[Festival] FIFAM 2015 #2 – Début de la compétition avec El Apostata

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À cause des évènements qui se sont déroulés à Paris le vendredi 13 au soir, on ne savait pas de quoi serait fait le futur du festival. Continu, gelé le temps des trois jours de deuil national ou tout bonnement annulé ? À 08h nous n’en savions pas plus que la veille. Nous nous sommes donc rendus à la Maison de la Culture d’Amiens afin d’en savoir plus sur la situation et à quoi nous pouvions nous attendre. Une chose est sûre, à en voir les rues vides de la ville, ce ne sera pas une journée comme les autres. Dans l’attente des nouvelles provenant de la préfecture, le festival peut continuer et même débuter avec la projection du premier film en compétition : El Apostata. Le Festival International du Film d’Amiens possède chaque année une compétition de longs-métrages. Des films qui très souvent sortent dans moins de dix salles en France, sauf exception qui confirme la règle. C’est toujours la découverte et la surprise qui priment lorsque l’on décide d’aller voir un film en compétition. Avec El Apostata, la compétition ne commence pas sous les meilleurs hospices.

Réalisé par Frederico Veiroj, El Apostata s’annonce comme une comédie légère qui traite de sujets difficiles comme la religion. Un programme alléchant, mais le résultat va s’annoncer tout autre, même si tout n’est ni rose, ni noir dans ce film assez singulier. El Apostata part du principe qu’un personnage flegmatique et légèrement je-m’en-foutiste sur les bords peut amorcer le registre comique et s’annoncer comme l’antithèse du thème auquel il va se frotter, l’église et la religion chrétienne. Le long-métrage réussit à faire sourire, voire même faire rire à de courts moments. Grâce à des fulgurances de mise en scène et surtout à la belle interprétation de Álvaro Ogalla, ainsi que des seconds rôles, on croît aux personnages. La mise en scène fait qu’ils arrivent à dégager une humanité et à convaincre le spectateur. Cependant, les scènes burlesques du film ne s’accordent pas avec les scènes les plus dramatiques et touchantes.


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On a de l’empathie pour ce personnage qui est bien incarné, mais tous les sujets évoqués ou développés par le scénario l’alourdissent tellement que le rire s’estompe de plus en plus. Le questionnement sur la religion par son détournement est une belle approche pour parler ouvertement et sans tomber dans le pathos de la religion. Une vision burlesque et absurde qui va donner lieu à des scènes marquantes, mais pas ouvrir la porte vers le rire. Tous les sujets dramatiques et existentialistes dont va traiter le film, ne vont le rendre que plus pathos et tragique. El Apostata n’est pas un film dénué d’intérêt, mais il est un film dont les sujets traités ne s’accordent pas. C’est une tentative, une tentative partiellement ratée, mais à laquelle on peut trouver de belles idées et quelques beaux moments.

Pour varier les plaisirs après la projection du premier film en compétition, place à une exposition et à son vernissage. L’exposition d’un photographe nommé Jean-Christophe Husson, spécialisé dans le portrait pour l’occasion. L’exposition qui lui est consacrée durant cette 35e édition du Festival International du Film d’Amiens est sympathique à voire, mais beaucoup trop courte. Une dizaine de portraits choisis sur le tard parmi un plus grand nombre. Les photos sont belles, voire même très belles pour certaines. Des acteurs (Jean Pierre Marielle père et fils…), des réalisateurs (Jean Claude Brisseau…), des critiques de cinéma… Tout ce qui représente le cinéma est ici affiché sous la forme de portrait. C’est beau, c’est gratuit, mais on en voudrait plus. Surtout au vu de la qualité des portraits. À voir pour les Amiénois et les spectateurs de passage, à la Bibliothèque Louis Aragon.


Jean-Christophe-Husson-Exposition


Malheureusement, cette première journée au Festival International du Film d’Amiens s’est achevée par ce vernissage d’exposition. Ordonné par la préfecture, le Festival est donc suspendu pour tout le weekend. Entre la pluie battante, la fermeture du festival pour le weekend, qui s’annonçait comme réjouissant et le moral de chacun qui n’est pas au beau fixe, difficile d’être satisfait. Une après-midi et un visionnage du célèbre et magnifique Le Dernier Pub Avant la Fin du Monde, on apprend que le festival reprendra tout de même dès dimanche matin. Comment réussir à redonner une once de joie aux cinéphiles Amiénois ? En leur annonçant cette belle nouvelle.

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