectuée en voix off par Miosec. On n’est pas dans un cinéma démonstratif, mais un cinéma informatif : “Comment présenter aux plus jeunes l’histoire d’un homme qui a vécu un exode, puis la violence de la guerre ?” Une démarche qui se défend, mais qui nous a laissée de marbre. L’imagerie ne réussit pas à se détacher de la voix off omniprésente qui raconte l’histoire de cet homme. Oui visuellement c’est beau, mais l’histoire qui est contée est tellement forte et riche en évènements à potentiels cinématographiques qu’on souhaiterait en voir plus. Ne pas se contenter d’une animation “traditionnelle” et entrer dans le vif du sujet pour développer chacune des séquences traumatisantes de la vie d’Adam Jacek Winker. Une vie riche et tragique, qui mériterait, afin que l’hommage envers lui soit encore plus beau, qu’on entre dans les travers et la vicéralité des propos au travers d’un film de fiction. Un film qui n’est pas décevant, car on n’en attendait rien, mais extrêmement frustrant. Tout est là, tout nous est exposé et développé, mais on ne voit rien, on ne reste que simple spectateur.

Comment sortir de ce sentiment de colère, né de la frustration du film précédent ? Par la projection d’une comédie réalisée par John Landis bien évidemment ! Après Drôle d’Espions, place aux Trois Amigos avec Steve MartinMartin Short et Chevy Chase encore et toujours présent. On est prêt à voir une bonne comédie pour bien achever cette nouvelle journée de FIFAM et là c’est le drame. Le film débute. La copie semble belle et les sous-titres n’ont pas l’air d’avoir de soucis. Ça commence bien. Dès le début du film, on sent qu’il y a un problème. L’action se déroule au Mexique, mais les acteurs semblent avoir été doublés en post-synchro. La synchronisation lymbiale laisse à désirer. On se pose des questions. Quand Steve Martin et Chevy Chase se mettent à parler en espagnol avec un doublage catastrophique, on ne se pose plus de questions : la piste audio n’est pas la bonne. À cause de ce doublage catastrophique en espagnol, le film ne faisait pas rire une simple seconde. C’était catastrophique. Autant rapidement sortir de la salle pour garder la surprise et voir le film dans de bonnes conditions. Et en version originale !

 

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