[Critique] Mune Le Gardien de La Lune réalisé par Benoît Philippon

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Synopsis : “Dans un monde Fabuleux, Mune, petit faune facétieux, est désigné bien malgré lui gardien de la lune : celui qui apporte la nuit et veille sur le monde des rêves. Mais il enchaîne les catastrophes et donne l’opportunité au gardien des ténèbres de voler le soleil. Avec l’aide de Sohone, le fier gardien du soleil et la fragile Cire, Mune part alors dans une quête extraordinaire qui fera de lui un gardien de légende !”

 

On ne peut pas dire que le cinéma d’animation est à la peine, cette année tout particulièrement. Avec les succès de Vice Versa et des Minions qui est lui même le spin off d’une saga connue à l’internationale, le cinéma d’animation se porte bien. Dreamworks, Illumination Entertainement, Disney ou encore Pixar fournissent le cinéma en animations et il y en a pour tous les goûts. La force et l’intérêt du cinéma d’animation est de pouvoir dépasser les limites de la fiction. Aller au delà de la raison et offrir aux spectateurs un spectacle illimité provenant de la force imaginative des scénaristes et dessinateurs. La seule limite de l’animation c’est l’imaginaire collectif et malheureusement, les créateurs semblent l’oublier de plus en plus. Mune Le Gardien de la Lune tombe en ce sens à point nommé. Un nouvel univers, des personnages originaux et un lyrisme qui semble se dégager de l’histoire. Le film parfait sur le papier pour celui qui cherche à s’envoler vers non pas le, mais un pays imaginaire.

Sauf que malheureusement tout nous pousse à dire du mal de celui qui au demeurant nous paraît sympathique et tout mignon. Préférant en partie le dessin “papier” (en généralisant et sans entrer dans les détails de la création du film) au tout numérique, Mune Le Gardien de La Lune part sur une bonne note. Le tout numérique et notamment l’utilisation de modèles d’animations en trois dimensions ne permet que très rarement aux créateurs de mettre en place un background onirique. Le tout numérique et les modèles en trois dimensions permettent à l’inverse de toucher plus aisément le spectateur en s’approchant de lui et de la réalité. Sauf que le réalisme n’est uniquement ce qui représente le cinéma d’animation. Grâce à cette façon de faire, Benoît Philippon et Alexandre Heboyan, réalisateurs du film, plongent le spectateur au cœur d’un monde onirique et bucolique. Un monde imaginaire dans lequel vivent plus ou moins en harmonie créatures du jour et de la nuit. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, mais tout le monde est surtout stéréotypé.

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Mune Le Gardien de La Lune est un film d’animation qui est bâti sur un scénario aux personnages stéréotypés et au background mal exploité. Mune est un personnage fragile, mais touchant par sa nonchalance et sa timidité alors que Sohone est arrogant. Cire va venir immiscer dans cette “bromance” afin d’ajouter une once de féminité et une romance inutile. Chacune des actions et lignes de dialogues des personnages est régie par le stéréotype auquel le personnage appartient. Difficile de s’attacher aux personnages ou de faire ressentir la moindre émotion lorsque la première sensation qui atteint le spectateur est celle d’un déjà vu qui remonte à la création du cinéma d’animation avec Mickey Mouse (qui lui avait plus de qualités grâce à l’utilisation du slap stick entre autres). Modèle qui n’a depuis, pas cessé d’être repris. Un archétype qui a besoin de sang neuf, d’intentions et d’une recherche dans la mise en scène afin de faire passer la personnalité des personnages au second plan. Convenue du début à la fin l’histoire ne prend pas aux tripes et l’ennuie fait rapidement surface. Le background, aussi coloré et inventif soit-il par petites touches n’arrive pas à sauver le film. Mais le potentiel est bel et bien là. L’usage des éléments est un point majeur du film et une originalité qui aurait pu le sauver.

La confrontation du jour et de la nuit à l’image de celle du feu et de la glace. Deux peuples qui s’opposent dans leur façon de vivre, mais doivent exister en harmonie pour le bien de leur planète. Ils se doivent de veiller chacun sur leur étoile ou satellite naturel qui leur permet de vivre. Sauf que l’originalité s’arrête là. Certes cette idée originale de départ donne lieue à de beaux moments, notamment des moments de lyrisme visuels avec la lune et les connotations auxquelles elle peut s’apparenter, mais ça ne va pas plus loin. D’un background à la richesse inouïe, car nourrit par l’imaginaire des créateurs puis collectif, l’on passe à un univers pauvre et vide non pas de sens, mais d’éléments. Les environnements sont incroyablement vides et la faune et la flore s’avèrent tout sauf chatoyante à cause de textures baveuses et pauvres en détails. Ne parlons pas du tableau dans le monde de lave et des diablotins qui sont d’une mocheté incroyable. Des textures qui manquent de finitions et ne nous font pas rêver alors que le propos de départ et son protagoniste ne nous demandent que ça.


En Conclusion :

Mune Le Gardien de La Lune est sur le papier le film d’animation français qui a tout pour faire rêver les petits et grands spectateurs. Néanmoins, la vérité est tout autre. Un background vide et aux idées originales sous-exploitées, des personnages qui reposent sur des archétypes déjà prédéfinis depuis le début de l’animation et un graphisme qui manque de soins et de finitions. Michael Gregorio et Izia Higelin prêtent avec justesse leurs voix et apportent du charme à leur personnage respectif alors qu’Omar Sy ne fait qu’accentuer l’aspect cliché du sien. Un projet qu’on a pas envie de critiquer, mais qui nous force à le faire à cause de défauts qui ne devraient plus se faire voir de nos jours. On dénombrera tout de même quelques beaux moments, ainsi que des dessins pas toujours à critiquer.


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