[Critique] Les Nouveaux Héros réalisé par Don Hall

Big-Hero-6

 

“Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…”

“C’est drôle, spectaculaire et aussi tendre qu’un Baymax en vinyle qui veut vous faire un gros câlin.”

Omniprésent sur le marché cinématographique depuis maintenant quelques années, la Marvel s’attaque maintenant au marché du film d’animation. Depuis le rachat de Marvel Entertainement par la Walt Disney Company en 2009, aucune co-prodcution ne vu le jour, mais c’était dans le but de peaufiner cette arrivée avec un certain Big Hero 6. Première co-production Disney/Marvel, Les Nouveaux Héros comme il a été traduit chez nous, est un film d’animation qui sort à point nommé, à savoir juste avant les vacances scolaires de février, mais surtout avant la sorties productions live de chez Marvel : Avengers 2 et Ant-Man. Les Nouveaux Héros, premier film d’animation Marvel parfaitement ancré dans un genre qui s’enrichit d’année en année ?

Film d’animation librement adapté des comics qui se nomment tout aussi simplement Big Hero 6, Les Nouveaux Héros plonge les spectateurs au cœur de la cité de San Fransokyo communion  parfaite entre la culture japonaise et l’architecture de la ville de San Francisco, bien connue pour ses tramways et son emblématique Golden Gate Bridge. Soudés par un événement tragique, six amis vont par l’intermédiaire et la volonté du jeune Hiro, former un groupe de super héros. Grâce à leur intelligence, mais avant tout à leur savoir-faire, ils vont se forger une nouvelle identité afin de servir leur ville et la protéger des super vilains. Pouvant paraître ridicule ou même consternant par sa non-originalité sur toute la ligne, le scénario du film Les Nouveaux Héros ne s’arrête pas à cette simple description. Propulsé par la volonté première d’offrir aux spectateurs un spectacle à la fois spectaculaire et riche en émotions, le long-métrage s’efforce à inclure dans chacune de ses scènes du comique ou de la tendresse afin de ne pas laisser le spectateur face à un simple spectacle divertissant, mais assommant. Convenu dans sa construction qui reprend les grandes lignes déjà mises en place au cinéma par quelques longs métrages, Les Nouveaux Héros trouve finalement son originalité et sa propre identité au travers d’éléments piochés au sein de films de super héros tels qu’Iron Man, Captain America, Avengers, mais avant tout Kick Ass. De plus, on notera des références bien pensées envers le monde vidéoludique comme avec l’utilisation de l’une des armes de la licence Halo pour les connaisseurs ou même Rayman. Chaque élément qui compose le film n’est pas original pour un sou et a déjà été vu ou utilisé au cinéma, mais de nos jours peut-on réellement affirmer qu’un long-métrage peut-être 100% original ou révolutionnaire.

Don Hall et Jordan Roberts, personnes à la base de l’adaptation scénaristique du film, ont usé avec parcimonie de chaque élément servant d’inspiration et s’en sont servis sans avoir la volonté de trop en faire. S’attardant sur des thèmes tels que la recherche de soi ou la vengeance et doté d’un développement linéaire, mais fluide et parsemé de moments savoureusement drôles ou touchants, ainsi que de scènes d’actions spectaculaires, Les Nouveaux Héros réussi pleinement son pari malgré une structure scénaristique convenue et sans surprise. Cependant, on regrettera une caractérisation des personnages secondaires en deçà de celles des deux protagonistes et de leur relation qui mêle avec bienveillance humour et tendresse. Néanmoins, le scénario réussit avec force à inclure chaque nouveau personnage, et ce, même au bout d’une heure de film, en jouant sur leur attrait émotionnel principal par le biais de quelques répliques et d’une mise en scène les mettant en avant. C’est rarement stupéfiant, mais souvent drôle et parfois touchant notamment grâce à un montage qui joue habilement sur une mise en parallèle de la bande sonore et de l’image pour créer un tempo. Dynamique à souhait et ne marquant pas le moindre pas d’arrêt entre le premier et le dernier plan, Les Nouveaux Héros nous coupe la respiration et pour une fois ce n’est pas pour nous déplaire.

Film d’animation au rythme soutenu, permettant aux défauts scénaristiques de passer au second plan, derrière une action frénétique et quelques petites doses d’humour et d’émotions bien proportionnées, Les Nouveaux Héros marque avant tout comme étant une véritable gifle visuelle. Grâce à une réalisation qui privilégie les plans larges aux plans serrés, le spectateur reste ébahi face à de magnifiques panoramas de la ville de San Fransokyo. Les animations sont fluides et réactives, les textures sont nettes et sans bavures et la profondeur de champ est éblouissante lors des phases de vol en compagnie de Hiro et Baymax. À cela, on ajoutera une direction artistique qui rend un bel hommage à la culture pop japonaise avec des couleurs flashantes et un aspect futuriste dans le design des bâtiments comme des costumes de nos justiciers en herbe. Grâce à cette belle prouesse technique, les scénaristes se permettent même de jouer sur les animations et notamment celles de Baymax pour jongler entre deux styles de comiques, que sont le comique de mot et le comique de situation. Détail qui se retrouve également dans la bande sonore et plus précisément dans les bruitages assimilés à Baymax et les doublages français qui, une fois n’est pas coutume, sont excellents. Kyan Khojandi et Donald Reignoux portent ce casting de doubleurs qui ajoutent un charme indéniable au film de par leurs interprétations à la fois drôles et tendres.

Attendu au tournant, Disney prouve une fois de plus qu’ils ne comptent pas se laisser marcher sur les pieds par la concurrence. Même si Les Nouveaux Héros n’a ni la singularité d’un film d’animation de chez Laïka Production, ni l’intelligence scénaristique d’un Pixar (il était un temps où c’était le cas), il s’assume comme un divertissement rondement mené et doté d’une technique impeccable. Visuellement bluffant et porté par un rythme soutenu qui ne lâche rien sur plus d’une heure trente de film, ce long-métrage réussi à effacer petit à petit ses défauts scénaristiques grâce à une maîtrise parfaite du montage qui fait en sorte de captiver le spectateur et de l’entraîner au cœur de l’action. C’est drôle, spectaculaire et aussi tendre qu’un Baymax en vinyle qui veut vous faire un gros câlin. Vous allez passer un bon moment en compagnie de ses Nouveaux Héros.

4/5

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