Épouse-Moi Mon Pote réalisé par Tarek Boudali [Sortie de Séance Cinéma]

Synopsis : “Yassine, jeune étudiant marocain vient à Paris faire ses études d’architecture avec un visa étudiant. Suite à un événement malencontreux, il rate son examen, perd son visa et se retrouve en France en situation irrégulière. Pour y remédier, il se marie avec son meilleur ami. Alors qu’il pense que tout est réglé, un inspecteur tenace se met sur leur dos pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc…”


Les lumières de la salle de cinéma s’allument, tu te repositionnes sur ton siège pour avoir fière allure parce que la position “je m’installe comme à la maison” ce n’est pas trop ça, et là, ton ami(e) se retourne vers toi et te pose la question fatidique…

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La bande à Fifi m’a déjà fait hurler de rire (notamment lors de leurs sketches sur Canal), rire également avec « Babysitting », même si tout n’était pas du meilleur goût. Et surtout Philippe Lacheau a su me surprendre avec « Alibi.com » qui proposait un scénario sympathique, bien rodé sur une thématique plus qu’original. Son compère de toujours, Tarek Boudali passe derrière la caméra pour sa première comédie au sujet rebattu : un jeune homme doit obtenir un mariage blanc pour pouvoir rester en France. L’originalité vient du fait que l’union est proposée à son meilleur pote ! On aurait pu s’attendre à un minimum de finesse, quelques gros gags bien gras mais un scénario qui pourrait être solide, avec des idées. Hélas non ! Rien que l’affiche du film nous laissait entrevoir le pire. Loin de moi l’envie de vous sortir de nouveau le couplet des comédies françaises ratées (souvenez-vous que « L’un dans l’autre » était une belle réussite) mais malheureusement n’est pas Green Card qui veut.

Fred saura-t-il annoncer à Lisa, la fille de ses rêves, qu'il va en épouser un autre ? Malaise en vue !
Fred saura-t-il annoncer à Lisa, la fille de ses rêves, qu’il va en épouser un autre ? Malaise en vue !

Ne pas crier au loup ! Ne pas tirer sur une ambulance ! Mais avouez que c’est un peu tentant. Un peu ? Contrairement au navet vulgaire, homophobe, misogyne et inintéressant qu’était « Gangsterdam », ce premier film partait sur de bonnes bases. L’introduction sur fond de romance amoureuse entre Yassine (interprété par Tarek Boudali) et Claire (jouée par Andy Rowski) alors en surpoids. Une romance qui se fracasse sur le fait que le jeune homme ne passe pas son concours et est obligé normalement de retourner au Maroc car son visa ne sera pas renouvelé. Et on comprend très vite que Yassine ne souhaite pas gâcher cet amour par un mariage blanc. Arrive donc le passage obligé du mariage avec le meilleur pote. Et c’est là que c’est raté. Bien entendu, tous les clichés sur la communauté homosexuelle ne sont pas épargnés : où s’habiller gay ? Le Marais bien entendu pour une scène indigne de films tels que « Pretty Woman » ou encore « La Cité de la Peur », les modèles du genre en termes d’essayage de belles toilettes pour sortir. Où prouver que l’on est homosexuel à l’inspecteur Dussart (sympathique Philippe Duquesne) ? En participant à un concours de danse en boîte gay qui propose tous les clichés possibles (du DJ grande folle au pervers sexuel). Et que dire encore de la scène du baiser à la mairie, de certaines répliques douteuses ou encore du “c’est pas grave” face au couple lesbien.

Malgré quelques idées excellentes comme l’arrivée de la mère de Yassine qui doit désormais faire croire qu’il a épousé la meilleure amie de son pote Fred (surinvesti Philippe Lacheau) provoquant quelques quiproquos savoureux, le reste du temps les blagues font pschitt. Pourquoi ? Simplement parce que les clichés accumulés ne font plus rire. Simplement parce que l’humour potache a ses limites. Et enfin parce que chacune des bonnes pistes est vite abandonnée. On prendra comme exemple les passages romantiques avec Charlotte Gabris ou le côté malsain et risible du directeur d’agence (que David Marsais joue à la perfection). Le film aurait pu renouveler le genre, devenir une version masculine du film « Embrasse-moi ! » sortie en juillet dernier mais las ! Tarek Boudali se plante parce qu’il n’arrive pas à se sortir des clichés. D’un pitch de départ osé, le film vire en histoire écrite sur le coin d’une table à la fin d’une soirée bien arrosée ! Le film connaîtra une belle première semaine car contrairement à Kev Adams, la Bande à Fifi bénéficie encore d’un capital sympathie énorme mais les retours critiques seront sanglants et mérités. Oui mérités car c’est cet immense gâchis : un sujet en or qui finalement exaspère et fait soupirer. Encore une fois, en France, il est impossible d’évoquer simplement et avec humour l’homosexualité. Les clichés sont obligés d’être de sortie et ils feront le miel des esprits étroits.

En résumé, en accumulant les clichés, Tarek Boudali oublie son idée de départ qui aurait pu être hilarante. Bien que durant 1h30, on s’ennuie très vite, on rit peu et parfois on est totalement gêné. Le plus dommageable est qu’il n’y a rien à redire sur le casting qui semble s’amuser mais le film est lourd et inélégant… et malgré toute la tendresse que l’on peut avoir pour ces comiques, force est de constater qu’ils se sont trompés sur toute la ligne. Quel immense gâchis !

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