[Festival] FIFAM 2015 #3 – John Landis et Andrei Cretulescu, la belle rencontre

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[Festival] FIFAM 2015 #1 – Une ouverture un peu particulière

[Festival] FIFAM 2015 #2 – Début de la compétition avec El Apostata

[Festival] FIFAM 2015 #4 – Un programme riche et éclectique

[Festival] FIFAM 2015 #5 – Comédie française vs Comédie américaine

La véritable première journée de festival sera donc ce dimanche 15 novembre. Un dimanche qui commence par la projection du second film en compétition. Un film qui se nomme Un Dia Perfecto Para Volar, réalisé par Marc Recha avec Sergi Lopez et Max Recha, fils du réalisateur. Un film sur lequel on ne s’étendra pas longtemps, puisqu’au-delà de la complicité entre Sergi Lopez et Max Recha qui donne lieue à de beaux plans iconiques, le film est vide. Les séquences s’enchaînent sans mettre en avant d’objectifs. Les dialogues et monologues sont longs et ennuyants. La mise en scène est inexistante et le tout manque cruellement de bande sonore, d’enjeu pour réussir à transporter ou faire vibrer le spectateur. Un film tout simplement ennuyant. La journée n’a pas commencé comme on aurait pu l’aimer, mais un homme va réussir à lancer le festival comme il se le devait. Cet homme n’est autre que John Landis.


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C’est avec une masterclass de près de deux heures trente qu’il inculqua une leçon aux spectateurs présents dans la salle. Une masterclass qui s’est étendue sur toute la carrière du réalisateur. De ces débuts en tant qu’assistant et cascadeur sur de très nombreux tournages, jusqu’à aujourd’hui, en passant par les grands changements dans le cinéma, le business qu’est maintenant le cinéma, ainsi que son fils, Max Landis, et la carrière qu’il est en train de se forger. On vous reparlera en détail de ce cinéaste à part, dans un article qui lui sera consacré très bientôt. Ce n’est pas un grand réalisateur, sa filmographie pourrait être caractérisée comme étant spéciale, mais il s’est quand même fait un nom de la plus belle des manières. Son fils semble bien parti pour suivre son exemple et sera un nom à suivre dont on entendra parler encore et encore. John Landis est un grand cinéphile. Sa filmographie est ponctuée par les réalisations de films d’horreur et nanars. Pas de films que l’on pourrait catalogués comme des films de genre a proprement parlé, mais il les apprécie également. Ce n’est donc pas une surprise que de le retrouver parmi les spectateurs lors de la présentation de Pygmalion #2.

L’année passée était l’année de lancement du programme Pygmalion. Le programme Pygmalion permet au Festival International du Film d’Amiens de mettre en lumière un cinéaste qui débute sa carrière. D’offrir de la visibilité à ses premiers projets, de lui permettre d’aller travailler pendant un an à la Villa de Medicis à Rome avant d’éditer un DVD de ses premiers films. Une très belle opportunité mise en place par le premier festival qui devient pour l’occasion éditeur. La première édition de Pygmalion fut une excellente surprise, avec la découverte du jeune cinéaste portugais, Carlos Conceiçao. Une vision unique du cinéma transposé par des courts-métrages qui le sont tout autant. On avait eu l’occasion de lui poser longuement des questions lors d’un entretien. Vous pouvez retrouver ici même cet entretien. Cette année, on change de registre et on part vers le film de genre.


Bad-Penny-Andrei-CretulescuKowalski-Andrei-Cretulescu


Un registre particulier et auquel le cinéma ne rend pas toujours le plus bel hommage. Critique de cinéma, avant de devenir producteur pour HBO Roumanie puis maintenant réalisateur, Andrei Cretulescu trace avec ses premiers films le début d’une carrière prometteuse. Trois courts-métrages à la fois similaires dans leurs thématiques, mais complètement différents dans leurs conceptions visuelles. Un mélange savoureux entre le cinéma de Nicolas Winding Refn et du film Hyena réalisé par Gerard Johnson. Alors que Ramona, son dernier film en date pourrait très bien faire une percée lors de la cérémonie des Oscars 2016, ce sont ses deux premiers films, Bad Penny et Kowalski, qui nous ont le plus touchés. L’un est un remarquable hommage à l’art en règle générale, l’autre est un tableau, un plan-séquence de vingt minutes savoureux. Crus dans leurs propos et violents, ils n’en restent pas moins des films aux paroles censés et à l’identité visuelle bien forgée. On vous en reparlera plus en détail à l’occasion de la publication d’une interview d’Andrei Cretulescu que nous avons pu réaliser avec William Tessier, rédacteur en chef et créateur (!) du blog Ma Semaine Cinéma.  Une interview particulièrement bonne, pendant laquelle on a découvert un cinéphile qui réussit grâce à son passé de critique à prendre suffisamment de recul sur ses propres films. Un cinéphile ouvert d’esprit et très sympathique. Une interview qui nous restera marquée notamment par l’interruption faite par John Landis en personne pour une séance photo décomplexée et très drôle.

Une véritable première journée de festival qui fût réjouissante et très plaisante. Rencontrer deux tels cinéphiles fût un véritable plaisir et quoi de mieux qu’un joli nanar avec des vampires pour achevée cette journée ! Aller à la projection du film Innocent Blood réalisé par John Landis avec Anne Parrillaud dans le rôle-titre, sans rien savoir du film, c’est s’attendre à être surpris. Surpris d’une belle manière ? Pas certains, mais si on est amateur de films de vampires qui ne se prend pas au sérieux une seule seconde, que l’on aime l’autodérision et le non-sens, c’est parfait. Mis à part Anne Parillaud qui réussit encore et toujours à surjouer même dans un film tel que celui-ci, Innocent Blood est un film délirant. Un film qui durant plus d’une heure trente enchaîne les punch-lines et scènes d’action toutes aussi invraisemblables les unes que les autres. Comme a pu nous le dire John Landis : “Le cinéma est fait pour faire croire des choses aux spectateurs. On peut leur faire croire à l’impossible dans un contexte ou avec des personnages réalistes”. Innocent Blood est clairement l’antithèse de sa déclaration, mais il arrive à nous faire passer un très bon moment.


On ne sait pas encore ce que nous réserve demain, mais elle va devoir frapper fort pour dépasser ce dimanche haut en couleurs ! On terminera sur la bonne parole de John Landis envers ceux qui ont tué à Paris et qui sera le mot d’ordre du festival : “Fuck Them !”

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