Dallas Buyers Club [Critique]

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“1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.”

Il y a des films qui ne sont pas aguichants à la simple lecture du nom du réalisateur puisque ces derniers ne sont pas reconnus ou disposent d’une filmographie qui ne les met pas forcément en valeur. Ce sont souvent des réalisateurs de talents, mais à nos yeux ce talent reste médiocre à cause de partis pris douteux ou de choix artistiques pas toujours audacieux. Jean-Marc Vallée fait partie de cette catégorie de réalisateur puisqu’avec son précédent film -Café de Flore- il nous avait offert un long et ennuyant voyage avec Vanessa Paradis dans le rôle principal. Ici il reste dans un registre similaire avec un nouveau drame, sauf que celui-ci est beaucoup plus ambitieux à mes yeux. Drame racontant la véritable histoire de Ron Woodroof, Dallas Buyers Club est un film atypique et très attendu puisque nommé et récompensé dans de nombreuses cérémonies telles respectivement les Oscars 2014 et les Golden Globes 2014. Basé sur la véritable histoire du Texan Ron Doodroof, ce film nous dévoile un personnage tourmenté, qui vit une vie de débauche à base de sexe,  drogue et alcool. En seulement cinq petites minutes, le scénario réussit une superbe introduction au personnage en réussissant à nous le présenter sous sa facette habituelle de fêtard et créer une véritable empathie envers ce dernier. À l’instant où le personnage va apprendre qu’il est porteur d’un virus mortel, le spectateur va amplifier cette émotion intérieure pour la remplacer par de la pitié. Une pitié pleine de tendresse et de bienveillance.

Passant par toutes les étapes possibles et imaginables -le déni, l’appréhension, la peur…- à partir du moment où il apprend la nouvelle, c’est la relation mise en place entre Ron Woodroof et le spectateur qui va permettre à ce dernier de ressentir diverses émotions. Traversé par plusieurs émotions successivement, car très attaché au personnage, le spectateur est touché et attendrie par cette très belle histoire. Ce personnage qui possède un cœur gros comme la main alors qu’il ne souhaite rien laissé transparaître est attachant, touchant et sincère. Si le scénario réussit à nous faire comprendre cela ainsi qu’à émouvoir le spectateur, le pari est gagné et le film, réussi. De plus, cet écrit se révèle toujours plus fort et combatif dans sa dramaturgie, puisqu’il arrive à mettre en avant plusieurs personnages successivement tout en mettant en place une véritable tension. Créant une atmosphère unique, le scénario enferme le spectateur dans un véritable cocon pour que celui-ci s’immerge au plus proche des personnages. C’est épatant, brillant et intelligent. Concernant les personnages secondaires, on parlera notamment de Rayon qui est un personnage unique, émouvant et très important. Sans oublier le Docteur Ève Saks qui est un personnage qui se verra évolué au fur et à mesure de l’avancement de la réflexion posée par le film.

Pour avoir un film aussi touchant, il faut bien évidemment que le casting soit au rendez-vous et c’est le cas. Matthew McConaughey et Jared Leto ont donné de leur personne sur ce film en perdant respectivement 22 et 25 kg, mais cet investissement a payé puis qu’ils s’offrent des rôles qui feront dates dans leurs filmographies respectives. À noter la belle performance de Jennifer Garner qui n’a pas un grand rôle, mais ajoute un charme supplémentaire au film. À la fois drôle -grâce à ses dialogues soigneusement bien écrits-, touchant et attachant, Dallas Buyers Club est un film qui avant tout, raconte une très belle histoire. Malgré une réalisation de bonne facture sans être éblouissante et un rythme légèrement saccadé, c’est un superbe film que nous offre Jean-Marc Vallée. Porté par des acteurs fantastiques et un scénario brillant du début à la fin, c’est bien évidemment un film coup de cœur que je recommande chaudement.

4/5

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2 commentaires sur “Dallas Buyers Club [Critique]

  1. Je n’ai pas été emballé par ce film d’un point de vue cinématographique. J’ai trouvé le sujet intéressant et fort, les acteurs très bons (particulièrement Jared Leto) mais il a manqué quelque chose dans la forme. Résultat; j’ai trouvé le temps un peu long et je n’ai pas été aussi touché que j’aurais du l’être.

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