[Critique] [Rec]4 : Apocalypse réalisé par Jaume Balaguero

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“Quelques heures après les terribles événements qui ont ravagé le vieil immeuble de Barcelone. Passé le chaos initial, l’armée décide d’intervenir et envoie un groupe d’élite dans l’immeuble pour poser des détonateurs et mettre un terme à ce cauchemar. Mais quelques instants avant l’explosion, les soldats découvrent une ultime survivante : Angela Vidal… Elle est amenée dans un quartier de haute-sécurité pour être mise en quarantaine et isolée du monde afin de subir une batterie de tests médicaux. Un endroit parfait pour la renaissance du Mal… L’Apocalypse peut commencer ! “

L’Espagne est un pays qui comme beaucoup d’autres, regorge d’acteurs et de réalisateurs qui ne demandent qu’à offrir aux spectateurs de bons films que ce soit des drames ou des films d’horreur. De Mateo Gil à Juan Antonio Bayona, en passant par Enrique Gato ou encore Alejandro Amenábar, le cinéma espagnol s’avère suffisamment riche pour que chacun y trouve son compte. Néanmoins, s’il y a bien un genre dans lequel ils excellent et pour lequel ils sont mondialement reconnus, c’est bien le film d’angoisse, le film d’horreur. Grâce à l’incommensurable succès mondial de [Rec] premier du nom, le duo Paco Plaza et Jaume Balaguero ont fondé leur petite réputation et se sont fait un nid au cœur du cinéma horrifique. Devenue très rapidement un business, la saga [Rec] n’a jamais quitté les mains du duo, mais ce n’est pas pour autant qu’elle n’a pas connue de déroute. Avec une suite tous les deux ans, la saga n’a fait que chuter qualitativement parlant. De moins en moins inspiré et de ce fait, de moins en moins palpitant et effrayant, même si Rec² restait convenable et s’avérait être une suite recommandable, car dans la lignée de son ainé [Rec]3 Génésis n’était qu’une sombre blague servant de lien entre deux méthodes de réalisation que sont le found-footage et une réalisation plus classique. Nous voici arrivés au terme de cette saga qui commençait à battre de l’aile et j’ai envie de dire enfin. Enfin, car malgré l’envie de renouer avec les sources de la saga, on va vite se rendre compte que [Rec] n’est plus qu’un nom servant à faire des entrées en salles sans avoir à ce soucier de la qualité du film servi.

7 ans ce sont écoulés dans nos vies depuis la sortie de [Rec], mais avec [Rec]4 Apocalypse, le spectateur fait un saut de 7 ans en arrière et reviens quelques heures après les évènements mystérieux qui se sont déroulés dans un immeuble de Barcelone. Pour être franc et sincère [Rec]4 Apocalypse repose sur une idée simple, mais pas dénuée d’intérêt, qui est d’isoler toute forme du virus dans un navire perdu en plein coeur d’un océan. Ce n’est pas une idée originale, mais c’est une idée qui a le mérite d’apporter quelques suggestions intéressantes afin d’amplifier la sensation d’enfermement et de stresse puisque bien évidement, les humains ne vont pas réussir à contrôler le virus et vont très rapidement être pris d’assaut par des hordes de contaminés. Là où des films comme Triangle ou encore Le Vaisseau de l’Angoisse utilisaient admirablement bien le principe du navire perdu en pleine mer afin d’amplifier une sensation de stresse [Rec]4 Apocalypse se prend littéralement les pieds dans les filets et nous offre sur un plateau d’argent, du sang à profusion et un scénario qui repose sur un schéma et des mécaniques déjà rouillées. Oubliez le terme horreur ou angoisse et préférez utiliser le terme action pour caractériser un long-métrage comme celui-ci. Prévisible, linéaire et dépassé, [Rec] 4 Apocalypse arrive à capter l’attention du spectateur par le biais du personnage principal qu’est Ángela Vidal. Utiliser une nouvelle et dernière fois l’héroïne du premier opus, permet de jouer sur l’attachement du spectateur envers ce personnage qui a déjà subi l’enfer au cœur de Barcelone. Et heureusement qu’elle est là, puisque sans Ángela Vidal, le scénario ne connaîtrait pas son unique rebondissement et n’arriverait en aucun cas à donner envie au spectateur de rester jusqu’à la fin de la séance.

Contrairement à Paco Plaza qui avait décidé d’utiliser à la fois le found-footage et une réalisation plus classique, afin d’essayer de jouer sur deux tableaux dans un seul et même film, pour cet ultime épisode, Jaume Balaguero ne cherche pas à faire dans la dentelle et à décider de sortir la hache. Réalisé à l’aide d’une hache et d’un moteur histoire d’offrir aux spectateurs la sensation d’être en pleine tempête, [Rec]4 Apocalypse n’a même pas le privilège d’espérer être une Série B agréable et divertissante malgré un scénario et une mise en scène nerveuse qui pourraient nous faire croire le contraire. Brouillon, illisible et ce malgré une photographie très appréciable qui joue avec intelligence sur les différents moyens d’éclairages présents sur un navire, Jaume Balaguero n’a visiblement pas eu d’inspiration sur ce nouveau film. Étrange de voir une réalisation aussi insipide et insupportable dans ses mouvements et choix de cadres beaucoup trop serrés, tout en sachant que ce même réalisateur était l’auteur de l’excellent Malveillance quelques années plus tôt, film disposant d’une réalisation solide et aux mouvements de caméra tout aussi inspirés que la mise en scène.

Revoir Ángela Vidal était très appréciable puisqu’elle porte toujours aussi bien le débardeur, mais le plaisir s’arrêtera là. On peut facilement admettre que Jaume Balaguero a décidé de se faire plaisir afin de conclure sa saga sur une note nerveuse et apocalyptique, mais pour que cette apocalypse soit plaisante et agréable, il lui aurait fallût une réalisation plus soignée, moins serrée sur l’action et les personnages afin d’ouvrir les cadres, un montage moins dynamique et surtout un scénario qui ne se prenne pas autant au scénario. En faisant un film avec autant d’action et une mise en scène aussi nerveuse, on sait clairement qu’il ne s’agira pas d’un film d’épouvante ou d’un film à ambiance, donc autant y aller et soigner le plus important : l’action. Illisible et brouillon à cause des défauts énumérés précédemment, on ne retiendra finalement quasiment rien, mis à part une photographie soignée et une montée en puissance appréciable du personnage principal, de cette conclusion qui avait tout pour plaire, mais finalement restera à fond de cale.

1.5

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