Du Sang et Des Larmes [Critique]

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“Le 28 juin 2005, un commando de quatre Navy Seals prend part à l’opération “Red Wing”, qui a pour but de localiser et éliminer le leader taliban Ahmad Shah. Mais rapidement repérés et encerclés, les quatre soldats vont se retrouver pris au piège.”

Reconnu mondialement pour avoir réalisé Battleship, Peter Berg n’est pas seulement le metteur en scène de ce blockbuster sans queue ni tête (mais qui reste parfaitement regardable), il reste un réalisateur qui aime mettre en scène de belles histoires sur fond de patriotisme. Battleship était un film où le patriotisme était de chaque plan, mais il l’avait déjà fait il y a quelques années en parlant d’une équipe de football américain (Friday Night Lights) et en parlant d’un super héros sauveur du monde (Hancock). Cette fois il décide d’allier l’action visuelle avec l’émotion tout en dévoilant l’intensité d’une véritable bataille. Retraçant la véritable histoire de l’opération Red Wing, Du Sang et Des Larmes est un film émotionnel américain qui utilise le patriotisme d’une manière originale puisqu’il est mis en opposition directe avec l’humanité qui existe en chaque être humain. Lorsqu’on parle de patriotisme, on s’attend à un film où le personnage principal serait invincible et où ce dernier serait la représentation directe de son pays d’origine (très souvent un état américain et de ce fait, les États-Unis). Avec Du Sang et Des Larmes Peter Berg renoue avec ce patriotisme grâce à la signification même du devoir d’un Navy Seals.

Si on doit comprendre leur charte dans les grandes lignes, un Navy Seals doit tout à son pays et doit être prêt à entourer toute sorte de douleur pour survivre et montrer qu’il est résistant. Durant près de 2 heures, le spectateur va apprendre à connaître un groupe de Navy Seals afin de comprendre leur psychologie de groupe, mais celui-ci va surtout se lier avec quatre membres d’un commando. Grâce à un scénario habilement écrit, le spectateur va très rapidement entrer en empathie avec ces commandos afin de souhaiter qu’ils survivent aux talibans pour leur démontrer leur force et leur courage. Plus que le patriotisme en lui-même, c’est le courage humain qui est mis en avant dans l’écriture du film. Allié la résistance d’un commando patriotique au courage humain est une bonne manière de faire passé un message patriotique tout en mettant en avant une généralité qui peut toucher chacun d’entre nous. De ce fait, Du Sang et Des Larmes est un film qui porte très bien son nom puisqu’il met en scène une histoire émouvante à travers des scènes de bataille sanglantes et palpitantes. Utilisant la structure narrative de n’importe quel film d’action, Du Sang et Des Larmes ne trouvera pas sa force dans l’originalité de son scénario. Il trouvera son originalité dans la manière dont sont présentés les personnages. C’est avec un rapprochement certain envers l’humain lambda que l’on découvre des hommes normaux qui n’ont d’exceptionnel que leur résistance à la douleur.

Émotionnellement, le film est très réussi puisqu’il met le spectateur face à ces semblables sauf que ceux-ci sont durement entraînés à survivre pour mieux nous “protéger”. Chose intéressante dans l’écriture et qui nous prouve que le film ne fait pas dans le sentimentalisme lambda et facile, c’est que le scénariste n’utilise pas à chaque instant la facette affective de la famille de chaque commando. Préférant mettre en place un lien direct entre le commando et le spectateur, c’est évité les facilités scénaristique et prouver que le but premier de ce film est bien de coller avec la réalité. Réaliste dans sa façon de traiter des émotions, Peter Berg nous offre également un film aux scènes d’actions réalistes et saisissantes. Toujours plus explosives et criantes de sincérité, les scènes d’actions de ce film sont remarquablement réalisées et mises en scène. Afin de coller avec une vérité vraie, Peter Berg met son groupe de commando dans des situations impossible afin qu’ils doivent faire face aux talibans qui ne souhaitent qu’une chose leur mort. C’est à base de plans américains un peu trop resserrés sur les personnages que l’on va découvrir leurs blessures durant des combats acharnés.

Si la réalisation recèle de bonnes idées comme de très courts plans-séquences qui auraient mérité une durée un peu plus longue, elle en possède également de moins bonnes (trop de plans serrés et peu de plans larges pour offrir une plus grande clarté). Imparfaite, c’est l’excellent montage signé Colby Parker Jr. (monteur attitré de Peter Berg) qui réussi à rendre les combats lisibles et dynamiques tout en pensant à montré l’origine de la balle tirée et son impact. Tourné intégralement en décor naturel, le film dispose d’une ambiance qui l’est tout autant grâce à la mise en place d’une bande sonore qui joue beaucoup sur les bruitages afin de rendre le film immersif et toujours plus réaliste pour le spectateur. Lorsqu’on dit qu’avec un scénario bien écrit et qui ne tombe pas dans la facilité, tout film peut tirer son épingle du jeu et offrir de véritables émotions aux spectateurs, ce n’est pas pour rien. Malgré son aspect film d’action lambda à cause de sa structure narrative, Du Sang et Des Larmes se révèlent être un film de guerre réaliste, violent et poignant.

3.5/5

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3 commentaires sur “Du Sang et Des Larmes [Critique]

  1. pas aussi emballé que toi pour ma part, car j’ai trouvé le film trop caricatural à mon goût. Je ne porte pas les talibans dans mon coeur, hein, mais les décrire sans nuance autre que celle de forcenés enragés m’a terriblement gêné. Et y a des répliques vraiment ridicules, dans ce film, dont la majorité est proférée par (un pourtant très bon) Ben Foster.

  2. Tu connais déjà mon avis, mais quant à moi c’est la structure du film qui m’a gêné…même si j’en garde un bon souvenir et que je l’ai trouvé réussi dans l’ensemble, notamment grâce à la belle mise en scène de l’action.

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